• La citation du jour / Flash-back : Débat sur l’identité nationale (7ème partie) Assemblée nationale

    La citation du jour

     "Une chemin de mille lieux commence par un seul pas...et n'est rien d'autre qu'une suite de pas" (proverbe chinois)

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    Flash-back : Débat sur l’identité nationale (7ème partie)

    Assemblée nationale

    Présidence de Mme Danielle Bousquet,
    vice-présidente

     

    Mme la présidente. La parole est à M. Dominique Souchet.

    Mes chers collègues, merci de bien vouloir respecter vos temps de parole.

    M. Dominique Souchet. Monsieur le ministre, mes chers collègues, ce débat est une excellente initiative. Il nous offre une rare occasion d’échapper à la tyrannie de l’instant pour nous soucier de l’essentiel, les fondements de notre unité nationale, en dresser un état des lieux et examiner comment les consolider.

    M. Éric Raoult. Très bien!

    M. Dominique Souchet. J’appartiens à une région qui a été agressée puis martyrisée par un gouvernement français terroriste, qui a écrit là une des pages les plus noires de notre histoire. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe SRC.) Et pourtant, le hiatus qui aurait dû se creuser ne s’est pas creusé. Les « colonnes infernales » n’ont pas débouché sur la constitution d’une mémoire locale opposée à la mémoire nationale. Au contraire, cette mémoire locale n’aspire qu’à devenir un chapitre reconnu et assumé de l’histoire nationale.

    C’est la force de l’appartenance à un héritage millénaire qui l’a emporté sur la trahison momentanée de ses valeurs fondatrices. Le choix de l’appartenance à la communauté nationale, bien qu’elle ait revêtu un temps le visage hideux de la Terreur (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe SRC), a été préféré à la tentation autonomiste. Mieux même, c’est le département vengé qui donnera à la France Clemenceau et de Lattre, et le plus grand nombre de tués par habitants pendant la Première Guerre mondiale.

    Cet attachement chèrement acquis à l’identité nationale, nous ne pouvons accepter d’en voir aujourd’hui l’objet caricaturé ou tourné en dérision, assimilé de manière irresponsable à une intolérance culturelle ou à une xénophobie d’État. Face à ces menaces, l’identité nationale reste pour nous un combat, qui doit s’ordonner aujourd’hui autour de trois priorités: un combat contre le délitement de la langue commune, un combat contre l’oubli de l’histoire nationale, un combat contre l’abandon du modèle de l’assimilation à la française.

    Face au laisser-aller linguistique, nous devons être aussi vigilants que nos cousins québécois.

    M. Daniel Fasquelle. Très bien!

    M. Dominique Souchet. Nous devons rappeler à l’école que la parfaite maîtrise de la langue commune est le premier de ses devoirs, parce que c’est cette maîtrise qui permet à chacun de tenir son rôle dans la société.

    M. Henri Plagnol. Il a raison!

    M. Dominique Souchet. Nous devons tous veiller à ce que le français ne perde pas ses vertus de précision, de justesse, de rigueur qui ont longtemps fait de lui la langue préférée des diplomates. Nous ne devons pas le laisser s’effacer au profit d’une langue globale, unique et pauvre.

    M. André Schneider. Très bien!

    M. Dominique Souchet. Le combat pour l’identité nationale nous fixe un véritable devoir de résistance linguistique.

    Dans l’ordre des urgences, la fourniture des repères historiques communs vient aussitôt après l’apprentissage de la langue commune. Il faut donner très tôt à nos enfants les clés de compréhension de leur environnement culturel et le sens de la profondeur historique sans la rétrécir. Il faut leur transmettre la longue mémoire de leur pays, qui leur resterait totalement incompréhensible s’ils n’étaient pas tous initiés à la colonisation romaine ou à l’histoire du christianisme.

    Il faut dire et redire le récit de notre pays pour le faire aimer, au lieu de laisser s’installer l’amnésie de l’histoire nationale. Il faut le faire en utilisant tous les vecteurs que nous offre la technologie et en multipliant les instruments de transmission novateurs. C’est l’appartenance assumée à une histoire commune, avec ses ombres et ses lumières, ses lâchetés et ses héroïsmes, qui permet à chaque Français de se construire et de s’avancer vers l’avenir avec confiance.

    Cela suppose de ne pas se laisser intimider par une idéologie de la repentance qui, en sortant artificiellement les événements de leur contexte historique, entend sidérer le jugement au lieu de l’aider à se former.

    M. Daniel Fasquelle. Très bien!

    M. Dominique Souchet. La fierté d’être français, de parler une langue universelle, d’assumer une grande histoire et de vouloir la poursuivre, ce qui implique évidemment de ne pas brader sa souveraineté, c’est ce qui met à l’abri de toutes les tentations de repli et permet l’accroissement de la communauté nationale.

    Pour que nous puissions maintenir une conception de la nation ouverte aux apports extérieurs, il faut que ceux-ci constituent une source d’enrichissement et non de remise en cause des principes qui la fondent. Cela suppose que l’on se tienne à l’écart des idéologies de la haine de soi. Cela implique de ne pas renoncer à l’assimilation à la française: c’est la meilleure voie que l’on ait trouvé jusqu’ici pour prévenir la communautarisation ou l’atomisation de notre société, pour éviter que la France ne devienne, selon l’expression du philosophe, « l’interaction chaotique de subjectivités multiples ».

    Fernand Braudel nous a indiqué par avance à quelles conditions le débat que nous ouvrons pourra être fécond: « Une nation ne peut être qu’au prix de se chercher elle-même sans fin, de se transformer dans le sens de son évolution logique. »

    Mme la présidente. Merci de conclure, mon cher collègue.

    M. Dominique Souchet. J’en termine, madame la présidente.

    Ce débat, qui va se poursuivre dans nos départements, ne sera fécond que s’il ne reste pas un événement ponctuel. Il doit s’inscrire dans la durée et permettre de déboucher sur les propositions concrètes dont la France et les Français ont besoin: la France pour retrouver pleinement son rayonnement international et les Français pour reprendre pleinement confiance dans l’avenir de leur pays. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP.)


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