• Mission à Tamatave du 20 mai 2011

    Sommaire

     Le problème des enfants déscolarisés

     Analyse de la situation consulaire dans la grande île

     Les difficultés de transcription d’acte d’état civil dans les consulats français à Madagascar

     L’action de l’AMI et d’EFM

     Un nouvel internat

     Evolution du réseau des établissements scolaires français à Madagascar : A vous de juger !

     

    Je me suis rendu à Tamatave pour une mission d’une journée, le vendredi 20 mai 2011. J’étais accompagné de Pascal Farines, Président de Français du Monde-ADFE Madagascar et d’Yves Peyre, Vice-Président. Nous sommes partis de Tananarive par la route le 19 mai.

     

    L’objet de la mission était « d’installer » mon nouveau représentant à Tamatave en la personne de Monsieur Michel Chauvet et de le présenter aux différents partenaires acteurs de la communauté française à Tamatave. Une première réunion de travail nous a permis de faire « physiquement » connaissance le jeudi 19/05 au soir et de préparer la journée du 20/05. Nous avions en effet établi un contact et ensuite mis en place notre collaboration à partir d’internet et au téléphone jusqu’à ce jour.

     

    Le problème des enfants déscolarisés

     

    Le Vendredi débuta par un petit déjeuner avec les représentants syndicaux des enseignants du Lycée Français de Tamatave (LFTamatave). Le sujet des enfants qui sont déscolarisés fut la principale préoccupation des enseignants. Ce point est en effet douloureux. L’administration consulaire avait accepté, il y a plusieurs années, d’accorder le bénéfice des bourses scolaires aux enfants qui avaient fait une demande de nationalité et dont le dossier en cours était jugé recevable. Mais il se trouve que certains dossiers n’ayant pas abouti, les enfants étant déboutés de leur demande de nationalité française, les bourses sont supprimées alors que les enfants étaient depuis plusieurs années scolarisés au LFTamatave. Ce cas s’est retrouvé dans de nombreuses villes de province. Les familles n’ayant pas les moyens financiers de prendre en charge les frais de scolarité, l’enfant doit « sortir » du LFTamatave et parfois est tout simplement déscolarisé.

    L’erreur initiale est, à l’évidence, d’avoir permis la scolarisation d’enfants dont la nationalité n’était pas formellement établie. Cette situation n’a plus cours depuis plusieurs années. Ces enfants sont donc « victimes » d’un dysfonctionnement administratif, même si l’intention était généreuse.

     

    A 8h, nous étions au Consulat pour un entretien avec Monsieur le Consul André Maury. Avec un peu plus de 2000 français, Tamatave est une Chancellerie de proximité qui entre dans le débat actuel de l’avenir du réseau consulaire. Je veux redire ici ma conviction qu’il est illusoire de penser qu’on peut administrer une population de 2000 personnes dont une grande partie est en difficulté sociale,  à distance, à partir de Tananarive. L’accueil, la qualité de la réception et de l’analyse des situations par des agents professionnels, la permanence de l’ouverture toute la semaine, qui peut sérieusement croire que ceci pourrait être assuré par un Consul honoraire bénévole, même avec l’aide d’une secrétaire !

     

    Evolution du réseau consulaire

     

    Les Conseillers ou leurs représentants (car seuls Xavier Desplanques et Jean-Daniel Chaoui, soit deux Conseillers sur quatre, ont suivi en personne les réunions de concertation avec l’administration à Tananarive concernant « L’évolution du réseau consulaire à Madagascar », les deux autres conseillers n’étant que représentés), avec le Président de Français du Monde-ADFE Madagascar, viennent de clore un cycle de 5 réunions avec Monsieur l’Ambassadeur et Monsieur le Consul général. La réflexion menée a abouti à deux propositions opposées dans leur « approche et conception du service au public ».

     

    Les deux Conseillers Xavier Desplanques et Jean-Daniel Chaoui ainsi que les Présidents de l’UFE-Tananarive et de Français du Monde-ADFE Madagascar ont retenu l’idée d’un service public minimum rendu à l’usager en conservant une Chancellerie détachée à Majunga, Diégo-Suarez, et Tamatave et en recréant une Chancellerie détachée à Tuléar. Chaque chancellerie serait composée d’un Consul, d’un agent spécialisé « Etat civil et nationalité » et d’un agent spécialisé « affaires sociales et bourses scolaires ». Chaque poste bénéficierait en plus d’un emploi de secrétaire et d’un chauffeur. Soit donc 5 emplois par Chancellerie détachée, donc 20 postes pour les quatre Chancelleries. Sachant que les villes de Majunga-Diégo-Suarez-Tamatave bénéficient actuellement de 25 postes d’emploi, le réseau consulaire « économiserait » ainsi 5 postes qu’il « rendrait » à Paris.

     

    Les deux Conseillers Michel Ducaud et Michèle Malivel ainsi que leur représentant Messieurs Patrick Martin et Jean-Hervé Fraslin ont, par contre, avalisé la fermeture des Chancelleries détachées de Majunga, Diégo-Suarez et Tamatave, se rangeant derrière la position de l’administration favorable au « rapatriement » de 12 postes sur le Consulat général et donc 13 postes rendus à Paris. Le Consulat général pense ainsi augmenter ses moyens centralisés pour effectuer des cycles de « tournées consulaires en province à partir de Tananarive » plus fréquents pour pallier à la transformation des Consulats de province en Consulats honoraires. J’ai déjà donné mon sentiment sur cette proposition.  Je me permettrais d’indiquer que je suis étonné de la position prise par le Conseiller Michel Ducaud concernant son accord pour la fermeture du Consulat de Majunga. Je pense qu’il donnera à nos compatriotes de cette ville des éléments de compréhension concernant sa position.

     

    Les difficultés de transcription d’acte d’état civil dans les consulats français à Madagascar

     

    J’avais invité nos compatriotes de Tamatave à venir pour des rendez-vous particuliers au Consulat jusqu’à 10h. J’ai reçu 5 personnes ; un dossier de nationalité en attente depuis 3ans, deux transcriptions d’acte de naissance et une transcription d’acte de mariage en attente depuis plus d’une année, un problème de renouvellement de carte de résident qui relève des autorités malgaches uniquement… Notons, comme je l’ai déjà indiqué dans « La Lettre du Conseiller N°10 », les délais importants des procédures de transcription d’actes d’état civil dans les consulats français à Madagascar, sujet récurent depuis des années. Les vérifications d’acte « in situ » dans les mairies malgaches sont en effet nécessaires mais complexes à organisé et sont la cause de ces délais.

     

    L’action de l’AMI et d’EFM

     

    Je me suis rendu ensuite à la maison de retraite AMI, société de bienfaisance qui héberge des retraités français bénéficiaires de l’allocation de solidarité et des retraités payants. Le bâtiment datant de l’époque coloniale est vaste et bien tenu, agréable, avec des ailes distinctes de chambres individuelles. Une grande cuisine centrale avec salle à manger, un salon, une pièce bureau occupent le reste de la construction. Le bâtiment central possède un étage non-utilisé. Madame Farajallah, Présidente, dirige l’ensemble avec beaucoup de dévouement et d’autorité, assistée par Madame Barcelo. L’AMI représente aussi EFM, Enfants Français de Madagascar, association qui s’occupe de la scolarisation des enfants français inaptes à entrer dans le réseau des établissements scolaires français de l’AEFE. Ces enfants, entrés tardivement dans la nationalité française, ont accumulé un retard scolaire qui ne leur permet pas de suivre le niveau des classes des écoles françaises en relation avec leur âge. EFM a donc été créé pour leur permettre de poursuivre leur scolarité dans des écoles d’expression française qui correspondent mieux à leur possibilité scolaire. EFM prend en charge les frais de scolarité, verse une indemnité repas et déplacement, une aide à la rentrée scolaire, à l’exemple de ce que reçoivent les élèves boursiers. Pour cela, EFM est bénéficiaire d’une subvention du MAE (Ministère des Affaires Etrangères) via le Consulat général de Tananarive. Notons cependant que le montant financier d’intervention dont dispose EFM est très inférieur à celui des bourses. Ce constat a amené la nouvelle équipe dirigée par le Président Maurice Cocaud à s’interroger pour étudier si, parmi les 70 bénéficiaires d’EFM, certains n’étaient « ré orientables » dans la structure normale des écoles françaises avec une bourse scolaire. C’est ainsi que 4 élèves à Tamatave et cinq élèves à Tananarive vont intégrer en tant que boursiers le LFTamatave et le LFTananarive en septembre 2012. Je tenais à souligner cette excellente initiative de l’équipe de Maurice Cocaud au profit des enfants français. Notons que sur ma proposition, le sénateur Richard Yung est intervenu pour l’obtention d’une subvention spéciale de 15 000 € de la réserve parlementaire du Sénat, au bénéfice d’EFM.

     

    Un nouvel internat

     

    Après un déjeuner en compagnie du Consul, nous avons visité le nouvel internat du Lycée de Tamatave, guidé par le Proviseur, Monsieur Govignon. Situé dans un ensemble privé, le long de la mer, dans un endroit calme, au premier étage d’un immeuble de deux étages, cet internat dispose d’une salle commune spacieuse et de chambres avec salle de bain assez grande pour accueillir confortablement 3 enfants. Les repas sont préparés sur place par la structure de l’établissement hôtelier. L’encadrement est bien organisé et sous l’autorité de l’administration du lycée. Les déplacements quotidiens se font en bus. L’internant actuel accueille 17 élèves et devrait passer à 19 élèves à la rentrée de septembre 2011. Etant avec le sénateur Richard Yung à l’origine de la mise en place de cette structure, c’est une réelle satisfaction de constater la concrétisation d’une volonté d’améliorer la situation des enfants auparavant placés dans des familles d’accueil dans des conditions souvent très discutables.

     

    Nous avons poursuivi par une réunion dans les locaux du lycée en compagnie d’un représentant de l’APE gestionnaire, Monsieur Cavarroc, de Messieurs Spinazze et Aguire représentant l’association de parent d’élèves Alefap-FCPE Tamatave, de Madame Farajallah représentant une amicale de parents d’élèves, de Madame Françoise Thomas du syndicat enseignant SE-UNSA, de Monsieur le Directeur de l’école primaire, Pascal Rault, et du Proviseur. Le lycée subit, comme tous les établissements scolaires du réseau français, un tassement de ses effectifs en cette période de crise politico-économique, les effectifs sont en léger recul passant de 920 à probablement 900 en prévision septembre 2011. Les parents ont été sollicité durement depuis deux ans par une augmentation importante des frais d’écolage (25% en 2010, 20% en 2011) afin de rétablir l’équilibre financier de l’établissement. Le taux d’enseignants titulaires de l’Education Nationale française dans le corps enseignant est de 50% ce qui est dans une moyenne supérieure à Madagascar dans l’ensemble du réseau.

    Outre la situation globale du lycée, la discussion s’est surtout engagée sur le sujet de la déscolarisation d’enfants (déjà abordé en page 1) plusieurs participants insistant pour la création d’une caisse de solidarité pour pallier provisoirement à certaines situations exceptionnelles, comme cela existe au lycée de Tananarive.

    Le lycée a deux projets principaux pour l’an prochain : la mise en réseau informatique des différents bâtiments, ainsi que l’installation généralisée d’une alarme incendie.

    J’avais relevé voici quelques années, avec la nécessité de la mise en place d’un internat, la nécessité d’ouvrir la réflexion autour du fonctionnement de la demi-pension et de la restauration du déjeuner qui demeure, dans son fonctionnement actuel, insatisfaisant. Tout ne peut pas être fait en un seul jour, c’est évident, et il faut souligner le gros travail de consolidation financier et administratif mené par Monsieur Govignon depuis son arrivée, ainsi que l’aboutissement du « chantier de l’internat » qui est à mettre à son actif. L’ouverture du « chantier de la demi-pension » demeure la prochaine étape.

     

    A vous de juger !

     

    La discussion s’est aussi forcément orientée vers « l’évolution du réseau des établissements français » à Madagascar. La réunion que le Collectif enseignement Madagascar a eu avec Monsieur l’Ambassadeur, Monsieur le Conseiller  de Coopération et d’Action culturelle, Monsieur Igout, responsable géographique pour Madagascar à l’AEFE, en présence du Proviseur du LFTananarive, est édifiante.

    Monsieur Igout nous a annoncé les décisions suivantes :

    • Septembre 2011 : dé conventionnement des petites écoles d’Antalaha et de Manakara.
    • Septembre 2012 : fermeture des classes de lycée à Fianarantsoa
    • Septembre 2013 : déconventionnement des petites écoles de Fort-Dauphin et de  Nosy-be, fermeture des classes de lycée à Diégo-Suarez.
    • Mise sous observation du collège de Majunga.

     

    A terme, on commence à percevoir un dispositif scolaire français qui s’organiserait autour de deux lycées, Tamatave et Tananarive, accompagnés par quatre collèges Tuléar, Fianarantsoa, Antsirabe, Majunga, Diégo-Suarez. Mais nous n’avons aucun engagement de l’administration, chaque mois depuis le début de cette année étant synonyme de nouvelles fermetures décidées unilatéralement par l’AEFE. Tout ceci ne peut plus masquer un désengagement de notre pays et un affaiblissement de notre implication dans la grande île. Chacun en pâtira, Français principalement par l’éloignement de leurs enfants, malgaches francophones par l’impossibilité de scolariser leurs enfants dans des écoles françaises de bon niveau.

    Le Collectif condamne ces décisions hâtives et une absence totale de prises en compte de ses propositions. Certains ont parlé de véritable « Casse du réseau des écoles françaises à Madagascar ». A vous de juger !

     

    A Tananarive, le 30 mai 2011


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  • Decouvrez l'Album Photo de la mission qu'a effectuée la Senatrice Claudine Lepage et le Conseiller Jean Daniel Chaoui du 21 au 30 Mars 2011, successivement à Tananarive, Fianarantsoa, Manakara, Mananjary, Majunga.

    3ème album en partant du haut.

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    Compte rendu de Voyage de la Sénatrice Claudine Lepage à Madagascar du lundi 21 au mercredi 30 mars 2011

    Posté le 5 avril 2011

    Dimanche 20 mars arrivée en fin de soirée à l’aéroport d’Ivato à Tananarive : je suis accueillie par M. Alain Jouret, Consul Général de France et par M. Jean-Daniel Chaoui, Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger, qui m’accompagnera lors de tout mon déplacement sur l’île de Madagascar.

    Lundi 21 mars

    Matinée à l’Ambassade et au Consulat.

    Je suis accompagnée de M. Jean-Daniel Chaoui, Conseiller, et de M. Pascal Farines, Président de Français du Monde-ADFE-Madagascar.

    Entretien avec M. Philippe Georgeais, Conseiller de coopération et d’action culturelle : la question de l’évolution du réseau à Madagascar est au cœur de la discussion.

    Entretien et visite des services consulaires avec M. Alain JOURET, Consul Général : l’évolution du réseau consulaire, la  RGPP et ses effets sont à l’ordre du jour.

    Entretien avec Mme Annick BOURDIN, 1ère Conseillère, Chargée d’Affaires a.i. sur la situation politique à Madagascar. La tenue d’élections législatives marquera l’aboutissement du processus de transition.

    Déjeuner avec le bureau de FdM - ADFE, quelques membres du PS. J’ai le plaisir de retrouver des visages connus, Pascal, Emma, Yves, Maurice, Harry, Ginette, Sylvain et bien d’autres ainsi qu’Agnès, une nouvelle venue dans l’équipe.

    Rencontre de la délégation, en présence de Mme Annick Bourdin, avec M. Raharinaivo Randrianantoandro, Président du Congrès de la transition dans son bureau de l’Assemblée nationale, puis avec MM. Thu- Jaune Horace Mann, vice - président du Conseil supérieur de la Transition, et Bernard Anselme Ravelonjato, Questeur chargé des Relations publiques et des affaires législatives.

    Entretien avec le rédacteur en chef du quotidien malgache l’Express, puis interview mené par un journaliste du journal.

    Réunion avec le Collectif Education Madagascar qui regroupe des associations de parents (FCPE et FAPEE), des syndicats d’enseignants (SNES, SE-UNSA, SNUI) FDM-ADFE et deux conseillers de l’AFE (dont Jean-Daniel Chaoui ,d’ailleurs seul conseiller présent ce jour-là) à la résidence du Consul Général : beau travail de réflexion mené sur les possibilités d’avenir du réseau scolaire à Madagascar.

    Réception avec la communauté française offerte par le Consul Général à la Résidence.

    Mardi 22 mars

    Déplacement par la route entre Tananarive et Fianarantsoa.

    Dîner avec les membres de Français du Monde-ADFE-Fianarantsoa présidé par M. Dominique Hervé. Il est bien sûr question de la fermeture, reportée d’une année, du lycée René Cassin et de politique générale : quel candidat pour quel projet du parti socialiste aux élections présidentielles de 2012 ?

    Mercredi 23 mars : journée à Fianarantsoa

    A la délégation se joint M. Dominique Hervé, Président de Français du Monde-Fianarantsoa.

    La matinée  se déroule autour du thème de l’éducation :

    Participation à la Commission locale des bourses de Fianarantsoa en présence de Mme N’Guyen, consule adjointe : les familles obtiennent toutes des bourses à 100% compte tenu de leurs très faibles revenus. Les familles qui pourraient bénéficier de la PEC sont, pratiquement sans exception, orientées vers la demande de bourse pour être prises entièrement en charge et bénéficier des bourses annexes.

    Rencontre avec les acteurs éducatifs du Lycée René Cassin notamment : le proviseur M. Gérard Ercoli et Mme Brigitte Michel, directrice du Primaire, l’APE dont son président M. Eric Toulorge, les syndicats et représentants des enseignants. L’établissement comprend 454 élèves dont 68 lycéens.

    Discussion sur le report de fermeture de la classe de seconde. Les parents ne comprennent pas les décisions de l’AEFE alors qu’ils viennent d’acheter un terrain pour mener à bien des travaux d’agrandissement de l’établissement avec l’accord de l’Agence. De plus, le lycée René Cassin est le seul du réseau à Madagascar à ne pas avoir perdu d’élèves suite à la crise politique et économique. La montée des effectifs en maternelle et en primaire permettrait d’envisager une augmentation de ceux du lycée à moyen terme. Un pôle régional pourrait être créé en diversifiant l’offre par rapport au lycée de Tananarive. 2012 paraît également une mauvaise date pour fermer un établissement…

    Visite du Lycée René Cassin et de l’internat guidé par la responsable de l’internat.

    L’après-midi, nous rencontrons les opérateurs économiques : une entreprise d’ébénisterie et des hôteliers qui soulignent le manque de formation, le PDG d’une société d’importation de friperie partenaire du Relais, le directeur d’Innovex et le Président de la congrégation chinoise qui possède un domaine viticole. Tous insistent sur l’importance du lycée pour le développement économique de Fianarantsoa et de sa région. Le directeur d’Innovex nous précise que son usine ne se serait pas implantée là sans le lycée.
    Nous rencontrons également des responsables d’ONG : un Volontaire envoyé par le Grand Lyon qui mène plusieurs projets dans la région de Fianarantsoa : maîtrise d’ouvrages sur 6 communes et mesures de formation, adduction d’eau potable, assainissement des eaux. Plusieurs projets sont en cours dans le secteur formation,  notamment avec l’Ecole nationale des Travaux publics de Lyon. AVDI, une ONG dans le secteur agricole, apporte un appui aux organisations paysannes. Le principal bailleur de fonds est l’Union européenne. Un volontaire de la coopération catholique présente les nombreux projets en cours en matière de formation : lutte contre la déscolarisation, enseignement post-primaire et formation professionnelle ainsi que le projet de créer une école hôtelière. De dossiers de financement sont déposés auprès de l’Union européenne et de l’AFD.

    Visite de l’agence consulaire et entretien avec le Consul honoraire, M. Sylvain Poncet : la charge est très lourde à porter, compte tenu du contexte social difficile à Madagascar.

    Visite de l’Alliance française et entretien avec le Président M. Gérard Philppson et le Directeur M. Olivier Roux. Nous sommes mercredi et l’Alliance est remplie d’enfants qui jouent, regardent un film, lisent, écoutent des contes, le tout dans un calme étonnant.

    Visite de courtoisie au Chef de région accompagnée de M. Philippson.

    Rencontre avec la presse.

    Réception de la communauté française de Fianarantsoa offerte par FdM-ADFE dans les locaux de l’Alliance française en présence de M. Gérard Philippson.

    Jeudi 24 mars : déplacement à Manakara

    Avant le départ, pour Manakara, visite de l’usine d’Innotex dont nous avions rencontré le fondateur, M. Charles Giblain, à Tananarive. Nous sommes accueillis par le directeur M. Philippe Bertrand. Sur le site de cette usine est mis en place le projet Bionex : l’artemisine qui possède des propriétés antipaludiques est extraite des feuilles de l'armoise annuelle (Artemisia Annua) cultivée sur commande par les paysans de la région.

    Arrivée en début d’après-midi à Manakara, ville de 40000 habitants située au sud-est de Madagascar, au bord de l’Océan indien.

    Accueil par  le Consul honoraire, M. Charles Delaine

    Visite de l’école conventionnée AEFE Les Pangalanes, guidée par la Directrice de l’école, Mme Béatrice Moisan. L’école, qui compte 79 élèves dont 35 Français et 23% de boursiers, va être déconventionnée à la rentrée prochaine. Elle perdra ainsi sa directrice expatriée et son seul résident. Un accord de partenariat a été proposé par l’AEFE aux parents d’élèves qui restent perplexes et ne savent pas trop comment aborder cette nouvelle phase. Le recrutement local d’un poste d’enseignant français sera désormais entièrement à la charge de l’école, avec cependant une aide dégressive de l’AEFE sur 3 ans en « accompagnement palliatif »…Il relèverait du bon sens que la France maintienne un poste de résident afin que les parents envisagent sereinement la transition qui paraît bien brutale.

    Visite de l’Alliance française qui partage ses locaux avec l’école : nous sommes accueillis par sa présidente Mme Michelle Rambelo, le comité directeur et la coordinatrice pédagogique. L’Alliance n’a plus de directeur depuis 2007, celui-ci était rémunéré jusqu’à cette date  par la Réunion. L’Alliance manque de moyens ; même l’achat de manuels pour les cours de français est problématique. La subvention de la France a baissé, elle s’élève désormais à 1850 euros pour cette année et Parthenay, ville jumelée avec Manakara, verse une aide de 400 euros. Avec le retour du français dans les écoles malgaches, on constate un énorme potentiel d’apprenants pour les Alliances de Madagascar.

    Rencontre avec une association de Français installés sur place.

    Suite à une coupure d’électricité, rencontre dans l’obscurité avec les responsables d’ONG, notamment agronomes vétérinaires sans frontières, et leur représentante Mme Rajaonarisoa, également présidente de l’APE. Difficile de prendre des notes dans une obscurité totale…

    Réception de la communauté française de Manakara offerte par FdM-ADFE.

    Vendredi 25 mars : départ pour Mananjary

    Accueil par M. Fabien Vital, consul honoraire.

    Visite de la petite école homologuée AEFE. Rencontre avec l’APE dont M. Vital est le président, M. Eric Schaumburg et Mme Julie Jones, directrice de l’école. L’école compte 68 élèves dont 49% de Français. Les enseignants sont tous recrutés localement et le soutien pédagogique est assuré essentiellement par la directrice du primaire de Fianarantsoa. C’est insuffisant.

    Le bail de l’école expire en 2013. La question de l’immobilier se posera donc. L’APE souhaiterait pouvoir acquérir un terrain et construire. Ils sont à la recherche de financement.
    Visite rapide de la petite Alliance française. Le président, le vice-président du comité directeur sont absents, et la personne que nous rencontrons semble un peu déroutée par notre visite.

    Entrevue avec les responsables d’ONG et visite in situ de deux d’entre elles. Rencontre avec Louise Maurel, coordinatrice de projets pour Pachamama sur un projet agricole de grande envergure, et d’une ONG soutenue par la région Alsace qui travaille essentiellement sur l’accès à l’eau.

    Réception avec la communauté française de Mananjary offerte par FdM-ADFE.

    Samedi 26 mars

    Retour à Tananarive par la route.

    Dimanche 27 mars : déplacement en avion pour Majunga

    Accueil par M. Jean-Pierre Septier, Chef de la Chancellerie détachée et Consul, par Mme Annick Raharimanana, Présidente de FdM-ADFE-Majunga, et par Mme Martine Plantier, principale du collège.

    Réception offerte par la section FdM – ADFE de Majunga sous la présidence de Mme Annick Raharimanana. Une assistance nombreuse témoigne du dynamisme de la section. Plaisir de revoir des personnes rencontrées lors de mon premier déplacement à Majunga en janvier 2009.

    Lundi 28 mars

    Entretien avec M. Jean-Pierre SEPTIER, Chef de chancellerie, Consul et visite de la Chancellerie. Les effectifs n’ont pas diminué depuis mon dernier passage. La chancellerie détachée sert de guichet à la communauté française qui comprend près de 1800 personnes. Après instruction, les dossiers sont traités par le Consulat général de Tananarive, ce qui entraîne des délais assez longs pour les dossiers d’état-civil en particulier. La présence d’un consul et de deux agents au moins reste indispensable à Majunga : 200 dossiers de bourses et une soixantaine d’allocataires sont gérés par le poste.

    Visite du Collège français Françoise Dolto.

    Entretien avec Mme Martine Plantier, principale du collège et Mme Sandrine Lasserre, directrice du primaire. C’est la dernière année pour Mme Plantier qui sera donc remplacée à la rentrée 2011. En revanche, le poste de Mme Lasserre, arrivée à la rentrée 2010r, sera supprimé ; elle prendra ses nouvelles fonctions à Tamatave en septembre prochain. Comment ne pas s’interroger sur la cohérence des décisions prises ?

    Entretien avec des représentantes de l’APE gestionnaire en l’absence de la présidente.

    Entretien avec les représentants des enseignants. Je constate un climat toujours aussi tendu entre l’APE gestionnaire et les enseignants qui ne se sentent pas écoutés.

    Table ronde sur  les questions relatives à l’établissement. L’APE évoque la crainte du déconventionnement du collège Françoise Dolto. Les plus folles rumeurs circulent et je m’efforce de rassurer les parents. Les finances de l’établissement sont assainies. Les participants demandent un résident à taux zéro pendant un an pour pallier la suppression du poste de directrice expatriée. De plus, la communauté scolaire dans son ensemble demande le maintien du poste d’expatrié en SVT pour animer le pôle scientifique. Comme à Fianarantsoa, les parents expriment leur réticence à envoyer leurs enfants au lycée à Tananarive qu’ils trouvent trop cher, trop loin.

    Déjeuner avec le bureau de FdM-ADFE-Majunga.

    Visite de l’Association de bienfaisance de Majunga : le Centre Janine Henrion accueille 17 enfants boursiers en internat. Deux ans ont passé depuis ma première visite. Les progrès pour le confort et l’accompagnement des enfants sont spectaculaires grâce à l’engagement de Patricia, la directrice, et à une gestion rigoureuse des fonds de François, le trésorier.

    Réunion de travail avec le Conseil d’administration de la société de bienfaisance de Majunga.

    Visite de la savonnerie de M. Mamode Hadjee Djivan avec M. Karl Brossard le directeur  d’exploitation.

    Rencontre avec la presse à l’Alliance française.

    Réception avec la communauté française offerte par le Consul, M. Jean-Pierre Septier.

    Mardi 29 mars

    Journée fériée, commémorative des évènements de 1947.

    Entretiens individuels organisés par Mmes Annick Raharimanana et Emmanuelle Denève, puis déjeuner chez des membres de la communauté indo-pakistanaise.

    Mercredi 30 mars

    Visite de l’Alliance française qui vient de fêter ses 30 ans dans ce même lieu et entretien avec Mme Patricia Poupon, la directrice. L’entretien du magnifique bâtiment, une ancienne mosquée appartenant à l’Aga Khan, est lourd car les matériaux sont mis à rude épreuve sous ce climat tropical.

    Rencontre avec les représentants des ONG : Yann pour l’Ircod, Delphine pour Ecoles du Monde et Ronny pour Enda.

    L’Ircod (région Alsace) est présente à Majunga depuis 1993 et intervient dans 14 communes sur la réhabilitation des marchés municipaux (financement AFD), la gestion des ordures ménagères, l’administration et l’éducation.

    Ecoles du Monde, financé par des dons privés, construit des écoles qui sont ensuite rétrocédées aux villageois, et travaille en relation avec les institutions communales et les autorités locales. Ecoles du monde a un internat de 30 élèves à Majunga. L’ONG construit des puits, des latrines, a également un volet agricole et construit des greniers à riz.

    Enda travaille sur les quartiers défavorisés en milieu urbain en accueillant des jeunes déscolarisés et en les préparant à la formation professionnelle. Enda s’occupe également de construction de latrines familiales et de collecte de déchets.

    Visite d’une pêcherie (Réfrigépêche), l’une des dernières de Majunga, et d’un bateau de pêche. Entretien avec Antoine Pierre Rossignol, Directeur Général de Régrigépêche.

    12h00 : déjeuner privé

    Retour sur Tananarive puis pour Paris

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Decouvrez l'Album Photo de la mission qu'a effectuée la Senatrice Claudine Lepage et le Conseiller Jean Daniel Chaoui du 21 au 30 Mars 2011, successivement à Tananarive, Fianarantsoa, Manakara, Mananjary, Majunga.

    3ème album en partant du haut.

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    FRANÇAIS  DU     MONDE     ADFE     TANANARIVE 

     

     

    Jean Daniel CHAOUI, 

    Conseiller élu à l’Assemblée  des Français de l’Etranger,

     

    Pascal   FARINES,

                             Président de Français -du -Monde ADFE Madagascar,

     

                             Les membres du Conseil d’Administration,

     

    sont heureux de vous inviter

    le samedi 9 avril à partir de 11h30

    à un grand pique-nique, tiré des paniers,

    chez Mme Isabelle SMADJA,

    pour se retrouver dans une ambiance conviviale.

     

    Un apéritif sera offert par l’Association

    Le pique nique sera suivi d’une « Chasse aux œufs » pour les enfants.

     

    VENEZ NOMBREUX !

     

    Renseignements: Du lundi au vendredi de 9h30 à 12h auprès de Mme Noro

                                  Téléphone : 22 643 90       E-mail : adfe@moov.mg

     

     

     

     

     
     

          Jean Daniel CHAOUI

    CONSEILLER ELU

    (Madagascar-Comores-Maurice-Seychelles)

     

       

     

     

     

     

     

         ASSEMBLEE DES FRANÇAIS DE L’ETRANGER

             

    www.afe.org                        Mission avec la Sénatrice Claudine Lepage

    Lundi 21 mars au Mercredi 30 mars

     

     Le lundi 21 mars, la délégation de la Sénatrice composée du Conseiller Jean-Daniel Chaoui et du Président de Français du Monde-ADFE, Pascal Farines, s’est rendue à l’Ambassade de France où elle a été reçue successivement par Monsieur Philippe Georgeais, Conseiller de Coopération et d’action Culturelle (COCAC), Monsieur Alain Jouret, Consul général et Madame Bourdin, 1ère Conseillère (en l’absence de Monsieur l’Ambassadeur en déplacement en France).

     Le rôle d’une sénatrice représentant les Français de l’étranger est de s’intéresser aux sujets qui préoccupent ces derniers. Avec le COCAC, nous avons surtout parlé de l’évolution du réseau des établissements scolaires AEFE à Madagascar, l’AEFE étant l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger chargée de la coordination de l’ensemble des établissements scolaires français ou associés dans le monde. L’AEFE avait, de façon unilatérale, en janvier dernier, décidé la fermeture du lycée de Fianarantsoa dès la rentrée de septembre 2011. La mobilisation unitaire exemplaire des parents d’élèves, des enseignants et des associations notamment de Français du Monde-ADFE-Fianarantsoa, celle de deux élus locaux (Jean-Daniel Chaoui et Xavier Desplanques) et de nos sénateurs à Paris, les multiples interventions, ont permis de faire reculer l’AEFE qui a accédé à la demande de report de la décision et de l’ouverture de négociation avec le collectif Education Madagascar (1). Nous avons pu, avec le COCAC, constater nos divergences sur le sujet. La délégation a insisté sur la recherche d’un développement équilibré des établissements scolaires français de la grande île reposant sur une approche et une vision globale du réseau des établissements. A ce jour, l’AEFE  a privilégié une concentration sur l’EGD Tananarive qui est composé de quatre écoles primaires, un collège et un lycée, un ensemble de plus de 1700 élèves. Le collège-lycée (LFT), bien que bénéficiant d’excellentes infrastructures, est saturé, avec des effectifs de 35 élèves par classe dans les sections lycées et un internat installé en hôtel pour partie. Nous pensons que cette politique qui vide les effectifs des lycées de province possédant tous (Fianarantsoa, Diégo-Suarez, Tamatave) des conditions d’accueil en internat et un enseignement de bonne qualité est à repenser dans le sens d’un rééquilibrage entre la province et la capitale. Ce sera l’objet des propositions du Collectif Education Madagascar dans la négociation qui devraient s’ouvrir début avril à Tananarive avec l’AEFE.

     Avec le Consul général, nous avons abordé le deuxième sujet qui fâche la communauté française à Madagascar actuellement, celui de la réforme du réseau consulaire. Le groupe de réflexion créé sur le sujet travaille sur plusieurs simulations qui s’orientent vers une présence consulaire amoindrie mais réelle à Majunga, Diégo-Suarez et Tamatave. Le dispositif du service social a été évoqué : la délégation a exprimé son souci face au départ d’une des deux assistantes sociales. Le Consul général nous a assuré que le poste serait pourvu en septembre. Une mission du Consulat s’est déplacée dans le Sud ; elle s’est rendue successivement à Tuléar, Fianarantsoa, Manakara et Mananjary. Elle était composée de Madame Nguyen, Consul adjointe et de plusieurs agents. Son objectif, lors de son passage, est d’être à la disposition de la population locale française pour toutes les démarches d’Etat civil, de bourses scolaires et de difficultés sociales. Elle établit, par exemple, des cartes d’identité française dans l’instant. Nos compatriotes résidents ont été informés de cette mission par SMS. Saluons ces initiatives de « déconcentration » très utiles pour les Français du Sud et du Sud-Est qui, ainsi, n’ont pas à se déplacer à Tananarive. Selon Madame Nguyen, deux missions similaires sont organisées chaque année. La Consul adjointe a, d’autre part, présidé la Commission Locale des Bourses à Tuléar et Fianarantsoa.

     Un déjeuner a rassemblé autour de la Sénatrice les dirigeants de Français du Monde-ADFE et de la gauche plurielle à Madagascar. L’après-midi a été consacré  à des visites protocolaires auprès du Conseil supérieur de la transition et du Congrès.

    En fin de soirée, une réunion avec le Collectif éducation Madagascar a permis à la Sénatrice de compléter son information par rapport à l’entretien exposé plus haut avec le COCAC. Un coquetel offert par le Consul général à sa résidence a clôturé cette première journée.

     Le mardi 22 mars fut consacré au voyage entre Tananarive et Fianarantsoa. Un dîner a rassemblé les membres de Français du Monde-ADFE-Fianarantsoa, la Sénatrice et Jean-Daniel Chaoui, à l’hôtel Cotsoyannis, sous la Présidence de Dominique Hervé dont je salue l’engagement et le dévouement pour l’association. FdM-ADFE se porte bien à Fianarantsoa et le groupe d’une quinzaine de personnes a montré son dynamisme et son engagement dans la défense des intérêts de la communauté française de Fianarantsoa pour la conservation de la section lycée.

     Le mercredi 23 mars fut consacré à Fianarantsoa. La matinée fut dédiée aux aspects scolaires ; de 8h30 à 12h30, nous avons successivement : rencontré les représentants des enseignants et du personnel du lycée René Cassin, participé à la Commission locale des bourses (CLB), rencontré l’APE (Association des Parents d’Elèves du lycée) et l’administration, visité l’établissement.

     L’impression globale est très positive. Le lycée a, depuis plus de 5 ans, sous l’autorité de la directrice de l’école primaire, Brigitte Michel, et du Proviseur Monsieur Ercoli,  considérablement amélioré son infrastructure par la construction de plusieurs bâtiments et l’acquisition de matériels pédagogiques. L’internat accueille plus de 80 élèves dans de bonnes conditions. La situation financière de l’établissement est saine.

     Concernant le projet de fermeture de la partie lycée, projet introduit par l’AEFE, celle-ci repose essentiellement sur la faiblesse des effectifs, qui sont autour de 8O élèves. Lors de la CLB, j’ai pu noter 14 situations d’élèves « absorbés » par le LFT Tananarive pour des raisons d’« offre pédagogique » (inscription à un bac professionnel). La multiplication de la diversification des enseignements concentrés sur le LFT produit bien un effet d’aspiration sur les effectifs des autres lycées ainsi partiellement « dépeuplés » au profit du LFT. Cette situation met en danger l’existence des lycées de province alors qu’elle gonfle de façon excessive la partie lycée du LFT. Ce constat doit nous amener à réfléchir sur les mesures à prendre pour mieux équilibrer le réseau dans son ensemble. Ce sera l’objet de la négociation qui va s’ouvrir prochainement entre le Collectif Education Madagascar et l’administration.

     Le jeudi 24 mars  la délégation composée de Madame Lepage et Jean-Daniel Chaoui s’est déplacée à Manakara. Elle s’est arrêtée une heure, en cours de route, pour visiter l’usine INNOVEX, site industriel spécialisé dans l’extraction végétale, à la sortie de la capitale du Betsileo.

     A Manakara, la délégation fut accueillie par le consul honoraire nouvellement nommé, Monsieur Charles Dallaine, qui avait préparé un programme « copieux » : visite de l’école française et de l’Alliance Française (AF), rencontre avec la Directrice de l’école, Madame Moisan et l’APE (Association des Parents d’élèves), rencontre avec le comité de l’AF, rencontre avec l’Association des Français locale, rencontre avec des responsables d’ONG opérant dans la région, coquetel avec la communauté française qui a rassemblé près de 80 personnes.

     La communauté française de Manakara est de l’ordre de 200 personnes (immatriculation consulaire). L’école à un effectif de 80 élèves dont 35 français (23 boursiers), répartis dans cinq classes. Les frais d’écolage se montent à 1 600 000 ar par an. Il n’est pas envisageable d’augmenter notablement ces frais d’écolage compte-tenu des possibilités financières de la plupart des parents.

     L’entretien avec la Directrice et l’APE furent les deux temps forts de cet après-midi. Avec la fermeture envisagée du lycée de Fianarantsoa commentée plus haut, l’AEFE a, en effet, décidé le « déconventionnement » de l’école française de Manakara : cela signifie que les enseignants français (la directrice et un instituteur) actuellement recrutés et rémunérés par l’AEFE, sont retirés. L’entretien a clairement démontré que l’APE n’a pas les moyens financiers pour maintenir un enseignement avec des enseignants français dans l’école ; la survie de cette école, passée les trois premières années où elle bénéficiera d’une importante aide financière, est plus que problématique. Ce sujet sera au centre des prochaines négociations qui vont s’ouvrir à Tananarive entre le Collectif Education Madagascar et l’administration.

     Sur le plan consulaire, nos interlocuteurs se sont inquiétés des conditions de participation aux élections et des conditions de vote. Un gros effort d’information dans ce domaine, de la part du Consulat, est essentiel. Dans un domaine différent, plusieurs familles choisissent d’inscrire leurs enfants au CNED (cours par correspondance avec la France), après le CM2, pour l’entrée au collège, ce qui leur permet de garder leurs enfants auprès d’eux. L’autre solution serait de mettre leurs enfants en internat au lycée de Fianarantsoa, capitale provinciale de la région à 200 km soit quatre heures de voiture. Un aménagement d’horaire d’entrée et de sortie des internes (Lundi matin et vendredi après-midi) serait le bienvenue de la part du lycée de Fianarantsoa pour inciter tous les parents de l’école française de Manakara à scolariser leurs enfants à Fianarantsoa, ceux-ci souhaitant les prendre pour le week-end le plus souvent possible.

     Le vendredi 25 mars  la délégation s’est déplacée à Mananjary. Elle fut accueillie par le consul honoraire, Monsieur Flavien Vital, qui avait aussi préparé un programme « copieux » : visite de l’école française et de l’Alliance Française (AF), rencontre avec la Directrice de l’école et l’APE (Association des Parents d’élèves), rencontre avec les responsables de la Société de bienfaisance, visite sur site de deux ONG opérant dans la région, coquetel avec la communauté française qui a rassemblé près de 25 personnes.

     L’école française de Manajary est une école homologuée AEFE. Elle ne bénéficie pas d’enseignant titulaire de l’Education Nationale française. Son effectif varie autour de 80 élèves pour 4 classes, avec 5 enseignants dont la Directrice. Les frais d’écolage sont de 500 000 ar par an, ce qui en fait l’une des écoles françaises les moins chères du monde. L’APE explique qu’il leur est impossible d’augmenter les écolages de façon significative compte-tenu des moyens très  modestes de la population locale. Selon la Directrice, l’Inspectrice française (IEN) vient une fois par an, les conseillers pédagogiques de Tananarive aussi une fois par an, et la Directrice de la section primaire du Lycée René Cassin de Fianarantsoa trois fois par an. L’école est en difficulté face à la menace de non-renouvellement du bail de location de la propriété dans laquelle elle est installée.

     L’observation de la situation des deux écoles à statut différent, Manakara et Mananjary, m’amène à faire la proposition à l’AEFE de maintenir un enseignant-directeur résident pour diriger ces petites écoles. Ceci permettrait, à peu de frais, de conserver la qualité et l’organisation pédagogiques, et d’assurer la pérennité de ces écoles. Je ferai cette proposition lors des réunions prochaines avec l’AEFE.

     Le samedi  26 mars fut consacré au voyage entre Mananjary et Tananarive.

     Le dimanche 27 mars  la délégation composée de la Sénatrice Claudine Lepage et du Conseiller Jean-Daniel Chaoui s’est déplacée à Majunga. Le soir, un pot, organisé par la section Français du Monde-ADFE-Majunga sous la Présidence d’Annick Raharimanana, a rassemblé une soixantaine de personnes, adhérents et sympathisants dans une ambiance conviviale chez Thilain, restaurant sur la corniche.

     Le lundi   28 mars fut centré sur le dispositif français à Majunga. La Présidente Annick Raharimanana s’est jointe à la délégation. La première partie de la matinée fut consacrée à une séance de travail au Consulat de Majunga. Monsieur Jean-Pierre Septier, Consul, dirige une équipe de 6 personnes, 4 agents, un chauffeur et un planton. Après  avoir effectué une visite des services, nous avons eu un entretien avec le Consul. Le nombre de français immatriculé est proche de 1800. Le poste de Majunga délivre les pièces d’identité (passeport et carte d’identité) et reçoit pour les questions d’Etat civil. Il prépare les dossiers et les transmet au Consulat général de Tananarive. L’autre principal poste de travail concerne le volet social avec 60 allocataires, près de 200 boursiers scolaires et de nombreuses aides et secours occasionnels et d’urgence.

     J’ai acquis la conviction qu’il est indispensable de maintenir une présence consulaire « professionnelle », avec un Consul et quelques agents, même si le dispositif actuel peut être « amoindri » pour des raisons budgétaires. L’importance numérique de la communauté, son profil et ses besoins sociaux ne pourraient se satisfaire d’une structure non professionnelle, confié par exemple à un Consul honoraire. Soyons clair, un soutien à distance du Consulat général avec des missions régulières ne pourrait répondre aux besoins actuels. Un tel choix reviendrait à un abandon implicite d’une partie de la population, la plus défavorisée. Je ne pourrais, pour ce qui me concerne, cautionner la disparition des services publics pour une communauté française de 1800 compatriotes.

     La seconde partie de la matinée fut consacrée au Collège Français Françoise Dolto. Nous avons eu successivement un entretien avec Madame le Principal assistée de Madame la Directrice de l’école primaire, un entretien avec l’APE (Association des Parents d’Elèves gestionnaires du collège), un entretien avec les enseignants, une participation à une table ronde rassemblant l’ensemble des acteurs éducatifs impliqués au collège.

    Les décisions incohérentes de l’AEFE ont gravement perturbé le réseau et affaibli la confiance des établissements vis-à-vis de l’Agence. Les annonces les plus diverses courraient dans la communauté française de Majunga et nous avons dû constamment démentir les rumeurs de déconventionnement voire de fermeture de l’établissement. Cette situation fragilise les établissements du réseau et il est indispensable que l’Agence, à l’avenir, travaille dans la concertation avec ses partenaires locaux.

     Le collège Françoise Dolto a perdu 50 élèves dans les dernières années. Cette réduction des effectifs est dûe à la crise économique qui paupérise la classe moyenne de la population locale, ajoutée à une augmentation régulière importante des frais de scolarité. Ce processus, qui s’alimente de lui-même, pourrait entraîner, dans quelques années la disparition des enfants des classes moyennes voire moyennes supérieures malgaches ainsi qu’une partie des étrangers-tiers des établissements scolaires français. Les frais de scolarité sont approximativement de 1000€ par an au Collège Françoise Dolto. L’AEFE doit s’interroger sur cette situation pour l’avenir du réseau à Madagascar. Ce point sera au centre des « négociations » qui doivent s’ouvrir entre le Collectif Education Madagascar et les représentants de l’AEFE.

    La fermeture du poste expatrié de Directeur de l’école primaire du collège est, dans ce contexte, une maladresse supplémentaire. Nommée en septembre dernier, la directrice est déplacée et son poste supprimé. Convenons que cela fait désordre. Les conséquences pour le Collège sont un alourdissement de ses charges.

     Après un déjeuner partagé avec le bureau de Français du Monde-ADFE-Majunga, nous avons visité les installations du Centre Jeanine Horion, Association de bienfaisance de Majunga, qui héberge l’Internat pour les élèves du Collège Françoise Dolto. Il faut saluer le remarquable travail de réhabilitation du centre effectué par la nouvelle équipe qui s’est impliquée depuis quatre années, impulsion dûe à l’implication militante de la mouvance Français du Monde-ADFE Majunga. Le centre a véritablement changé de registre ; remise aux normes de la plupart des bâtiments, équipement pédagogique et informatique, encadrement, procédures  rigoureuses de gestion, repas nutritionnel…Il accueille 17 internes boursiers et prépare des repas pour plus d’une quarantaine de demi-pensionnaires.

     Lors d’une visite de l’entreprise SA-DE-MA, savon et détergent de Majunga, sous la direction de Mamode Haji  Djivan, homme d’affaire français, la délégation s’est enquis de la situation économique de Majunga jugée globalement très peu active. Seuls quelques projets dans le tourisme semblent contredire l’impression de « platitude » totale des baromètres économiques.

     Une conférence de presse fut organisée à l’Alliance Française. Je profite de l’occasion pour démentir la plupart des informations relatées dans l’article paru jeudi dernier dans l’Express de Madagascar dans sa page « Région », pour Majunga. La journaliste « fait dire » à la sénatrice et à moi-même qu’il n’y a pas de menace de fermeture ni de déconventionnement d’établissement scolaire français à Madagascar. Vous aurez compris, à la lecture de ce compte-rendu, qu’il n’en est rien. Elle a tout simplement confondu le fait que ces propos concernés le collège Français de Majunga uniquement et non Madagascar. Elle m’a aussi affublé du titre de Président de l’AFE, j’ai pourtant bien remis ma carte de visite à toutes les personnes présentes, carte de visite qui indique ma qualité de Conseiller AFE. Désinformation malencontreuse que je souhaitais rectifier.

     Un coquetel organisé par Monsieur le Consul en l’honneur de la présence de la Sénatrice et du Conseiller rassembla près de 80 personnes à l’hôtel « La Piscine ».

      Le mardi 29 mars  nous avons reçu, au complexe « Les Roches rouges », plus d’une quinzaine de compatriotes porteurs d’un dossier personnel, sur entretien particulier, de 10h à 13h30. Nous avons ensuite répondu à une invitation à déjeuner de la communauté franco-indienne.

     Le mercredi 30 mars, après une visite de l’Alliance Française en compagnie de la directrice, du Directeur adjoint et du Consul, nous avons effectué une réunion de travail avec les représentants de trois ONG, Enda Océan Indien, Ecoles du Monde et l’IRCOD (Coopération décentralisée de la région Alsace). Nous avons ensuite visité l’entreprise « Réfrigépêche ». Je remercie Monsieur Rossignol, le Directeur Général, pour sa disponibilité et son accueil.

     Nous sommes rentrés par avion dans l’après-midi sur Tananarive et la sénatrice Claudine Lepage est rentrée sur Paris dans la nuit avec Air France.

     


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  • Compte-rendu de Mission à Tamatave.

     

    Lundi 27 septembre

     

    Commission locale des bourses au Consulat, présidé par Monsieur André Maury, Consul, de 8h à 12h30, lundi 27 : La commission s’est tenue en présence d’une douzaine de personnes. L’assistance était composée de l’administration du lycée Français de Tamatave (Proviseur, Agent comptable et Directeur d’école primaire), des représentants des parents d’élèves et des enseignants du lycée, des représentants de deux associations de bienfaisance, l’AMI et EFM, des représentants des autres Conseillers. Félicitations à Madame Lydie Vitry, agent consulaire en charge du poste des bourses, qui nous a présenté des dossiers très bien maîtrisés.

    Il s’agit de la deuxième commission des bourses, après celle de mars qui étudie les demandes. En septembre, nous étudions les dossiers qui n’ont pas pu être déposés en mars pour des raisons de « force majeure » : les demandes des familles arrivées postérieurement, les familles qui posent un recours par rapport à un rejet en première commission ou à une quotité de prise en charge (pourcentage) jugée insuffisante par les familles.

    La difficulté pour la commission réside le plus souvent dans l’évaluation de revenus officiellement déclarés par la famille demandeuse. Nous constatons, en effet, beaucoup de fausses déclarations ou de déclaration sous-évaluée. Lorsque le doute existe, en général la commission accorde la bourse mais « diligente » une enquête sociale afin de mieux cernée le niveau de vie de la famille en rapport avec ses déclarations. Cette enquête sera ainsi disponible pour la CLB suivante. Nous avons ainsi étudié une trentaine de dossiers.

    Le proviseur a ensuite présenté à la commission le projet de mise en place d’un internat pour les élèves du Lycée dont les familles résident à l’extérieur de la vie. Actuellement, les enfants devaient trouver une famille d’accueil à Tamatave et celle-ci recevait une « bourse d’hébergement » pour la « dédommager » des frais occasionnés par l’accueil d’un enfant. De nombreux abus ont été constatés, certains hébergeants utilisant surtout la bourse comme une rente sans se préoccuper de l’enfant mal logé et mal nutri. Ce système  n’était pas moralement acceptable et nous l’avons indiqué aux autorités, le Sénateur Richard Yung et moi-même, après plusieurs missions à Tamatave. Notre demande de mise en place d’un internat a été entendue et celui-ci devrait ouvrir au premier janvier : 17 enfants sont concernés dans un premier temps. Nous attendons que soit mis en place, ensuite, une vraie demi-pension avec cantine, dans le courant de l’année scolaire, le système actuel n’étant pas satisfaisant. L’administration du Lycée s’y est engagée. Je félicite le Proviseur, Monsieur Govignon, et son équipe pour s’être emparé de ce difficile dossier avec réussite jusqu’à aujourd’hui.

     

    L’après-midi, j’ai effectué une visite de travail au siège de l’association de bienfaisance AMI, en compagnie de Jean-Marie Guillou, membre du CA de EFM (Enfant Français de Madagascar) et ancien Président de EFM. Nous y avons rencontré Madame Faradjallah, Présidente de l’AMI et Madame De Vathaire, membre du CA de l’AMI chargée du dossier EFM.

    EFM est une association qui s’occupe de la scolarisation des enfants français qui, pour des raisons le plus souvent d’accès tardifs à la nationalité française, n’ont pas été scolarisés normalement et présentent de grosses lacunes de maîtrise de la langue française et de niveau scolaire. Ils ne peuvent donc pas entrer dans une école ou un collège-lycée français, car ils sont incapables de suivre le niveau des classes. Il est donc préférable de les scolariser dans des établissements privés qui conviennent mieux à leur possibilité, mais en leur apportant une aide à la scolarité, un peu comme une bourse. C’est ce que fait l’association EFM dont le siège est à Tananarive et qui a un réseau de correspondants dans les principales villes de province. L’AMI est le correspondant d’EFM pour Tamatave. Jean-Marie Guillou a donc fait le point sur l’activité menée par l’AMI au nom d’EFM et échangé des informations par rapport à la nouvelle année scolaire. L’année scolaire passée, à Tamatave, l’AMI a soutenu 27 enfants français dans ce cadre d’intervention EFM.

    Pour remplir cette mission « de service public » à l’égard d’enfants qui sont des « ayant droits », l’association reçoit des subventions de la part du consulat de France. Les personnes qui s’occupent de cette association sont tous des bénévoles.

     

    A 17h, je me suis rendu à l’Alliance Française de Tamatave où je fus accueilli par le Président du Comité et la Vice-présidente. Puis le Directeur de l’AF, Monsieur De Vathaire, me fit visiter le nouveau bâtiment d’un étage réalisé récemment et pour lequel j’étais intervenu auprès du Sénateur Richard Yung pour obtenir un financement de la réserve parlementaire du Sénat. Ce financement fut à hauteur de la moitié du coût du projet permettant ainsi sa réalisation. Une bibliothèque est installée au rez-de-chaussée, l’administration de l’AF de Tamatave ayant aménagé à l’étage, dans des bureaux fonctionnels et agréables.

    Je fus ensuite reçu par le Comité de l’Alliance française avec lequel je fis connaissance, plusieurs membres ayant été renouvelés. Rappelons que l’AF est une association locale et que les membres du Comité élus lors de l’Assemblée générale sont des bénévoles. Le Comité définit les orientations et les activités de l’AF qui sont mis en œuvre par le Directeur qui est un professionnel mis à disposition de l’AF par la Direction parisienne de l’AF, sur financement du Ministère des Affaires étrangères.

    Le Comité m’a présenté l’avant-projet de l’anniversaire des 35 ans de l’AF de Tamatave puis nous avons étudié le projet de financement de la rénovation du toit pour lequel une demande de subvention serait sollicitée auprès du Sénateur Yung.

     

    Mardi 28 septembre

     

    A 9h, j’ai visité l’Ecole de la Congrégation chinoise avec le Consul de France et le Proviseur du Lycée Français. Nous fûmes accueillis par les chants des enfants et le responsable de la Congrégation, Monsieur Chan Taw Joseph. Celui-ci nous fit visiter l’’école. Je retiens de cette visite l’impression de bonne organisation, de propreté et de bon équipement que dégage cette école qui possède par ailleurs des salles de classes vastes et agréables. L’enseignement se fait en Français et le Mandarin est enseigné ainsi que la culture chinoise. L’école est ouverte à toutes les communautés.

     

    A 10h, j’ai pu m’entretenir, au Lycée Français, avec les représentants des enseignants, le Proviseur Monsieur Govignon, le Directeur de l’école élémentaire et maternelle, Monsieur Rault. Monsieur le Consul participait à la réunion.

    Celle-ci fut intéressante ; nous nous sommes félicités de la qualité du projet d’internat qui se met en place avec une date d’ouverture au 2 janvier 2011 ; le projet de l’amélioration du dispositif de la demi-pension devrait représenter le « chantier » suivant.

    Nous avons analysé la situation du LFT qui va devoir doubler ses frais de scolarité sur 4 ans pour faire face aux dépenses de fonctionnement et à ses charges en personnel. Ce sera très lourd pour les familles et l’inquiétude est réelle quand au risque de « pertes » d’élèves en raison de coûts devenus trop élevés pour certaines familles appartenant aux classes moyennes.

    L’effectif est passé de 937 élèves l’an passé à 920 élèves à cette rentrée. Cette légère baisse des effectifs est cependant constatée dans la plupart des établissements scolaires français de Madagascar à cette rentrée. L’effectif comprend 30% d’élèves français boursiers et 40% d’élèves non Français, malgaches ou étrangers. Le taux d’encadrement pédagogique par des enseignants titulaires de l’éducation nationale est proche des recommandations de 50% préconisées par l’AEFE, 48% pour le primaire et 52% pour le secondaire.

    J’ai avancé la possibilité pour le LFT de créer une classe d’accueil pour enfants « non ou peu-francophones », ayant constaté que près de 25 enfants « ayant-droits » pris en charge par EFM correspondant à ce profil pourraient être éligibles à un tel enseignement.

     

    A 11h45, nous avons visité le site d’implantation du futur internat du LFT, dans un immeuble proche du bord de mer. Ce site est très fonctionnel et parfait pour accueillir les enfants dans d’excellentes conditions de travail et de confort, chambres assez vastes pour trois lits avec une salle de bain intégrée et un grand placard, vaste salle commune pour aménager un foyer et un espace de travail.

     

    A 12h30, déjeuner en compagnie du Président, du Trésorier, et d’un membre du Bureau du Comité de gestion des Parents d’élèves ; en compagnie de l’équipe de direction du LFT et de Monsieur le Consul. Nous avons évoqué la situation du LFT décrite dans les lignes précédentes.

    Après-midi au Consulat avec

    La réception de compatriotes pour des dossiers personnels ; j’ai eu à traiter 4 affaires dont deux furent transmises immédiatement auprès du Consul : un problème de nationalité et un problème d’immatriculation. J’ai encore reçu une personne demandant des informations quant à l’inscription de son enfant français au LFT, celui-ci indiquant qu’il n’avait pu le faire cette année en raison d’une immatriculation toujours en cours. Je lui ai indiqué que c’était effectivement la réglementation actuelle à laquelle on ne pouvait se soustraire. J’ai enfin reçu une personne qui voulait une aide et des conseils pour la confection de son dossier de retraite.

    Des entretiens avec le personnel du Consulat, agents français titulaires et personnel recruté local.

     

    Concernant la situation du Consulat plusieurs observations doivent être portées à la connaissance du public : J'ai constaté que deux postes restaient non pourvus au Consulat de Tamatave, un poste d'expatrié rapatrié pour maladie et un départ à la retraite de recrutée locale. Le consulat de Tamatave se trouve ainsi totalement sinistré et dans l'incapacité de remplir ses missions, ayant perdu 2 agents sur 6, soit 1/3 de ses effectifs en 6 mois. Cette situation est inacceptable car l'administration abandonne et  abuse nos compatriotes en n'étant plus en mesure de remplir ses missions. Les agents comme le Consul ne sont évidemment en rien responsable de cette situation. Ils sont placés ainsi dans l'incapacité de répondre correctement au public par leur propre administration... Il faut redonner à Tamatave les moyens de remplir sa mission de service public dignement.

     

    Je possède plusieurs informations concernant l'évolution des chancellerie détachées.

    * La fermeture des services de délivrance des visas dans les trois consulats de province serait actée pour le 1er janvier 2011. 

    * Le plan de fermeture des Consulats est déjà en place avec dans l'ordre : Majunga, puis Diégo, puis Tamatave... A l'horizon 2013. Il est maintenant établi que l'objectif de la mission d'inspection de mai de cette année était de monter le dossier pour justifier la fermeture de ces trois consulats.

    La fermeture du Consulat de Tamatave n'est pas cohérente, avec plus de deux mille Français actuellement immatriculés. Un service social, un service d'Etat civil ne peuvent fonctionner à distance pour une communauté de cette importance. C'est un choix d'abandon des Français de la grande île alors que vient de s'ouvrir à Calcutta un Consulat général pour deux cents Français.

     

    Seule une forte mobilisation de la communauté française de Tamatave et des villes concernées permettra de faire pression et d'influer sur les décisions de l'administration parisienne pour sauver les consulats de province. C'est à la communauté française de s’organiser, sous la forme d'un collectif de sauvegarde du Consulat par exemple, et de préparer un programme de protestation et d'action à ce sujet (lettre, pétition...) Je suis à votre disposition pour relayer vos initiatives en concertation avec tous les élus. Cela nous concerne tous.

     

    A Tamatave le 27/09/2010.

     

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    Fiscalité des Français à l’Etranger ; encore des débats autour de l’amendement Cahuzac

    L’amendement Cahuzac méconnaît profondément la situation des Français de l’Etranger, en particulier le fait que de nombreuses conventions fiscales ont été conclues. De plus, il sous-entend, de manière assez démagogique, que les Français de l’Etranger sont majoritairement des évadés fiscaux. Europe Ecologie-Les Verts hors de France ont envoyé ce communiqué de presse cette semaine.

    Les Français établis hors de France ne sont pas des exilés fiscaux

    Le président de la commission des Finances de l'Assemblée Nationale, Jérôme Cahuzac (PS), a proposé un amendement qui créerait un  impôt sur le revenu des Français qui travaillent à l'étranger et qui paient déjà des impôts dans leurs pays de résidence. Cet amendement ferait partie du projet de budget 2011.

    Cette proposition reflète pour le moins une  ignorance de la fiscalité française et internationale, notamment des 140 conventions fiscales conclues afin d’éviter une double imposition, ainsi qu’une profonde méconnaissance de ce que sont les Français établis hors de France.

    Ces propos font craindre une stigmatisation des français de l’étranger assimilés à tort a des privilégiés qui auraient choisi de quitter la France pour échapper a l’impôt et à l’effort de solidarité nationale alors même qu’ils continuent a bénéficier du service public à la française dispensé par nos ambassades et nos consulats.

    Il nous semble important de rappeler que les principales raisons de l’expatriation ne sont pas celles sous-entendues par M. Cahuzac mais sont professionnelles, sentimentales et familiales. L’évadé fiscal reste très minoritaire.

    La durée moyenne d’une expatriation est de trois années. Ces années passées à l’étranger, au contact d’autres cultures, d’autres modes de pensée, sont une richesse pour la France.

    Les deux millions et demi de Français établis hors de France participent activement au rayonnement de notre pays  dans le monde par la promotion de la culture française, de l’éducation, par la création d’entreprises et l’exportation de savoir faire.

    L’ensemble des écologistes Français établis hors de France réfute cette proposition qui non seulement méconnait la réalité de l’expatriation et conforte les préjugés et les clichés mais donne également à la droite des arguments électoralistes pour les prochaines échéances électorales de 2012.

    Ils demandent à tou(te)s les parlementaires Europe Ecologie/Les Verts de se prononcer contre cet amendement.

    Pascale Cairet, Zine-Eddine Mjati, Responsables CAPR Hors de France Europe Ecologie.

    Benoit Faucheux, Responsable délégation Hors de France les Verts.

     

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    La Cour des comptes a chiffré à 172 milliards d’euros les niches fiscales et sociales qui profitent aux entreprises …mais pas forcément à l’emploi.

    Le Parisien, Olivier Baccuzat | 07.10.2010

    Un rapport explosif. Une dizaine de jours avant le début de l’examen du budget 2011 à l’Assemblée nationale, Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, a rendu publique, hier, une étude sur les niches fiscales et sociales dont bénéficient les entreprises. Que nous apprend ce document de 357 pages? Que les 91 mesures d’allègement de charges et d’exemptions de cotisations ou de prélèvements sociaux et les 293 réductions et autres crédits d’impôt profitant aux sociétés ont représenté, cette année, un manque à gagner pour les comptes publics de quelque 172 milliards d’euros.

    Deux mesures phares égratignées

    Des dispositifs extrêmement coûteux, donc, mais dont l’efficacité, surtout, est remise en question. Commandé par la commission des Finances de l’Assemblée, le rapport épingle d’ailleurs deux des mesures phares de la première moitié du quinquennat de Nicolas Sarkozy : la baisse de la TVA dans la restauration, « dont l’impact sur l’emploi demeure incertain », et la défiscalisation des heures supplémentaires, « dont l’efficience semble très limitée, le gain en PIB étant en tout état de cause inférieur au coût de la mesure ». Deux des mesures pour lesquelles la Cour des comptes réclame de profonds ajustements, à défaut d’une suppression pure et simple.
    Au total, 70 propositions sont formulées dans le rapport. Si elles étaient mises en application, elles permettraient de récupérer « une somme située dans une fourchette entre 15 et 29 milliards d’euros », estime Didier Migaud. Des chiffres autrement plus ambitieux que les 10 milliards d’euros d’économies proposés par le gouvernement avec son fameux « coup de rabot » sur les niches fiscales.
    Reste à savoir si les parlementaires oseront puiser dans cette boîte à outils. Soucieux de « prendre de la marge » par rapport aux mesures d’économies présentées la semaine dernière par le gouvernement, l’UMP Gilles Carrez, rapporteur du Budget à l’Assemblée, a déjà prévenu qu’il voulait récupérer un milliard d’euros de recettes supplémentaires en encadrant davantage le crédit d’impôt intéressement et le crédit d’impôt recherche, dont profitent les entreprises. Recevra-t-il l’aval des pouvoirs publics? Pour cela, il faudra passer outre les lobbys qui, en l’absence d’études d’impact fiables, « sont autant d’obstacles à une remise en cause » des niches fiscales et sociales, regrette la Cour des comptes.

    *****


    La Cour des Comptes épingle des niches fiscales profitant aux entreprises

    AFP, 06/10/2010


    Les niches fiscales profitant aux entreprises sont de plus en plus coûteuses et pas toujours efficaces, a affirmé mercredi la Cour des comptes, critiquant notamment la TVA dans la restauration ou les heures supplémentaires, deux mesures phares de la présidence Sarkozy. Le Conseil des prélèvements obligatoires, organe rattaché à la Cour des comptes, a présenté un rapport sur les niches fiscales et sociales dont bénéficient les entreprises à la commission des Finances de l'Assemblée, qui l'avait commandé.
    Ces dispositifs dérogatoires, les fameuses "niches" auxquelles le gouvernement a décidé de s'attaquer, ont connu au cours des dernières années "un développement rapide et peu maîtrisé", souligne cette étude. Et malgré le coup de rabot annoncé qui doit permettre à l'Etat de récupérer 9,4 milliards d'euros de recettes l'an prochain, il reste encore des marges de manoeuvre sur ce terrain, laisse entendre le rapport présenté par le premier président de la Cour, Didier Migaud. Au total, les niches applicables aux entreprises, entendues au sens large, ont représenté un manque à gagner pour les finances publiques de 172 milliards en 2010, a calculé le Conseil des prélèvements obligatoires. Le recours à ces mesures dérogatoires est de plus en plus fréquent, déplore-t-il. Un constat d'autant plus "dommageable", selon lui, que les niches sont plus faciles à créer qu'à supprimer. Le rapport préconise donc une évaluation régulière de leur efficacité. D'ores et déjà, il estime que certaines de ces niches ne remplissent pas les objectifs fixés. Sont ainsi mis en cause les taux de TVA réduits (5,5%) dans des secteurs intensifs en main d'oeuvre, comme la restauration, qui ont un "impact limité pour un coût élevé". Le Conseil propose la suppression de ce taux dans la restauration, qui coûte 3 milliards par an à l'Etat, ou, à défaut, son relèvement à hauteur de "10% à 12%". Malgré de nombreuses critiques, à gauche comme à droite, le gouvernement refuse pour le moment de toucher à cette TVA réduite, promesse du candidat Nicolas Sarkozy entrée en vigueur mi-2009. Le rapport prône aussi la "remise en cause" de l'exonération d'impôts et de cotisations pour les heures supplémentaires, une des mesures emblématiques du "paquet fiscal" de 2007, censée traduire en actes le slogan "travailler plus pour gagner plus". Leur "effet sur l'emploi est ambigu", estime le Conseil. Car "l'accroissement de la durée du travail" peut "inciter les entreprises à substituer des heures de travail aux hommes". Autres niches visées: celles en faveur de l'épargne salariale (intéressement et participation), qui sont à l'origine, selon le rapport, d'"effets d'aubaine", en se substituant à des hausses de salaires. L'objectif n'est pas de supprimer l'ensemble des niches, a insisté mercredi Didier Migaud.
    Certaines ont fait la preuve de leur efficacité, comme les allègements de charges sur les bas salaires, qui ont des effets "robustes" sur l'emploi. De même que le crédit d'impôt recherche, épargné par le coup de rabot, a "un impact significatif sur la recherche et le développement". Seuls quelques ajustements sont proposés pour ces dispositifs. Certains parlementaires entendent de toute façon aller plus loin que le gouvernement dans la réduction des niches. Lors du débat qui s'ouvrira mi-octobre à l'Assemblée, le rapporteur général du Budget, l'UMP Gilles Carrez, va ainsi proposer des amendements notamment sur le crédit d'impôt intéressement et le crédit d'impôt recherche, pour tenter de "glaner" un milliard d'euros de recettes supplémentaires.

     


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    Chers compatriotes, vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de la Mission que je viens d’effectuer à Tamatave.

     

    Compte-rendu de Mission,

     

    Lundi 27 septembre

     

    Commission locale des bourses au Consulat, présidé par Monsieur André Maury, Consul, de 8h à 12h30, lundi 27 : La commission s’est tenue en présence d’une douzaine de personne, assistance composée de l’administration du lycée Français de Tamatave (Proviseur, Agent comptable et Directeur d’école primaire), des représentants des parents d’élèves et des enseignants du lycée, des représentants de deux associations de bienfaisance, l’AMI et EFM, des représentants des autres Conseillers. Remerciements à Madame Lydie Vitry, agent consulaire en charge du poste des bourses et qui nous a présenté des dossiers bien maîtrisés.

    Il s’agit de la deuxième commission des bourses, après celle de mars qui étudie les demandes. En septembre, nous étudions les dossiers qui n’auraient pas pu être déposés en mars pour des raisons de « force majeure », les demandes des familles arrivées postérieurement, les familles qui posent un recours par rapport à un rejet en première commission ou à une quotité de prise en charge (pourcentage) jugée insuffisante par les familles.

    La difficulté pour la commission réside le plus souvent dans l’évaluation de revenus officiellement déclarés par la famille demandeuses. Nous constatons, en effet, beaucoup de fausses déclarations ou de déclaration sous-évaluée. Lorsque le doute existe, en général la commission accorde la bourse mais « diligente » une enquête sociale afin de mieux cernée le niveau de vie de la famille en rapport avec ses déclarations. Cette enquête sera ainsi disponible pour la CLB suivante. Nous avons ainsi étudié une trentaine de dossiers.

    Le proviseur a ensuite présenté à la commission le projet de mise en place d’un internat pour les élèves du Lycée dont les familles résident à l’extérieur de la vie. Actuellement, les enfants devaient trouver une famille d’accueil à Tamatave et celle-ci recevait une « bourse d’hébergement » pour la « dédommager » des frais occasionnés par l’accueil d’un enfant. De nombreux abus ont été constatés, certains hébergeant utilisant surtout la bourse comme une rente sans se préoccuper de l’enfant mal logé et mal nutri. Ce système  n’était pas moralement acceptable et nous l’avons indiqué aux autorités, le Sénateur Richard Yung et moi-même, après plusieurs missions à Tamatave. Notre demande de mise en place d’un internat a été entendue et celui-ci devrait ouvrir au premier janvier : 17 enfants sont concernés dans un premier temps. Nous attendons que soit mis en place, ensuite, une vraie demi-pension avec cantine, dans le courant de l’année scolaire, le système actuel n’étant pas satisfaisant. L’administration du Lycée s’y est engagée. Je félicite le Proviseur, Monsieur Govignon, et son équipe pour s’être emparé de ce difficile dossier avec réussite jusqu’à aujourd’hui.

     

    L’après-midi, j’ai effectué une visite de travail au siège de l’association de bienfaisance AMI, en compagnie de Jean-Marie Guillou, membre du CA de EFM (Enfant Français de Madagascar et ancien Président de EFM). Nous y avons rencontré Madame Faradjallah, Présidente de l’AMI et Madame De Vathaire, membre du CA de l’AMI chargé du dossier EFM.

    EFM est une association qui s’occupe de la scolarisation des enfants français qui, pour des raisons le plus souvent d’accès tardifs à la nationalité française, n’ont pas été scolarisés normalement et présentent de grosses lacunes de maîtrise de la langue française et de niveau scolaire. Ils ne peuvent donc pas entrer dans une école ou un collège-lycée français, car ils sont incapables de suivre le niveau des classes. Il est donc préférable de les scolariser dans des établissements privés qui conviennent mieux à leur possibilité, mais en leur apportant une aide à la scolarité, un peu comme une bourse. C’est ce que fait l’association EFM dont le siège est à Tananarive et qui a un réseau de correspondant dans les principales villes de province. L’AMI est le correspondant d’EFM pour Tamatave. Jean-Marie Guillon a donc fat le point sur l’activité menée par l’AMI au nom d’EFM et échangé des informations par rapport à la nouvelle année scolaire. L’année scolaire passée, à Tamatave, l’AMI a soutenu 27 enfants français dans ce cadre d’intervention EFM.

    Pour remplir cette mission « de service public » à l’égard d’enfants qui sont des « ayant droits », l’association reçoit des subventions de la part du consulat de France. Les personnes qui s’occupent de cette association sont tous des bénévoles.

     

    A 17h, je me suis rendu à l’Alliance Française de Tamatave où je fus accueilli par le Président du Comité et la Vice-présidente. Puis le Directeur de l’AF, Monsieur De Vathaire, me fit visiter le nouveau bâtiment d’un étage réalisé récemment et pour lequel j’étais intervenu auprès du Sénateur Richard Yung pour obtenir un financement de la réserve parlementaire du Sénat. Ce financement fut à hauteur de la moitié du coût du projet permettant ainsi sa réalisation. Une bibliothèque est installée au rez de chaussée, l’administration de l’AF de Tamatave ayant aménagé à l’étage, dans des bureaux fonctionnels et agréables.

    Je fus ensuite reçu par le Comité de l’Alliance française avec lequel je fis connaissance, plusieurs membres ayant été renouvelés. Rappelons que l’AF est une association locale et que les membres du Comité élus lors de l’Assemblée générale sont des bénévoles. Le Comité définit les orientations et les activités de l’AF, ensuite mis en œuvre par le Directeur qui lui est un professionnel mis à disposition de l’AF par la Direction parisienne de l’AF, sur financement du Ministère des Affaires étrangères.

    Le Comité m’a présenté l’avant-projet de l’anniversaire des 35 ans de l’AF de Tamatave puis nous avons étudié le projet de financement de la rénovation du toit pour lequel une demande de subvention serait sollicitée auprès du Sénateur Yung.

     

    Mardi 28 septembre

     

    A 9h, j’ai visité l’Ecole de la Congrégation chinoise avec le Consul de France et le Proviseur du Lycée Français. Nous fûmes accueillis par les chants des enfants et le responsable de la Congrégation, Monsieur Chan Taw Joseph. Celui-ci nous fit visiter l’’école. Je retiens de cette visite l’impression de bonne organisation, de propreté et de bon équipement que dégage cette école qui possède par ailleurs des salles de classes vastes et agréables. L’enseignement se fait en Français et le Mandarin est enseigné ainsi que la culture chinoise. L’école est ouverte à toutes les communautés.

     

    A 10h, j’ai pu m’entretenir, au Lycée Français, avec les représentants des enseignants, le Proviseur Monsieur Govignon, le Directeur de l’école élémentaire et maternelle, Monsieur Rault. Monsieur le Consul participait à la réunion.

    Celle-ci fut intéressante ; nous nous sommes félicités de la qualité du projet d’internat qui se met en place avec une date d’ouverture au 2 janvier 2011 ; le projet de l’amélioration du dispositif de la demi-pension devrait représenter le « chantier » suivant.

    Nous avons analysé la situation du LFT qui va devoir doubler ses frais de scolarité sur 4 ans pour faire face aux dépenses de fonctionnement et à ses charges en personnel. Ce sera très lourd pour les familles et l’inquiétude est réelle quand au risque de « pertes » d’élèves en raison de coûts devenus trop élevés pour certaines familles appartenant aux classes moyennes.

    L’effectif est passé de 93 élèves l’an passé à 920 élèves. Cette légère baisse des effectifs est cependant constatée dans la plupart des établissements scolaires français de Madagascar à cette rentrée. L’effectif comprend 30% d’élèves français boursiers et 40% d’élèves non Français, malgaches ou étrangers. Le taux d’encadrement pédagogique par des enseignants titulaires de l’éducation nationale est proche des recommandations de 50% préconisées par l’AEFE, 48% pour le primaire et 52% pour le secondaire.

    J’ai avancé la possibilité pour le LFT de créer une classe d’accueil pour enfants « non ou mal-francophones », ayant constaté que près de 25 enfants « ayant-droits » pris en charge par EFM correspondant à ce profil pourraient être éligibles à un tel enseignement.

     

    A 11h45, nous avons visité le site d’implantation du futur internat du LFT, dans un immeuble proche du bord de mer. Ce site est très fonctionnel et parfait pour accueillir les enfants dans d’excellentes conditions de travail et de confort, chambres assez vastes pour trois lits avec une salle de bain intégrée et un grand placard, vaste salle commune pour aménager un foyer et un espace de travail.

     

    A 12h30, déjeuner en compagnie du Président, du Trésorier, et d’un membre du Bureau du Comité de gestion des Parents d’élèves ; en compagnie de l’équipe de direction du LFT et de Monsieur le Consul. Nous avons évoqué la situation du LFT décrite dans les lignes précédentes.

     

    Après-midi au Consulat avec

    La réception de compatriotes pour des dossiers personnels ; j’ai eu à traiter 4 affaires dont deux furent transmises immédiatement auprès du Consul : un problème de nationalité et un problème d’immatriculation. J’ai encore reçu une personne demandant des informations quant à l’inscription de son enfant français au LFT, celui-ci indiquant qu’il n’avait pu le faire cette année en raison d’une immatriculation toujours en cours. Je lui ai indiqué que c’était effectivement la réglementation actuelle à laquelle on ne pouvait se soustraire. J’ai enfin reçu une personne qui voulait une aide et des conseils pour la confection de son dossier de retraite.

    Des entretiens avec le personnel du Consulat, agents français titulaires et personnel recruté local.

     

    Concernant la situation du Consulat plusieurs observations doivent être portées à la connaissance du public : J'ai constaté que deux postes restaient non pourvus au Consulat de Tamatave, un poste d'expatrié rapatrié pour maladie et un départ à la retraite de recrutée locale. Le consulat de Tamatave se trouve ainsi totalement sinistré et dans l'incapacité de remplir ses missions, ayant perdu 2 agents sur 6, soit 1/3 de ses effectifs en 6 mois. Cette situation est inacceptable car l'administration abandonne et  abuse nos compatriotes en n'étant plus en mesure de remplir ses missions. Les agents comme le Consul ne sont évidemment en rien responsable de cette situation. Ils sont placés ainsi dans l'incapacité de répondre correctement au public par leur propre administration... Il faut redonner à Tamatave les moyens de remplir sa mission de service public dignement.

     

    Je possède plusieurs informations concernant l'évolution des chancellerie détachées.

    * La fermeture des services de délivrance des visas dans les trois consulats de province serait actée pour le 1er janvier 2011. 

    * Le plan de fermeture des Consulats est déjà en place avec dans l'ordre : Majunga, puis Diégo, puis Tamatave... A l'horizon 2013. Il est maintenant établi que l'objectif de la mission d'inspection de mai de cette année était de monter le dossier pour justifier la fermeture de ces trois consulats.

    La fermeture du Consulat de Tamatave n'est pas cohérente, avec plus de deux mille Français actuellement immatriculés. Un service social, un service d'Etat civil ne peuvent fonctionner à distance pour une communauté de cette importance. C'est un choix d'abandon des Français de la grande île alors que vient de s'ouvrir à Calcutta un Consulat général pour deux cents Français.

     

    Seule une forte mobilisation de la communauté française de Tamatave et des villes concernées permettra de faire pression et d'influer sur les décisions de l'administration parisienne pour sauver les consulats de province. C'est à la communauté française de s’organiser, sous la forme d'un collectif de sauvegarde du Consulat par exemple, et de préparer un programme de protestation et d'action à ce sujet (lettre, pétition...) Je suis à votre disposition pour relayer vos initiatives en concertation avec tous les élus. Cela nous concerne tous.

     

    A Tamatave le 27/09/2010.

     

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    Infos EGD : l’EGD est un groupement d’établissement regroupant à Tananarive les Ecoles Primaires Françaises (EPF)  A, B, C et D ainsi que le Lycée Français (LFT).

    J’ai participé au Conseil d’école de l’EPF C le mardi 21 septembre ; quelques informations : Pour ce début d’année scolaire, on note une baisse des effectifs assez sensible dans les écoles primaires : exemple de l’école C qui est passé de 267 élèves en 2009-2010 à 246 élèves en 2010-2011. Le collège subit un léger tassement et le lycée une légère progression. On note cependant le départ des enfants de la communauté internationale (près de 80 élèves), ce qui pèse sur le budget du groupement.

    Une réforme de l’enseignement du malgache est mise en place pour cette rentrée scolaire dans les EPF. Les élèves des classes maternelles bénéficieront de 1h30 réparti e en 30 minutesx3 et les élèves des classes primaires de 1h30 répartie en 45minutesx2.

    Les élections des représentants de parents d’élèves auront lieu le jeudi 7 octobre dans les EPF et le vendredi 8 au LFT.

    Nous avons fait la connaissance de Monsieur Patrice Hanne, nouveau Proviseur-adjoint,  Madame Agnès Carnel, nouvelle Inspectrice de l’Education Nationale en poste à Madagascar et de Monsieur Philippe Dehem, nouveau Directeur de l’EPF C.

    J’ai aussi participé au Conseil d’école de l’EPF D le jeudi 23 septembre : le bilan de la rentrée scolaire donne un effectif de 183 élèves pour 8 classes soit une moyenne de 23 élèves par classe. Le service de la cantine accueille 105 élèves.

    A la suite d’un appel d’offre, une nouvelle compagnie de transport, Transmad, a été sélectionnée. L’enclavement de l’école D oblige l’administration a organisé, pour les élèves,  un accès collectif par bus uniquement. Les parents de l’école D apportent une contribution individuelle de 60 000 ar mensuel, le reste étant « supporté » par la collectivité de l’EGD. Le coût total du transport école D se monte à 160 000€ annuel.

     


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