• Lettre aux Français de Fianarantsoa

     

    Chers compatriotes,

                 J’ai effectué un séjour à Fianarantsoa le 10 mai 2012, dans le cadre de mon mandat de Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger et de ma candidature à l'élection législative pour la 10ème circonscription des Français de l'étranger, circonscription à laquelle Madagascar et Fianarantsoa appartiennent.

                 Le soir de mon arrivée, j’ai rencontré les dirigeants de l’association Français du Monde-ADFE-Fianarantsoa responsables de la préparation de mon séjour dans la capitale du Betsileo. Le jeudi, j’ai eu un entretien avec le représentant de la coopération décentralisée avec « la communauté du grand Lyon », avant de visiter l’Alliance Française  et le Consulat honoraire où je me suis entretenu avec la secrétaire en l’absence du Consul honoraire, Monsieur Lindan, en déplacement à Tananarive. Je le rencontrerai le soir, à son retour de la capitale.

                L’après-midi, je me suis rendu au lycée Français René Cassin où j’ai été reçu par le Proviseur Frédéric Farret et la Directrice de l’école primaire, Madame Geneviève Menouret. Le soir, j’ai tenu une réunion publique à l’Hôtel Cotsoyannis en présence de plus de 50 personnes.

     

    Je retiens de ces différentes rencontres deux points dont je souhaite vous entretenir:

     La communauté française de Fianarantsoa est forte de 698 personnes enregistrées au Consulat dont 364 sont inscrits sur la liste électorale. La participation au deuxième tour de l’élection présidentielle fut de 167 votants soit 45,8% ; Elle donna 64,3% en faveur de François Hollande. Le bureau du consulat se trouve à l’Alliance Française. Il est ouvert de 9h à 12h du mardi au vendredi inclus. La permanence est assurée par la secrétaire et le Consul honoraire.

     C’est la fin « d’un cycle » au Lycée français René Cassin avec la fermeture de la partie lycée de l’établissement, c’est-à-dire des classes de seconde, première et terminale. Ce sujet était naturellement au centre de l’entretien, il fut aussi très présent le soir lors de la réunion publique. Je veux ici rappeler mon engagement permanent dans la défense du réseau des établissements scolaires français à Madagascar et mon opposition à la fermeture de la partie lycée de René Cassin. La très forte mobilisation dont nous avons fait preuve durant l’année scolaire passée, les manifestations et les très nombreuses réunions tenues avec l’administration et l’ambassadeur en personne n’ont pas permis de sauvegarder le lycée.

     

    Sur ce sujet, je développerai quelques idées.

    D’abord rappeler que l’AEFE a fait preuve, sur cette affaire, d’une brutalité sans égale et d’une absence totale de cohérence dans sa communication, annonçant à deux mois d’intervalle des décisions contradictoires. Rappeler ensuite que la politique mise en place actuellement a Madagascar n’a pas fait l’objet d’un travail commun entre les élus, les parents d’élèves et les enseignants. Notre dernière réunion à l’ambassade de France remonte à juin 2011. Elle devait ouvrir une concertation à la rentrée scolaire dont j’attends toujours personnellement la première invitation.La politique choisie et imposée est celle d’une centralisation des sections lycées de la grande île sur le Lycée Français de Tananarive, en conservant seulement Tamatave. L’abandon des « petites écoles » est acté. Cette politique de rationalisation des moyens  et de grands établissements centralisateurs s’oppose, de fait, à un réseau de proximité. Elle correspond à une situation difficile de restriction de personnel imposé à l’AEFE par le gouvernement sortant. Elu député, je m’engage à reposer la question de l’orientation actuelle de l’AEFE à Madagascar.

     Le lycée bientôt collège René Cassin est une belle structure. Les mesures d’accompagnement mise en placent pour tous les élèves, y compris les élèves malgaches, m’apparaissent correctes pour les familles. Mais je suis à la disposition des parents pour étudier tout dossier jugé insuffisant. La plupart des élèves seront orientés vers le LFT. Les effectifs du collège et de l’école primaire sont stable à 450 élèves. Les frais d’écolage seront relevés de 9% à la rentrée. L’établissement a un projet de construction d’extension de l’internat sur un terrain qui lui appartient. Je démens les rumeurs par rapport à une éventuelle fermeture prochaine du collège, je n’ai personnellement jamais entendu une telle information.

      Je conclurai par l’appel que j’ai adressé aux électeurs d’Antsirabe et de Madagascar pour les inviter à aller voter les 3 et 17 juin pour les élections législatives. Le nouveau Président de la République Française, François Hollande, a besoin d’une majorité pour mettre en place ses propositions. Madagascar a la possibilité de porter à l’Assemblée Nationale, un député issu de la grande île. C’est une chance pour notre communauté et je vous invite à soutenir massivement ma candidature. Elu député, je m'engagerai résolument pour la sauvegarde de nos intérêts, comme je le fais déjà depuis trois ans en qualité de Conseiller.

     Je vous présente, chers compatriotes, l’expression de mes salutations les plus cordiales.


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  • Drame à Tuléar ; assassinat d’une jeune compatriote, son compagnon est porté disparu jusqu’à ce jour.

    Mort suspecte d’une Française à Madagascar : la piste criminelle confirmée

    La police de Madagascar a confirmé ce soir que l’enquête ouverte après la mort d’une jeune Française sur une plage du sud-ouest de l’île s’orientait vers une piste criminelle, précisant que son compagnon figurait parmi les suspects.

    «Selon l’autopsie, le corps a été frappé avant d’être jeté à la mer, il ne s’agit donc pas d’une noyade», a déclaré la police de Tuléar, chargée de l’enquête.

    Johanna Delahaye, 31 ans, enceinte, habitait depuis plus d’un an à Tuléar où elle avait repris un restaurant avec son compagnon Gérald Fontaine, 41 ans.

    «Selon un témoin formel, Gérald Fontaine a été aperçu aux alentours de 17h45 dans la ville de Tuléar, seul et il est reparti en quad vers la plage. Nous avons fait une requête téléphonique à la banque pour demander s’il y avait eu retrait d’argent», selon la même source.

    Un gourdin recouvert de sang et le quad du couple caché dans les buissons ont été retrouvés sur la plage de La Batterie où le couple s’était rendu jeudi.

    Les recherches se poursuivent pour retrouver le compagnon de Johanna, alors qu’une perquisition a eu lieu à son domicile où son passeport a été trouvé et que rien n’indiquait des préparatifs de voyage.

    «Nous avons déjà deux ou trois suspects, dont Gérald Fontaine, mais il n’y a pas encore assez de preuves pour les arrêter», a ajouté la police de Tuléar.

    Le couple, porté disparu depuis jeudi dernier, s’était rendu en quad à La Batterie, une plage réputée dangereuse car isolée et peu fréquentée.

    Les autorités consulaires déconseillent de s’y rendre de même que les riverains qui affirment qu’elle porte malheur. «Beaucoup de noyades ont eu lieu à cet endroit, les Malgaches s’y rendent rarement», a précisé la police nationale.

    En deux mois, c’est la deuxième agression dans cette zone reculée.

    Le village le plus proche de La Batterie se trouve à 1,5 kilomètre.

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     Réaction du groupe d'amitié France-Madagascar du Sénat Français  au meurtre de Johanna Delahaye

    Mardi 17 avril 2012

    Le groupe interparlementaire d’amitié France – Madagascar et Pays de l’Océan Indien au Sénat déplore le meurtre de Johanna Delahaye (31 ans) près de Tuléar (sud de Madagascar) et présente ses plus sincères condoléances à sa famille.

    Il espère que son compagnon Gérald Fontaine donnera rapidement signe de vie.

    Ces jeunes gens s'étaient installés dans la restauration et s'étaient parfaitement intégrés dans la société locale.

    Des problèmes de sécurité se sont posés à plusieurs reprises récemment à Madagascar.

    Le groupe d'amitié demande au gouvernement malgache de renforcer les mesures déjà prises pour assurer la sécurité de la population malgache et étrangère dans l'Île.

    Richard Yung
    Sénateur représentant les Français établis hors de France
    Membre de la commission des finances / Secrétaire de la commission des affaires européennes
    Président du group d'amitié France-Madagascar et pays de l'Océan indien

    Palais du Luxembourg - 75291 PARIS Cedex 06
    Tél : 01 42 34 34 07 - Fax : 09 72 12 55 81
    http://www.richardyung.fr/


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  • La citation du jour

    "Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité." (Gandhi)

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      Madagascar

     

    LE ZEBU EN ELEVAGE CONTEMPLATIF

     

    Animal symbolique de Madagascar avec sa grande taille, ses cornes recourbées et sa bosse, le zébu est considéré comme l’incarnation de la force, de la puissance, et de la richesse. L’expression qui dit » fort comme un bœuf » illustre à merveille l’image qu’on s fait de lui.

    De tout temps, le zébu est pour ainsi dire le coffre-fort des populations rurales et ceux qui peuvent amasser une certaine somme investissent dans l’acquisition de ces animaux sous les yeux admiratifs des  voisins. Il existe une hiérarchie, en effet, dans la nature des biens dans le monde rural comme l’a si bien rappelé e roi Andrianampoinimerina qui a déclaré : « si vous voulez bâtir votre fortune, commencez par  élever des poulets, ensuite des moutons car en les revendant, vous pourrez vous procurer un bœuf ».

    Malgré les progrès enregistrés dans divers domaines, la population dans u, pays comme Madagascar où le nombre des illettrés est élevé, n’est encore près de se familiariser avec le système bancaire et on peut même dire qu’elle en a peur. Et on la comprend ; il y a tellement de paperasses compliquées qu’elle a choisi de garder ses richesses sous ses yeux, en plaçant son argent dans l’acquisition de zébus.

    La grande satisfaction d’un éleveur est de regarder ses bêtes sortir du parc pour être conduits dans un pré chaque matin et de les voir, sur fond de soleil couchant, rentrer au village tous les soirs. C’est un genre d’élevage assez contraignant car il exige la présence d’un ou de plusieurs gardiens qui passent toute  la journée en plein air, par tous les temps, pour surveiller les mouvements des bêtes.

    Ce qui étonne  les étrangers, à la vue de ces immenses troupeaux, c’est de savoir que ces animaux ne sont pas automatiquement destinés à approvisionner les boucheries car leurs propriétaires ne veulent pas s’ne séparer ou s’ils le font, c’est à contrecœur  ou dans les cas de force majeure, quand ils ont un, besoin urgent d’argent liquide. Cet élevage que beaucoup d’économistes qualifient de contemplatif depuis des années est toujours en vigueur et il semble que la mentalité de la population n’ait toujours pas changé. Ce que les observateurs ne comprennent pas, c’est l’existence  d’une sorte de lien affectif entre l’homme et ses richesses ambulantes, à tel point que lorsque l’une des bêtes venait à mourir ou parte à la vente, le propriétaire est profondément affligé.

     

    LES ZEBUS ET LEUR « MITANARIVO »

     C’est en observant les mouvements d’un troupeau de zébus dans un espace donné qu’on constate l’existence d’une hiérarchie dans le groupe, une hiérarchie observée par les bêtes et dans laquelle l’homme n’intervient pas car il n’a sur elle aucune emprise.

    Dans certaines régions de Madagascar, surtout dans le Sud et dans l’Ouest, les zébus sont en liberté dans de vastes espaces couverts d’herbes, et là-bas, un troupeau est formé, non par une dizaine mais par des centaines de têtes, réunies dans un même endroit car il ne peut, en effet, y avoir de hangars assez larges pour le contenir toutes. Alors, avec le ciel  au dessus d’eux, le jour et fla nuit, ces animaux profitent de l’herbe que la nature leur fournit pour se développer, sans attendre qu’on leur apporte des compléments alimentaires comme c’est le cas pour ceux qui sont parqués.

    En vivant ainsi ensemble, les zébus créent entre eux une hiérarchie, en adoptant  un meneur, qui est généralement le plus grand et l plus fort, sur qui le reste du troupeau prend exemple. On constate, en effet, au moment du retour du troupeau au bercail ou durant sa présence dans le pacage, que les animaux suivent toujours un chef qui est toujours le plus grand d’entre eux, marchent sur ses traces partout où il le conduit. Il suffit alors aux gardiens de ne pas perdre de vue ce meneur dont chaque mouvement est imité par ses pairs et de le ramener dans le bon endroit.

    C’est ce meneur qu’on désigne sous le nom de « mitanarivo », c'est-à-dire qui a beaucoup de bêtes sous son commandement e ce dernier joue effectivement son rôle à merveille. C’est lui qui conduit ses pairs vers les meilleurs endroits, là où il y a de l’herbe en abondance, et c’est lui qui pousse, le premier, de grands beuglements quand une situation nouvelle se produit.

    Faisant entièrement confiance à ces « mitanarivo », les propriétaires peuvent se permettre de ne pas surveiller constamment leurs immenses troupeaux, se contentant de venir les voir de temps en temps pour les compter et pour observer leur état de santé.

    Cette existence d’une hiérarchie au sein d’un troupeau de zébus est bien connue des voleurs qui l’exploitent pour mettre facilement la main sur les bêtes. En effet, il leur suffit de repérer le zébu de tête, le « mitanarivo » et de s’en emparer, car ils savent que les autres bêtes vont le suivre spontanément, sans qu’on ait besoin de les rassembler. En imprimant à ce zébu de tête une allure forcenée, les voleurs parviennent à faire avancer le troupeau entier qui court littéralement derrière son chef, jusqu’à épuisement. C’est la raison pour laquelle les poursuivants ont beaucoup de mal à rattraper ces hommes et ces bêtes qui peuvent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en une seule nuit. Pendant cette course effrénée, le troupeau ne perd pas de vue son meneur et observe une grande discipline autour de lui, jusqu’au moment où les nouveaux propriétaires séparent les bêtes et les dispersent. Cependant, une fois réintégrés dans un nouveau troupeau, les zébus retrouvent cet instinct grégaire et se rangent automatiquement derrière un nouveau « mitanarivo »


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  • La citation du jour

    Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaurès

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     Brèves de Madagascar

     COURS ALIMENTAIRES MONDIAUX

     

    La Banque Mondiale a publié, le 15 août, son rapport trimestriel sur la situation des prix alimentaires mondiaux intitulé « Food price watch ». Elle y indique que ces derniers sont, en juillet 2011, 33 % plus élevés qu’’n juillet 2010. Même si ces prix ont subi un léger recul de 5 %, entre avril et juillet, par rapport au pic connu en février 2011, leur niveau reste supérieur de 33 % à celui de 2010 à la même période. Le rapport appelle à la vigilance particulière compte tenu de la faiblesse des stocks et de « l’instabilité attendue des cours du sucre, du riz et des produits pétroliers ». Pour le président de la Banque Mondiale, robert Zoellick, « plus que tout autre région du Monde, la Corne de l’Afrique est victime d’un mélange particulièrement délètère entre des prix alimentaires élevés, la pauvreté et l’instabilité ». Le rapport indique que le niveau des prix alimentaires en Somalie a dépassé les records atteints en 2008 et que les prix du sorgho rouge et du maïs blanc, les deux principales productions locales, ont respectivement augmenté de 240 % et de 154 % depuis octobre 2010. Selon la Banque mondiale, depuis trois mois, la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique « qui menace la vie et les moyens de subsistance de 12 millions de personnes aurait provoqué la mort de 29 000 enfants de moins de cinq ans en Somalie et plongé dans  une situation précaire 600 000 enfants de la région ».

    LORELAI

    THE TIMES OF MADAGASCAR

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     LE BAC EST UN PARCOURS DU COMBATTANT

     L’après bac demeure un vrai casse-tête pour les nouveaux bacheliers. Acquérir le baccalauréat apparaît  comme un parcours de combattant. Mais trouver sa voie et choisir la bonne après est une autre paire de manches.

    Tojo, âgé de 17 ans a ainsi passé des jours à réfléchir sur la filière qui lui va le mieux. Ayant obtenu le diplôme de baccalauréat série C, il a du mal à trouver ce qu’il fera. « J’hésite entre aller dans une université privée et celle d’Ankatso. Chacune a ses avantages et inconvénients. Pour ne citer que le coût des études dans les écoles privées. L’université coûte moins chère et délivre des diplômes reconnus. En plus, je peux bénéficier d’une allocation de bourse chaque mois. Mais ce qui m’inquiète, c’est la vie estudiantine. Face à la situation actuelle de Madagascar, les grèves seront sûrement encore au rendez vous pour la nouvelle année scolaire ».

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     FAIRE FACE  AUX NTIC

     Titulaire d’un diplôme de baccalauréat série C, il veut s’inscrire dans l’université de Fianarantsoa où il va passer des concours d’entrée. Il souhaite devenir un génie de l’informatique et entrer totalement dans le monde des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Tojo peut aussi tenter sa chance auprès de l’Ecole supérieure polytechnique de Vontovorona vu qu’il est fort en math-physique. Ces deux grandes écoles sont les seules qui forment des ingénieurs dans les établissements supérieurs publics.

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     DES ECOLES PRIVEES

     Des établissements supérieurs privés tels que l’ISPM Antsobolo offrent de même des formations variées, selon les tendances actuelles. Tojo pourrait aussi y accéder n devenant par la suite un ingénieur dans cette seule école polytechnique de Madagascar. D’où ces établissements privés constituent un tremplin de l’après bac, vue que seuls  25 % des bacheliers sont reçus dans les universités publiques. Mais les bacheliers doivent se pencher sur les problèmes d’homologation et d’agrément. Un autre souci majeur des bacheliers est la reconnaissance du diplôme. Seul 22 sur les 400 établissements supérieurs privés sont homologués par le ministère de l’Education Nationale.

    Fara Nohasoavina


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  • DISCOURS de S.E. Monsieur Jean Marc CHATAIGNER

    Ambassadeur de France à Madagascar

    A l’occasion du 14 Juillet 2011

     

     

    Tompokolahy, Tompokovavy,

    Ry namana Malagasy, ry namana  Frantsay,

    Voninahitra ho an’ny firenena frantrsay, ny mandray anareo indray eto amin’ny Résidence de France.

    Mino aho fa tsy ho farany.

    Tsy mbola miteny Malagasy tsara aho noho izany bedy ka tsy mahazo miala eto raha tsy mahay miteny tsara be.

    Manantena fiaraha miasa aminareo ahafahako  mahalala ny Malagasy sy ny tontolony.

    Miala tsiny raha mety mandratra ny sasany ny fiteniko.

    Mes amis et compatriotes français auront peut être compris dans ces quelques mots que je viens de prononcer toutes les excuses que je formule pour ne pas parler encore correctement la langue malgache. J’ai même précisé que mes autorités m’avaient déjà indiqué qu’elles ne me laisseraient pas quitter la grande île tant que je ne ferai pas de plus grands progrès en la matière… Vous comprendrez donc que je suis un fervent partisan et adepte personnel d’une sortie de crise rapide pour avoir enfin le temps d’étudier et d’apprendre le malgache ! Même si vous pouvez aussi imaginer que rester Ambassadeur de France à Madagascar jusqu’à ma retraite ne serait pas une pénitence déplaisante…

    Permettez -moi de commencer ce discours en rendant tout d’abord hommage à tous les militaires français qui sont engagés sur les théâtres d’opérations  extérieures en Afghanistan,  en Lybie ou ceux qui ont appuyé le processus démocratique en Côte d’Ivoire. Partout, dans tous ces pays, dans le cadre de résolutions internationales, nos militaires se battent- pour défendre nos valeurs, pour permettre aux peuples de conquérir leurs libertés. Je pense à ces soldats français, aussi à leurs familles, à ceux qui risquent chaque jour leur vie, avec nos alliés, pour faire reculer l’obscurantisme, le visage barbare de l’oppression et la dictature. Ces combats d’aujourd’hui font écho à ceux conduits hier par nos anciens pour que nous puissions vivre dans un monde plus libre. Je voudrais rendre encore une fois hommage à tous les anciens combattants malgache qui ont servi dans l’armée française et défendu à nos côtés les principes fondamentaux de la République.

    Ici comme ailleurs, les sociétés bougent. Les révolutions du monde arabe ont été un bouleversement inattendu et singulier. Qui aurait pu dire il y a quelques mois que l’immolation d’un jeune vendeur de fruits et légumes tunisien ébranlerait ainsi les bastilles d’autant de régime tyranniques et népotiques ? Qui aurait- prédit que le sacrifice de Mohammed Bouazizi le 17 décembre 2010 aurait autant de conséquences géopolitiques ? A l’instar des mouvements populaires qui ont abouti il y a une vingtaine d’années à la chute du mur de Berlin et des régimes totalitaires d’Europe de l’Est, ces révolutions constituent un formidable motif d’espoir pour tous ceux qui croient dans le progrès humain et les vertus de la démocratie.

    Des changements importants ont affecté positivement l’Afrique ces derniers mois :

    -l’organisation pacifique d’un référendum incontesté au Soudan du sud qui vient de déboucher sur l’indépendance de ce nouvel Etat, la naissance du cinquante quatrième Etat africain.

    -la tenue d’élections libres et internationalement reconnues au Niger et en Guinée qui ont permis à ces deux pays de rejoindre à nouveau le concert des nations.

    -l’accession au pouvoir en Côte d’Ivoire du Président démocratiquement élu par le peuple ivoirien, Alassane Ouattara.

    Bien sûr, et le Président Nicolas Sarkozy l’avait d’ailleurs souligné dans son discours au sommet de l’Union africaine le 30 janvier dernier, tout est loin d’être parfait … De nombreux problèmes subsistent comme la persistance de conflits armés aux conséquences humanitaires toujours tragiques, le terrorisme au Sahel, j’aurai une pensée émue et solidaire pour les quatre otages français qui restent détenus par Aqmi, après l’heureuse libération de trois otages le 25 février 2011 dont le citoyen malgache Jean Claude Rakotoarilala. La piraterie en Somalie est une menace permanente à laquelle, nous Etats riverains de l’Océan indien, devons conjointement faire face. Le combat pour la gouvernance démocratique doit se poursuivre dans le respect des aspirations  des peuples et des droits humains.

    Dans le cadre de sa Présidence du G8  et du G 20, la France a inlassablement plaidé la cause de l’Afrique et des pays les moins avancés. Notre monde ne pourra pas être équitable et juste tant que nous n’aurons pas éradiqué les maladies endémiques du millénaire passé, tant que nous n’aurons pas offert aux enfants de tous les pays la possibilité  d’un accès égal à l’éducation et au savoir, tant que nous n’aurons pas fait reculer la pauvreté extrême, tant que la faim et la sous-alimentation resteront des fléaux… Les incroyables inégalités de richesse d’aujourd’hui, entre les pays riches et les pays pauvres, mais aussi parfois dans les pays eux-mêmes, dans la Grande Ile comme ailleurs, sont éthiquement insupportables. Elles sont aussi à l’origine inéluctable de nouvelles instabilités et à la naissance des extrémismes de demain. Elles ne sont pas acceptables ni d’un point de vue moral, ni de celui de nos intérêts nationaux. A ce titre, la France se bat sans relâche pour la mise en place de novelle ressources et de financements innovants pour le développement. Pour ne prendre qu’un exemple, la taxe sur les billets d’ »avion, mise en place sous impulsion française, a rapporté depuis sa création en 2006 près de 2 milliards de dollars. Cet argent permet par le biais d’Unitaid de financer des opérations contre le sida, le paludisme et la tuberculose, notamment à Madagascar.
    J’ai évoqué au début de mon intervention la crise politique malgache que traverse votre pays depuis décembre 2008 et la nécessité impérative d’en sortir. Je voudrais maintenant, si vous m’y autorisez, y revenir. Vous trouverez peut être sur ce point que je me répète par rapport aux années passées. Mais je connais votre indulgence ! Je suis têtu, comme tous les Normands, et je ne change pas d’avis, comme tous les gens de conviction, sans raison. Des amis malgaches m’ont d’ailleurs dit que les Normands ne sont pas très éloignés sur ce point du caractère des Malgaches…

     Je vous avoue que j’ai connu depuis mon arrivée à Madagascar des moments difficiles, d’incompréhension, de solitude, quant notamment les positions de mon pays sur la nécessité d’une sortie de crise démocratique ont été grossièrement déformées et caricaturées. J’ai ressenti des instants d’intense frustration lorsque les solutions politiques semblaient à portée de main et qu’un esprit malin paraissait prendre plaisir à les éloigner au dernier moment, comme s’il ne voulait pas que Madagascar puisse vivre et redécoller. J’ai eu mal en discutant avec des amis des cadres d’entreprise et des classes moyennes quant j’ai vu leurs espoirs d’ascension sociale se dissiper, quand j’ai découvert également dans mes visites dans les quartiers les plus pauvres le dénuement et la détresse des plus vulnérables, encore plus affectés par les conséquences économiques set sociales de la crise. Pourtant, je ne crois pas avoir perdu ma foi, mon énergie, ma conviction la plus profonde que les choses pouvaient changer, s’améliorer, aller dans le bon sens. Cet espoir, je le fonde sur la capacité  du peuple malgache à s’adapter, à faire valoir ses vues, à refuser l’affrontement et les perspectives belliqueuses.

     Un cap est aujourd’hui fixé pour la sortie de crise : la feuille de route négociée par l’ensemble des acteurs politiques malgaches et appuyée par le Président Joachim Chissano et la médiation de la SADC. Je sais que cette feuille de route n’est pas parfaite. Elle a déjà été âprement débattue entre les parties prenantes. Elle a encore été amendée par les chefs d’Etat de la SADC le mois dernier. D’aucun prétendront qu’il y a encore matière à amélioration dans cette feuille de route, c’est peut être vrai, mais n’oublions jamais que le mieux est souvent l’ennemi du bien et que le mouvement peut et doit se prouver en marchant. Cette feuille de route amendée ouvre la voie vers la seule sortie de crise crédible et internationalement acceptable avec l’organisation d’élections libres, équitables et transparentes. J’engage les partie qui n’ont pas encore paraphé la feuille de’ route à le faire, en tenant compte de l’amendement proposé. Je n’ignore pas qu’à elles seules les élections ne font pas la démocratie. En même temps, je suis également certain d’une chose ; sans élections, il ne peut y avoir de démocratie ! Comme nous le rappelle l’article 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de  1789, « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ».

    J’appelle donc toutes les parties prenantes concernées, qu’elles soient nationales ou internationales, à appuyer l’organisation d’élections à Madagascar. La communauté internationale a un rôle décisif d’accompagnement de ces élections dans les prochains mois : il est important qu’elle soit présente et active, qu’elle n’abdique pas, comme elle a pu le faire dans le passé ses responsabilités, qu’elle veille à l’équité et l’impartialité de l’organisation d’élections, auxquelles le plus grand nombre d’électeurs doivent pouvoir s’inscrire et effectivement participer. Des candidats de tous les partis politiques et mouvances doivent pouvoir se présenter, en conformité avec les principes du droit national et international.

    L’enjeu politique et électoral est réel. Il ne doit cependant pas faire oublier la nécessité, aussi cruciale, de prendre à bras le corps, dès à présent, un certain nombre de problèmes clés qui ont limité et ralenti le développement de Madagascar ces quatre dernières années. Il faut naturellement travailler à la réconciliation nationale. Les blessures des crises antérieures ne sont pas toutes soignées et cicatrisées. Il ne faut pas oublier celle et ceux qui ont été les victimes et l’objet de mesures injustes de persécution et d’ostracisme politique entre 2002 et 2009.La définition des conditions de l’amnistie est une première étape indispensable de cette logique d’apaisement et de reconstruction. La liberté de la presse, qui est d’ailleurs une réalité dans votre pays, la liberté de presse, même quand elle déplaît, doit rester un principe démocratique absolu.

    Les questions de gouvernance économique et de lutte contre toute forme de corruption ne doivent pas être négligées. Comme beaucoup, je mesure les conséquences de la déstructuration du tissu économique et social de Madagascar, les risques d’une dégradation du climat sécuritaire. Il faut que l’intérêt national, celui de votre pays prenne le dessus, au-delà des convoitises de certains acteurs privés. Les mêmes règles juridiques et judiciaires doivent s’appliquer pour tous. Nul ne peut prétendre agir au dessus des lois ou s’en exempter. Les intérêts personnels et claniques ne doivent pas prendre la pas sur l’intérêt général. Il en va de la survie des grandes sociétés nationales, indispensables pour votre économie et votre avenir, mais aussi de tout le réseau des petites et moyennes entreprises. Tous les chefs d’entreprise que je rencontre attendent des signes forts d’assainissement du climat des affaires.

    La France est toujours restée aux côtés de Madagascar dans les moments de stabilité comme dans les moments de crise, sans chercher à donner de leçons ou à juger. Notre histoire commune a parfois été difficile, faite, durant la colonisation, comme l’a si bien écrit le père Vincent Carme dans son livre « Au service des plus pauvres », « d’ombre, d’injustice et de sang versé », mais elle a aussi construit, j’en suis convaincu, les valeurs profondes et droites d’un respect fraternel et d’un rejet viscéral de toute forme d’idéologie coloniale ou de supériorité de telle ou telle civilisation. Notre voisinage géographique et notre appartenance à une même organisation régionale, la Commission de l’Océan Indien, nous font prendre conscience des enjeux auxquels nous devons faire face ensemble. J’évoquais tout à l’heure la piraterie, mais il y a bien d’autres sujets comme la construction de filières économiques intégrées ou la gestion de nos patrimoines communs comme les ressources halieutiques. Nos liens humains sont trop forts pour pouvoir être cassés. Ils se renforcent même grâce à l’apport exceptionnel de collectivités décentralisées françaises, qui, au-delà de touts les vicissitudes politiques, poursuivent une action exemplaire et pragmatique de terrain.

    Je voudrais maintenant m’adresser à tous mes compatriotes installés à Madagascar, quelle que soit leur histoire. Depuis mon arrivée, je me suis efforcé d’aller à votre rencontre à Tananarive bien sûr, mais aussi à Antsirabe, à Tamatave, à Diégo Suarez, à Fort Dauphin, à Majunga, à Manakara, à Tuléar, à Fianarantsoa, à Moramanga, à Nosy Be, à Sainte marie, à Ambositra, à Ampefy et dans bien d’autres lieux encore.

    J’ai essayé de vous écouter, de comprendre vos problèmes, de mieux saisir grâce à vous les mentalités, la culture, l’esprit de notre peuple hôte. J’ai eu l’occasion à chaque fois de découvrir des parcours personnels et professionnels souvent exceptionnels et uniques, des sacrifices réels, quelques échecs, mais aussi de grandes réussites, un attachement irrépressible pour cette terre et ses habitants, dont vous savez partager avec toute la patience nécessaire les joies et les souffrances. Enfants de la République, vous être parfois nés dans ce magnifique pays, parfois présents depuis plusieurs générations, parfois originaires d’autres contrées, installés dans la durée, ayant investi toutes vos économies et vos énergies pour participer au développement économique de la nation. Vous êtes parfois tombés amoureux des Malgaches au sens le plus littéral du terme et avez établi les liens affectifs et familiaux les plus forts. Ou bien vous n’êtes ci que de passage pour quelques mois ou années, au service le  plus souvent des autres : enseignants, volontaires internationaux, assistants techniques, chercheurs de renommée international, fonctionnaires… Contrairement à ce que certains prétendent, il n’y a pas, il n’y a jamais eu, il n’y aura jamais différentes catégories de Français.

    Je m’incline devant vous tous, avec sincérité, car vous participez à une très belle aventure humaine. Vous concourez à l’enrichissement spirituel et intellectuel de nos deux pays. Vous fondez le métissage des valeurs françaises et malgaches pour un développement bénéfique commun, pour ce que j’appellerais « le mieux collectif ». Je pense en particulier à tous mes concitoyens franco-malgaches installée à Madagascar ou en France. N’ayez pas peur de vos racines. Revendiquez les ici et là-bas. Unissez toutes les qualités françaises et malgaches, laissez de côté nos menus défauts respectifs, ne conservez que nos qualités et vous constituerez un instrument d’action et de rayonnement pour nos deux pays, au service des plus belles valeurs de la République universelle.

    Je ne peux malheureusement pas passer sous silence certaines affaires de pédophilie et de tourisme sexuel qui ont récemment défrayé la chronique. Ces actes ne concernent pas exclusivement des citoyens français, loin de là, mais il y a certains comportements qui ne supportent aucune excuse. Tolérance zéro si la loi est effectivement enfreinte. Comme me l’a déclaré un compatriote rencontré à Mahajanga, et je le cite « la liberté ne doit jamais exclure le respect ». Les autorités judiciaires malgaches doivent savoir qu’elles peuvent compter sur la pleine coopération de mes services pour enrayer le développement de tels actes et éviter toute impunité en la matière. Je connais et je salue l’engagement personnel de Mme la Garde des Sceaux sur ce sujet.

    Je désirerais enfin faire devant vous une mise au point la plus nette possible sur deux dossier concernant la présence française à Madagascar. Ceux-ci ont été en effet été à la source de mauvaises interprétations :

    -Le Ministère français des Affaires étrangères conduit bien une réflexion sur l’évolution de notre réseau consulaire à Madagascar, sur la façon notamment d’améliorer le service rendu aux usagers, avec un renforcement des tournées consulaires et des moyens octroyés à nos consuls honoraires. Mais il n’est pas question, comme j’ai pu le lire à certaines occasions, de fermer dans l’immédiat les chancelleries détachées de Mahajanga, Diégo Suarez et Tamatave. Nous avons entamé dans cet esprit une concertation avec les représentants des français élus de l’Etranger. S’il y a évolution, elle ne se fera que progressivement et ne commencera pas en tout état de cause avant les échéances électorales français de 2012. Cette évolution tiendra naturellement compte de vos besoins, de toutes les contraintes existantes et des évolutions technologiques.

    -L’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger (AEFE) a dû aussi conduire, sous la pression de sévères réalités budgétaires et de contraintes en matière de ressources humaines, un travail d’adaptation de notre réseau scolaire à Madagascar. Des décisions drastiques ont dû être prises, peut être pas suffisamment concertées et anticipées, je l’ai déjà reconnu, mais avec, je peux également en témoigner, un véritable souci d’accompagnement de toutes les familles concernées. Je veux vous dire avec la plus grande franchise que la politique de l’AEFE ne vise en aucun cas la démolition de notre système scolaire français à Madagascar, mais au contraire son renforcement, avec un investissement de plusieurs millions d’euros pour l’agrandissement des capacités du Lycée français de Tananarive, des moyens significatifs pour la consolidation de nos établissements secondaires en province, la recherche de statuts adaptés et moins onéreux pour certaines de nos écoles primaires. Les contraintes de baisse d’effectif ont rendu quelques évolutions inévitables, comme la fermeture programmée à la rentrée 2012 de la section lycéenne de Fianarantsoa, mais je peux vous assurer que nous feront tout notre possible pour que de telles situations ne se généralisent pas. Tous mes interlocuteurs dans ce dossier connaissent ma disponibilité à la poursuite du dialogue et la concertation avec toutes les parties prenantes, en relation avec l’AEFE et mes autorités de tutelle.

    Pour conclure mon intervention, je voudrais profiter de cette occasion solennelle pour vous informer que l’Ambassade de France à Madagascar vient de complètement refondre son site Internet et de créer des comptes Twitter et Facebook, auxquels les internautes peuvent aisément accéder. Nous y attendons donc beaucoup de nouveaux amis !

    Vive la France ! Vive Madagascar ! Vive la coopération franco-malgache !


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