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ADFE Madagascar Ocean Indien

Jean Daniel CHAOUI, Conseiller élu representant les Français de l'Ocean Indien

Discours intégral de l'Ambassadeur de France lors de la cérémonie du 14 juillet à la résidence de France / Les journées 2009 du réseau culturel français à l’étranger. | 18 juillet 2009

Le Conseiller référent de Français du Monde-ADFE Madagascar Océan Indien est Jean-Daniel Chaoui, élu lors du scrutin du 7 juin dernier ; adresse professionnelle : ADFE, BP 203, Antananarivo 101.

J-D Chaoui assure une permanence tous les lundi de 9h30 à 11h30. Prendre rendez-vous en téléphonant au 22 643 90 ( du lundi au vendredi entre 9h30 et 11h30) ou en écrivant adfe@moov.mg

Consultez nos nouveautés de la semaine : album du 14 juillet, album Français du Monde-ADFE-Madagascar

 

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Veuillez trouver ci-dessous, le discours intégral prononcé par Jean-Marc Châtaignier, Ambassadeur de France, lors de la réception du 14 juillet 09, à la résidence de France.

 

 

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Faly miarahaba anareo rehetra tonga eto. Misaotra tompoko.

Miala tsiny rahatoa ka tsy dia mety luatra ny teny malagasiko.

Je suis très heureux de vous accueillir à la résidence de France pour ce 14 juillet, date de la fête nationale française, mais aussi journée de liberté, héritière de la tradition des Lumières, qui fait désormais partie du patrimoine commun de l’humanité, symbolisant le renversement de toutes les tyrannies.

Nous fêtons cette année ce 14 juillet à Madagascar dans un contexte particulier, marqué par bien des interrogations et des doutes, avec les événements difficiles intervenus depuis quelques mois. J’ai bien sûr une pensée émue pour les dizaines de civils innocents tués devant le Palais Présidentiel le 7 février 2009 et plus largement pour toutes les victimes de cette crise politique, toutes celles qui ont souffert, qui ont perdu un de leurs proches ou qui ont subi des exactions. Le pardon, qui viendra le jour venu, ne devra pas exclure la justice. Si un appui international est nécessaire pour établir la vérité, il devra être sollicité.

Arrivé à Madagascar depuis seulement quatre mois, je crois que je serais bien mal placé pour démêler toutes les responsabilités dans les origines de cette crise. Je n’aurai pas cette arrogance. Il est trop facile de chercher la paille dans l’œil du voisin sans voir la poutre dans le sien. Pour ce qui est de notre poutre, je pense que la communauté internationale devra aussi s’interroger sur les positions qu’elle a prises ou plutôt qu’elle n’a pas prises dans les années passées. Pourquoi sommes-nous restés silencieux lorsque les choses ont commencé à se détériorer après l’immense espoir populaire de 2002 ? Pourquoi nos institutions financières internationales n’ont-elles rien dit lorsque l’Etat a favorisé les intérêts d’un grand monopole privé et lui a accordé des avantages indus par rapport à ses concurrents ? Pourquoi la communauté diplomatique n’a t’elle pas protesté, ou pas assez énergiquement, lorsque les atteintes à l’Etat de droit se sont multipliées, avec des emprisonnements et des expulsions arbitraires, des entraves mises à la liberté de la presse et d’expression, lorsque la peur a gagné les cœurs ? Si nous avions parlé plus fort, si nous n’avions pas accordé un crédit excessif aux bonnes paroles technocratiques qui nous étaient prodiguées, si nous avions décidé de suspendre plus tôt nos aides budgétaires, si nous avions été réellement exigeants et rigoureux dans la vérification des comptes publics et la dénonciation de tous les conflits d’intérêt, peut être ces dérives ne se seraient-elles pas produites, peut être les dirigeants d’alors nous remercieraient-ils pour notre franchise et les conseils donnés. Peut être Madagascar aurait-elle pu continuer son développement sur de bons rails et affronter la crise économique mondiale dans de meilleures conditions.

Il ne sert à rien d’épiloguer à l’infini sur le passé et les enchaînements malheureux de circonstances qui ont eu lieu et sur lesquels on ne peut plus revenir. On ne doit pas non plus chercher systématiquement des excuses dans le passé pour les erreurs qui seraient commises maintenant. Le respect de l’Etat de droit, le respect de toutes les libertés publiques, le respect de la liberté de la presse, le respect de la séparation des pouvoirs et le respect de de l’indépendance de la justice sont autant de principes fondamentaux sur lesquels personne ne peut transiger. Selon une très vieille expression française qu’affectionnait ma grand-mère normande et que Georges Brassens citait dans l’une de ses chansons, il ne faut jamais « grêler sur le persil », il ne faut jamais abuser de son pouvoir sur les plus faibles…  Les opposants d’hier assument aujourd’hui des responsabilités. Ils ont le lourd devoir moral de s’assurer qu’aucun de ces droits ne puisse être bafoué. Ils ont l’immense responsabilité, vis-à-vis de la jeunesse de ce pays et des générations à venir, de ne pas faire subir ce qu’eux-mêmes ont subi et d’encadrer et de limiter strictement toutes les procédures d’exception. Des recommandations viennent d’être faites dans ce sens par Amnesty International qui peuvent être rapidement mises en œuvre. Je forme également le souhait que les procédures judiciaires engagées contre certaines personnalités et des parlementaires puissent déboucher dans les plus brefs délais pour que ces derniers puissent s’expliquer sur les faits qui leur sont reprochés et que ceux qui sont privés de liberté ne restent pas indéfiniment en détention préventive.

Madagascar doit maintenant se tourner résolument vers son avenir, construire la maison démocratique malgache dans laquelle tous les enfants du pays seront fiers de vivre, d’aller à l’école, de travailler, de fonder leurs familles et de participer à un développement équitable et durable. Je sais qu’on attend beaucoup de la communauté internationale pour qu’elle aide à construire cette maison démocratique, qu’elle en fournisse les matériaux, qu’elle mette à disposition des charpentiers et des ouvriers. Je vais vous le dire très franchement : ce serait-là une solution de facilité. C’est au peuple malgache de construire cette maison démocratique à l’instar du « tranobe » dans la tradition malgache. Les pays amis de Madagascar et les organisations internationales présentes dans la Grande Ile sont simplement là pour veiller que le permis de construire de la maison réponde bien aux normes et conventions internationales. Nous sommes là pour aider Madagascar à bien respecter les engagements pris en faveur de la démocratie et du respect des droits de l’homme, engagements que Madagascar a librement et souverainement souscrits. Nous sommes là pour prévenir une construction de la maison qui prendrait un tour trop unilatéral ou bancal. Nous pouvons vous aider à éviter que la maison ne s’écroule à un prochain passage de cyclone, mais je le répète, avec conviction, nous ne pouvons pas être là pour construire cette maison démocratique à votre place. Seuls les malgaches peuvent être les architectes et les bâtisseurs du nouvel ordre constitutionnel que vous souhaitez tous.

Si j’en viens aux règles de ce permis de construire, je dois vous dire qu’elles sont très simples. La communauté internationale est prête à accepter tout plan de construction recueillant l’assentiment des principales mouvances politiques malgaches, sous la forme d’un accord politique « inclusif », c'est-à-dire d’un accord dans lequel l’immense majorité des malgaches puisse se reconnaître. Il ne s’agit pas de se mettre d’accord sur tout, sur l’avenir et les projets de Madagascar pour la décennie à venir.. Il s’agit simplement de se mettre d’accord sur des règles du jeu acceptables par tous pour que la compétition démocratique soit ouverte, libre et transparente et que chacun puisse faire valoir son programme et ses idées. Il s’agit de se mettre d’accord sur une gestion de la transition dans laquelle toutes les sensibilités politiques puissent se reconnaître et y avoir leur place, si elles le souhaitent. Un moyen simple d’assurer un meilleur équilibre des pouvoirs pourrait être ainsi de rétablir pendant la période de transition un Congrès, exerçant la fonction législative et réunissant députés, sénateurs élus et membres désignés par la HAT et les mouvances politiques. Il s’agit de se mettre d’accord sur la tenue du referendum réformant la constitution, sur un calendrier d’élections et les conditions d’organisation de celles-ci, de se mettre d’accord sur la mise en place d’une Commission Nationale Electorale Indépendante, de se mettre d’accord sur la façon de garantir la neutralité et l’impartialité de l’administration dans la campagne électorale, de se mettre d’accord sur la révision du code et des listes électorales. Et puis d’y aller, de jouer le jeu démocratique, il y aura des gagnants, des perdants, qui tous pourront méditer la définition de la démocratie d’Aristote, « une des marques de la liberté, c’est d’être tour à tour gouvernant et gouverné ».

Et dans tout cela, allez-vous me dire, quelle est la position de la France ? Eh bien, la position de la France, comme celle de l’Union Européenne, est simple, c’est celle de l’ONU, c’est celle de l’Union Africaine, c’est celle de la SADC, c’est celle de l’Organisation Internationale de la Francophonie, c’est celle de la communauté internationale exprimée lors du Groupe International de Contact à Addis Abeba le 30 avril dernier, c’est celle justement de cet appui à une solution politique malgache « inclusive » pour gérer la transition vers le rétablissement d’un nouvel ordre constitutionnel. Tout le reste n’est que littérature. On me demande ainsi souvent si la France reconnaît le gouvernement de la Haute-Autorité de Transition. Ma réponse est simple : la France ne reconnaît pas les gouvernements, elle ne reconnait donc pas plus celui-ci que le précédent ou le prochain ; la France reconnaît les Etats, donc elle reconnaît Madagascar. La France est totalement solidaire de la communauté internationale pour dire à la HAT et aux mouvances politiques malgaches qu’une sortie de crise entièrement unilatérale créerait plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait. C’est encore le message que la Présidence suédoise de l’Union européenne, dont je salue ici la présence de l’Ambassadrice Lundt, et la Commission européenne ont répété à la HAT la semaine dernière lors de l’ouverture du dialogue de l’article 96. Je suis confiant dans le fait que ce message sera entendu par tous les responsables politiques malgaches. Ceux qui, ici ou là-bas, refuseraient la négociation politique s’en excluraient. Ceux qui, ici ou là-bas, continueraient à poser des préalables à la reprise de la négociation s’en excluraient. Ceux qui, ici ou là-bas, envisageraient un recours à la force ou à toute forme de violence pour reprendre le pouvoir s’en excluraient.

La France a fait le choix national de poursuivre ses programmes de coopération, en accentuant leur dimension sociale et humanitaire, conformément aux recommandations du communiqué d’Addis Abeba du 30 avril 2009, parce que nous estimons essentiel que la population malgache, qui est une des plus pauvres au monde, ne soit pas la première à souffrir des conséquences de la suspension des aides. La lutte contre la pauvreté, la scolarisation des enfants dans les écoles, l’accès des femmes aux services de soins de base, la lutte contre le SIDA et les maladies endémiques, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement sont des objectifs si cruciaux, pour vous, pour nous, pour l’humanité, qu’il paraît très difficile, éthiquement et moralement, de les lier au sort de négociations politiques. Mais le maintien de cette coopération avec l’Etat malgache ne pourra là encore se faire dans la durée, à travers notamment l’identification et l’instruction de nouvelles opérations, que si un chemin consensuel vers un nouvel ordre constitutionnel se dégage.

Je ne peux évidemment passer sous silence les multiples accusations dont mon pays a fait l’objet ces derniers mois. Ces accusations faites d’insinuations sans fondement, d’interprétations malveillantes, de rumeurs absurdes, sont aussi excessives qu’insignifiantes. Elles ne mériteraient qu’un profond mépris si elles n’avaient pas été reprises à leur compte par certains hommes politiques. Je veux croire pour ces derniers que leurs paroles, prononcées sous le coup de l’énervement et de la colère, toujours mauvaise conseillère, ont trahi les pensées de leurs auteurs. Je remercie d’ailleurs les nombreux anciens Ministres ou parlementaires qui ont tenu à me présenter leurs excuses personnelles pour des propos qu’ils estimaient déplacés. Je le rappelle avec la plus grande solennité : la France ne peut être indifférente à ce qui se passe à Madagascar, mais elle s’interdit bien évidemment toute forme d’ingérence dans les affaires d’un Etat partenaire et souverain.

Nos relations bilatérales, forgées par l’histoire commune, toujours dans un très grand respect mutuel, sont d’une densité exceptionnelle : 22 à 25 000 français, dont un grand nombre de binationaux vivent à Madagascar ; 70 à 80 000 malgaches ou franco-malgaches vivent en France ; 13 000 élèves, dont 7 000 malgaches, fréquentent les écoles françaises de Madagascar ; les entreprises françaises investissant à Madagascar se comptent par centaines, pratiquement toujours dans le cadre de partenariats avec des actionnaires ou des intérêts malgaches ; à travers la Réunion et Mayotte, nous maintenons une grande relation de voisinage ; 20 000 malgaches se rendent en France chaque année, avec un taux d’agrément pour les visas de plus de 86 %. Dans ce cadre, nos intérêts partagés pour l’avenir de Madagascar ne peuvent être que d’une transparence totale : la paix, la stabilité, une vraie gouvernance démocratique dans laquelle tous les malgaches puissent se reconnaître, le développement économique pour que nos échanges commerciaux puissent s’accroître dans les deux sens, l’ouverture de la grande île à tous les investissements étrangers. Dans le monde d’aujourd’hui, on ne peut plus raisonner en termes nationalistes ou protectionnistes. Chaque fois qu’une entreprise s’implante à Madagascar, qu’elle soit d’origine canadienne, américaine, réunionnaise ou asiatique, elle va créer de la richesse, créer des emplois, faire travailler des entreprises sous-traitantes de toutes origines. Aucun développement durable n’est possible sans la participation du secteur privé dans le cadre de règles équitables et saines de concurrence et le respect des contrats signés. Le développement de Madagascar passe par son ouverture sur le monde, son intégration économique régionale dans des organisations comme la Commission de l’Océan Indien (COI) ou la SADC pour la conquête de nouveaux marchés, la  poursuite d’accords commerciaux stratégiques comme l’AGOA avec les Etats-Unis et l’Accord de Partenariat Economique avec l’Union Européenne.

Je souhaiterai à cette occasion remercier la communauté française pour la responsabilité dont elle a su faire preuve dans les moments difficiles du début d’année, gardant toujours son calme, ne cédant jamais à l’alarmisme ou à l’affolement. Je voudrais particulièrement saluer tous les responsables, élus, chefs d’îlots, représentants d’associations et d’institutions, collègues des Ambassades amies et consuls honoraires qui ont travaillé solidairement avec cette Ambassade et notre Consulat général dans le souci d’assurer la sécurité de tous. J’adresse enfin toutes mes félicitations aux conseillers élus ou réélus en juin dernier à l’Assemblée des Français de l’Etranger en leur souhaitant plein succès dans leur nouveau mandat et je remercie les conseillers sortants pour le travail réalisé.

Je ne pourrais terminer cette intervention sans vous faire partager l’énorme note d’espoir que j’ai ressentie en arrivant à Madagascar. Cette note d’espoir, je voudrais vous dire que je l’ai trouvée chez tous les Malgaches que j’ai rencontrés depuis mon arrivée ici, quels que soient leurs horizons, leurs origines, leurs idées politiques, c’est le désir de changer les choses, de transformer Madagascar, de croire dans Madagascar. Cette note d’espoir, je l’ai trouvée chez les paysans de l’Itashi qui m’ont décrit leurs investissements pour améliorer leurs revenus et envoyer leurs enfants à l’école. Cette note d’espoir, je l’ai trouvée chez les familles et les enfants du père Pedro, dans les écoles françaises de Tananarive, à l’école de la Communauté Bora, dans les écoles du Sud du pays ou des quartiers les plus pauvres de la capitale, c’est la soif partout d’apprendre, de comprendre, de découvrir, de s’élever par l’éducation. Cette note d’espoir, je l’ai trouvée en visitant de nombreuses entreprises malgaches et franco-malgaches, où personne ne m’a dit malgré les difficultés « nous allons fermer et partir », mais bien au contraire « on veut y croire et investir : aidez-nous à convaincre nos responsables politiques à comprendre les vrais enjeux ». Cette note d’espoir, je l’ai trouvée chez un des parlementaires arrêtés en avril dernier qui, lorsque je l’ai rencontré en prison, m’a dit « la première chose que je ferai en sortant d’ici, c’est de proposer une loi pour améliorer le sort de tous les malgaches qui doivent aller en prison pour qu’ils n’y connaissent plus les mêmes conditions indignes ». Cette note d’espoir, je l’ai trouvée chez tous les responsables d’ONG, le plus souvent malgaches, qui interviennent à Madagascar et qui m’ont dit leur conviction que les choses ne pouvaient pas rester en l’état, que l’on ne pouvait pas laisser la misère l’emporter sur l’homme. Je formule le vœu que tous ces espoirs se concrétisent pour le 50ème anniversaire de l’Indépendance de Madagascar en 2010 !

Je me rends compte à la fin de ce discours que je n’ai pas parlé de beaucoup d’autres sujets qui préoccupent le monde, de la crise financière mondiale et de son impact pour la France, auquel notre Gouvernement fait face avec détermination sous la conduite du Président Nicolas Sarkozy et du Premier ministre François Fillon, des troubles qui sont apparus en Iran ou en Chine, de la menace que continue à faire peser la Corée du Nord sur les relations internationales… Ce sont aussi des sujets graves et importants et j’espère que vous m’excuserez de ne pas les évoquer plus longuement, mais je pense que vous êtes maintenant tous pressés, comme je le suis, de lever nos verres, à Madagascar, à la France, à l’amitié franco-malgache !

 

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Les journées 2009 du réseau culturel français à l’étranger se tiennent actuellement à Paris. Notre Sénatrice Claudine Lepage y participe et nous livre ses impressions sur la première journée.

J’ai participé hier à la première partie des Journées du réseau culturel 2009, journées ouvertes par un long discours de Bernard Kouchner que l’on a connu plus à l’aise. Afin de mieux répondre aux enjeux de la mondialisation, il a annoncé la création de deux agences (sous forme d’établissement public industriel et commercial), l’une pour l’action culturelle, linguistique et audiovisuelle  extérieure,  l’autre pour la coopération universitaire technique et scientifique.

Mais, nous le savons tous, nombreux sont les acteurs du réseau, présents dans la salle ou non, qui sont inquiets de l’avenir de la présence culturelle française à l’étranger : ils connaissent bien la réalité de terrain et voient les crédits diminuer, les postes supprimés, les centres culturels fermer. Ce n’est donc pas le discours laborieux du ministre qui aura pu les rassurer. Hésitant, ne prenant pas de franche décision alors que le situation  est  en déliquescence depuis plusieurs années, annonçant une phase de réflexion, de consultation, encore une, il a cependant insisté sur l’effort de formation qui allait être fait en 2009 et 2010 en direction des personnels, titulaires et non titulaires. Un cautère sur une jambe de bois !

Claudine Lepage, Sénatrice des  Français établis hors de France.

 

Publié par adfe-madagascar à 18:51:03 dans Relations Ambassade de France | Commentaires (0) |

Elections J+17 / Remerciements et nouveautés / Communiqués / Rencontre FdM-ADFE-Madagascar avec Ambassadeur de France / Point de vue : Discrimination positive ou valorisation négative ? | 24 juin 2009

Elections J+17       La liste Français du Monde-ADFE Océan Indien a un élu

Le Président de Français du Monde-ADFE-Madagascar est élu "Conseiller représentant les Français de l'Océan Indien : Madagascar,île Maurice, Comores et Seychelles".

Les associations Français du Monde-ADFE de l'Océan Indien remercient leurs électeurs, les Français qui leur ont fait confiance en permettant l'élection de l'un des leurs, Jean-Daniel Chaoui, comme "Conseiller représentant les Français de l'Océan Indien". Vous aurez, dans ce blog, comme nous le faisons depuis 10 mois, un compte-rendu permanent de notre action.

 

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 A découvrir : nouveauté dans « Album administratif ». / La troisième journée des Français de l’Etranger organisée par le Sénat le 5 septembre 09 ; le Décret no 2009-691 du 15 juin 2009 modifiant le décret no 2002-22 du 4 janvier 2002 relatif à la situation administrative et financière des personnels des établissements d’enseignement français à l’étranger

 

Communiqué FdM-ADFE Océan Indien : Jean-Daniel Chaoui, Conseiller élu représentant les Français de l’Océan Indien a participé au Conseil d’Administration de l’EGD (groupement des établissements scolaires français de Tananarive : EPF A, B, C, D et LFT) hier mardi 23/06/ 09. Un compte-rendu sera fait prochainement sur ce blog.

 

Communiqué du Consulat général de France : à compter de 29/06/09, le Consulat général de France mettra en place les nouvelles procédures pour la délivrance des passeports biométriques. La comparution du demandeur (majeur et mineur) sera obligatoire au dépôt de la demande de passeport et au retrait pour la capture des empreintes.

 

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Une délégation de Français du Monde-ADFE-Madagscar conduite par Jean-Daniel Chaoui, composée d’Emma Rambatomanga et Pascal Farines vice-présidents, de Françoise Rakotobe et Ginette Jeanoda Secrétaire générale et Secrétaire générale adjointe, de Maurice Cocaud et Christian Fonteneau Trésorier et Trésorier-adjoint, d’Yves Peyre, a été reçue aujourd’hui par l’Ambassadeur de France entouré d'Alain Jouret, Consul général ett d'Etienne Rabate, Conseiller culturel SCAC. Vous trouverez ci-dessous le mémo déposé par la délégation concernant les sujets qui préoccupent l’association.

 

 

Réunion avec l’Ambassadeur : points abordés

 

Les élections : insatisfaction sur trois sujets :

  •  Les conditions de propagande encadrant la campagne qui paraissent obsolètes et mal adaptées, d’autant plus qu’il n’existe aucune autorité pour les faire respecter.
  • Le vote par correspondance qui, en l’absence d’une législation plus contraignante, ouvre la possibilité à toutes les dérives possibles constatées au cours de ce dernier scrutin/ ramassage massifs d’enveloppes, voire achat de ces enveloppes.
  • Sur les conditions de dépôts de candidature, demande d’une simplification concernant le dépôt des listes.

 

Affaires consulaires : Trois soucis.

1)      L’action sociale : budget 2010, le CMS (quid de son « déménagement ?) ? Les subventions aux associations de bienfaisances.

2)      Le fonctionnement des consulats honoraires : maintien en province des pré-commissions des bourses symboliquement très importantes (Fianarantsoa), crédits et moyens alloués à leur fonctionnement (disparition du poste de secrétariat de Fianarantsoa)

3)      Le bon fonctionnement des sociétés de bienfaisance avec une transparence au niveau de l’utilisation des fonds alloués. Mise à disposition d’un document détaillé lors des CCPAS.

4)   Les malgaches conjointes de Français qui n'ont pas la nationalité française ne peuvent actuellement bénéficier d'un visa sanitaire ?

5)      Contexte : L'ADFE souhaite que son action soit perçue comme une interface facilitante entre l'usager et l'administration. La majorité de la communauté française de Madagascar est double-nationale et éprouve assez souvent des difficultés à bien comprendre les exigences administratives de nos services. Le rôle d'une association comme la nôtre prend tout son sens dans cet "environnement"...La quasi totalité de nos démarches s'inscrivant dans ce contexte d’un accompagnement et d'une assistance administrative.

  6) Mise en place du passeport biométrique

 

      

 

Affaires scolaires : plusieurs très grosses inquiétudes et deux souhaits

1)      Le devenir des petites structures, réseaux des petites écoles qui sont mis en grande difficulté par rapport à la pression financière imposée par l’AEFE. Nous proposons une approche différenciée entre les différents établissements  et donc une approche spécifique concernant le réseau des petites écoles sous réserve de leur asphyxie et de leur disparition progressive.

2)      L’inflation permanente des frais de scolarité et le déséquilibre de l’Agence provoqué par la mesure PEC (Prise En Charge des frais de scolarité au lycée)

3)      Mise en place d’un « Conseil de l’enseignement » en continuité avec le travail fait pour le plan pour l’enseignement (2 réunions par an)

4)      Ouverture d’une réflexion avec les élus et les associations sur la mise en place de formation professionnelle initiale et continue en coordination avec les établissements scolaires de l’AEFE de Madagascar.

5) Evolution du dossier "acquisition du terrain et construction d'un nouvel établissement scolaire" complémentaire à l'actuel LFT.

 

Affaires diverses

1)      Sécurité : grande  satisfaction pour le travail effectué par le Consulat depuis la « crise », satisfaction exprimée assez unanimement par la communauté.

2)      14 juillet : souhait de voir inviter les membres des CA des associations FdM-ADFE-Madagascar, EFM et AFST.

3)      Dossier « Association des métis » : souhait de voir modifier la constitution malgache actuelle pour « abolir les articles » excluant les métis des fonctions électives les plus élevées.

4)      Dossier accession à la propriété pour les Français conjoints de nationaux.

5)      Sécurisation de l’environnement juridique pour nos opérateurs économiques

6)      Accès au répertoire de l’Ambassade « tous services »

7)   Fermeture de 13 postes d’agents de recrutements local dont 8 licenciements. (RGPP).

 

 

 

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POINT DE VUE

Discrimination positive ou valorisation négative ?

 

La «discrimination positive» a pour principe d’instituer des inégalités pour promouvoir l’égalité, accorder à certains un traitement préférentiel, espérant de la sorte contrebalancer des chances compromises souvent depuis longtemps par des pratiques xénophobes, sexistes ou des inégalités socioéconomiques. Elle implique l’identification d’une population cible, de quotas, à partir de traits innés, indélébiles, appartenant à l’identité de l’individu. Sans doute parle-t-on beaucoup de discrimination positive aujourd’hui parce que nous ne pouvons nous ne devons oublier le 21 avril 2002 et le passage au deuxième tour d’un candidat prônant la préférence nationale (c’est-à-dire une discrimination négative), et que depuis peu le nouveau président américain est si ... différent !

 

Comment réduire, éliminer, les inégalités liées à ces formes dexclusion ? Quelle voie entre le modèle républicain français qui interdit toute reconnaissance juridique de groupes ethniques et toute référence à un critère ethnique en vue de l’attribution de droits, de ressources et d’obligations (sorte d’indifférence à la différence), et le modèle américain qui, au contraire, nhésite pas à établir une différenciation entre les individus et à donner des avantages à ceux dont on constate qu’ils subissent ou ont subi par le passé des inégalités réelles, quand bien même leur égalité formelle n’est pas mise en cause ?

 

Le nouveau Commissaire à la Diversité, Yazid Sabeg, a récemment proposé de mesurer la diversité, avec une mesure qui serait fondée sur le sentiment d’appartenance. «Une remise en cause profonde» de la République, répond Malek Boutih, ancien président de SOS Racisme et membre du bureau national du PS. L’idée de Yazid Sabeg prendrait en effet comme préalable que le marquage communautaire ethnique est la solution incontournable au problème, alors même qu’il n’y a pas de travail de fond pour connaître les difficultés auxquelles les gens sont confrontés, que les personnes concernées sont extrêmement rétives à ce genre de solution. Faire la promotion des élites sur la discrimination positive risque d’amener beaucoup à considérer qu’ils ne sont pas là pour leur compétence. N’est-ce d’ailleurs pas ce qui se passe au vu des récents tapages médiatiques autour de la Garde des Sceaux, par exemple ?

 

La situation des banlieues n’est pas un problème de statistique, mais avant tout et de très loin de politique publique. Ne pas voir cette réalité permet de dédouaner le gouvernement actuel de ses (in)actions en la matière. De plus, il existe déjà des moyens de lutte dans l’arsenal du droit français. Une jurisprudence de la Cour de cassation a ainsi fait de la discrimination un délit au même titre qu’un autre. Alors l’ancien président de SOS racisme, Malek Boutih a mis en place le testing, avec présence d’huissiers, témoignages, dénonçant ainsi, preuves à l’appui, plusieurs discriminations. Un certain nombre d’entreprises se sont déjà engagées à utiliser des CV masqués. Certaines grandes écoles ont modifié les épreuves pour tous, renonçant, au moins partiellement, à fabriquer des filières d’exception pour quelques-uns. Alors, plutôt que de se lancer dans des statistiques et des débats sans fin sur l’interprétation de chiffres, cest bien un constat clair et approfondi qu’il s’agit de mener, un tour de la situation sur le terrain scolaire, professionnel, du logement, de la politique. Etablir, développer un véritable dialogue, discuter avec les acteurs, les victimes des discriminations, les employeurs. Et de là,  différencier les problèmes dépendant des choix politiques de ceux liés à l’origine des personnes. Les statistiques ethniques ne peuvent répondre à ces enjeux. On ne peut juxtaposer des pourcentages: tant de femmes, tant de gens de telle couleur ou de telle confession, tant dhomosexuels, tant d’obèses, tant de handicapés, tant de plus de 50 ans ... On ne peut réduire une personne à une particularité, quelle soit ethnique, sexuelle ou physique ... Non, plus que jamais, il faut au contraire promouvoir l’idée de transformation sociale de la société !

Karim Haggouchi, Source Bulletin FdM-ADFE Munich

 

Publié par adfe-madagascar à 20:01:30 dans Relations Ambassade de France | Commentaires (0) |

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