• La citation du jour / Flash-back : Débat sur l’identité nationale (2ème partie) Assemblée nationale

    La citation du jour

     La phrase de l'année, dite par le prix Nobel de médecine, l'oncologue brésilien Drauzilio Varella : « Dans le monde actuel nous investissons cinq fois plus d’argent, en médicaments pour la virilité masculine et le silicone pour les seins des femmes, que pour la guérison de la maladie d’Alzheimer. »

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    Flash-back : Débat sur l’identité nationale (2ème partie)

    Assemblée nationale

    M. le président. La parole est à M. Éric Besson, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.

    M. Frédéric Cuvillier. Les charters! La « jungle »!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire. Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, je tiens tout d’abord à remercier l’Assemblée nationale d’avoir donné suite à l’initiative du groupe UMP et de son président, et d’avoir inscrit à son ordre du jour ce débat sur l’identité nationale.

    Cette initiative reprend l’un des engagements pris par le Président de la République devant les Français lors de la campagne présidentielle, ainsi que la demande inscrite dans la lettre de mission qu’il m’a adressée, avec le Premier ministre, le 31 mars dernier.

    En effet, non seulement l’Assemblée nationale a toute sa place dans ce débat, mais elle en est même, historiquement, la matrice. C’est bien la première assemblée nationale, instituée par les députés du tiers état le 17 juin1789, qui a transféré la souveraineté du roi à la nation. C’est bien cette assemblée qui, après le serment du Jeu de paume, a aboli la féodalité, adopté la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et proclamé la première constitution démocratique de notre nation.

    L’Assemblée nationale a toujours été, et doit rester au centre du débat sur l’identité de notre nation. Ce débat sur l’identité nationale est ancien et permanent; l’État y a toujours joué un rôle central. La plupart des nations du monde se sont progressivement dotées d’États. En France, au contraire, l’État a précédé et construit la nation. C’est lui qui oblige à utiliser la langue française dès l’ordonnance de Villers-Cotterêts en1539. C’est lui qui impose la conscription dès1793. C’est lui qui généralise l’école gratuite et obligatoire, avec les lois Ferry de1881 et1882. C’est lui qui prescrit la séparation de l’Église et de l’État avec la loi de1905. Et c’est vers lui que se tournent nos concitoyens face à chacune des grandes crises – économique, financière, sociale, environnementale ou sanitaire‚– que traverse notre pays.

    L’État a fait de la nation l’échelon fondamental d’exercice des solidarités. En France, l’État a toujours été créateur de nation. En organisant un grand débat sur l’identité nationale, il est donc fidèle à sa vocation.

    Notre nation n’est ni un hasard de la nature ni une statue figée; elle est une construction permanente, le produit d’un volontarisme incessant.

    À tous ceux qui contestent le principe de ce débat, je répondrai en citant Fernand Braudel: « Le thème de l’identité française s’impose à tout le monde, qu’on soit de gauche, de droite ou du centre, de l’extrême gauche ou de l’extrême droite. C’est un problème qui se pose à tous les Français. »

    Notre nation n’a pas toujours été une et indivisible. Elle n’a été maintenue unie que par les efforts renouvelés de l’État. « La France est divisible. La France, ce sont des France différentes qui ont été cousues ensemble » écrivait encore Braudel. Michelet disait: « C’est la France française, c’est-à-dire la France autour de Paris, qui a fini par s’imposer aux différentes France qui, aujourd’hui, constituent l’espace de l’Hexagone. » C’est parce que nous devons préserver l’unité de notre nation, la raffermir, que le débat sur l’identité nationale est utile.

    L’identité nationale ne se décrète pas. Raison de plus pour associer à la réflexion sur ses valeurs toutes les forces vives, tous nos concitoyens!

    L’identité nationale est évolutive. Raison de plus pour prendre la mesure de cette évolution, pour esquisser ensemble les scénarii possibles et surtout les scénarii souhaitables.

    L’identité nationale est un projet autant qu’un héritage. « Qu’est-ce que la France? » s’interrogeait Victor Hugo. Il répondait: « Un passé qui éclaire l’avenir ».

    Le débat sur l’identité nationale doit être cela: un passé, des valeurs qui éclairent l’avenir et doivent nous permettre de définir un projet commun. Le débat débouchera sur des propositions. J’en formulerai moi-même dans quelques instants, que j’ai déjà eu l’occasion de présenter il y a quelques semaines. D’autres feront des propositions et, après l’arbitrage du Président de la République et du Premier Ministre, elles deviendront des décisions. Certaines vous seront proposées.

    Mais ce débat a une vertu en lui-même. Il a la vertu de l’échange, du dialogue, du diagnostic.

    M. Marcel Rogemont. Vous préparez les régionales!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. C’est sans doute pour cela que le peuple s’en est saisi avec passion.

    Ce débat est indispensable si nous voulons anticiper les conséquences de la mondialisation, nous adapter pour préserver un modèle de cohésion sociale fondé sur une compétitivité économique qu’il nous faut renforcer et d’une protection sociale qu’il nous faut toujours préserver et aménager. Convenons que ces enjeux suscitent, chez certains de nos concitoyens, des interrogations, des doutes, des craintes, parfois des crispations.

    Un peuple qui a inventé les « services publics à la française » (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR) et revendique son « exception culturelle »…

    M. Marcel Rogemont. Envoyez-nous votre discours par La Poste!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. …est fondé à s’interroger sur sa capacité à préserver son mode de vie dans un monde chaque jour plus compétitif, plus globalisé. Il nous appartient donc de répondre à ces doutes, d’y apporter des réponses à la fois modernes et républicaines. Nos concitoyens attendent du politique à la fois une protection et des moyens d’émancipation. Rassurer, protéger est un préalable indispensable à la réforme, à la modernisation. Nos concitoyens attendent du politique qu’il dessine les contours d’une solidarité moderne face aux forces centrifuges.

    M. Christian Eckert. C’est beau!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Ils attendent que le politique propose un point d’équilibre où l’émancipation individuelle ne consacre pas le culte de l’individualisme, où les appartenances multiples soient hiérarchisées et repoussent le spectre du communautarisme.

    M. Alain Néri. En matière de cartes multiples, vous êtes un spécialiste!

    M. Marcel Rogemont. Ils attendent des politiques qu’ils ne changent pas d’avis comme de chemise!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. On me dit que tout débat, toute libération de la parole comporte sa part de risque. C’est dans doute vrai, même si le risque est ici bien maîtrisé.

    Mais je suis surpris par le peu de foi dans la République, le peu de foi dans la démocratie (Exclamations sur les bancs du groupe SRC), le peu de foi dans le peuple de ceux qui prétendent qu’il est dangereux de poser des questions à nos concitoyens parce qu’ils pourraient apporter des réponses qui ne seraient pas celles souhaitées. ( « Pas vous! » sur les bancs du groupe SRC.)

    M. Roland Muzeau. Vous avez déjà pris les décisions!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Pourquoi vous sentir visés? (Protestations sur les bancs du groupe SRC.)

    M. le président. Je vous en prie, mes chers collègues! Calmez-vous!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Que préfère-t-on? Le silence imposé? Le déni de réalité? Que veut-on? Qu’une partie du peuple, sporadiquement, affirme sa frustration comme un certain 21 avril ou qu’elle se saisisse d’un référendum sur un traité constitutionnel pour dire son scepticisme sur la construction européenne,…

    M. Roland Muzeau. Vous n’avez pas le droit: ils ont dit non au référendum, ils ne se sont pas trompés!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. … son attachement au cadre national et sa crainte de certains abandons de souveraineté?

    Écoutons le peuple! Entendons le peuple! N’ayons pas peur du peuple! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

    Par essence, un républicain n’a pas peur du peuple; il n’est jamais dans le déni de réalité; il croit aux vertus du dialogue, au règne de la raison. Aux doutes, aux angoisses du peuple, un républicain doit apporter des propositions, des solutions républicaines et ne rien éluder.

    Plusieurs députés du groupe SRC. N’importe quoi!

    M. Michel Françaix. Peut-on faire plus banal?

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Aujourd’hui, dans la France de 2009, un Républicain doit en particulier s’intéresser au lien entre immigration et intégration,…

    M. Michel Françaix. C’est creux!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. …entre immigration et identité nationale.

    M. Marcel Rogemont. L’identité nationale ne se confond pas avec la politique d’immigration!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. La France, par sa position géographique de carrefour européen, par son exposition méditerranéenne, par l’étendue et l’hospitalité de ses territoires,…

    M. Alain Néri. Vous avez perdu la boussole!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration … a toujours été une terre d’immigration, une nation fondée par un pouvoir centralisateur parce qu’elle ne repose ni sur la coopération entre régions, ni sur l’agglomération de communautés, ni sur des origines linguistiques et culturelles communes, ni sur l’ethnie, ni sur la race ou sur la religion.

    M. Marcel Rogemont. Puisque vous en parlez, il n’y a qu’une seule race!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Une nation de ce type doit donc développer une intelligence particulière pour maintenir son unité. Cet appel au dépassement des origines et au rassemblement autour de valeurs communes constitue, dès ses premiers souffles, et bien avant ses Lumières, l’universalisme de notre nation. La nation a été créée par l’État pour intégrer des populations d’origines différentes au sein d’une même communauté. Dire qu’immigration et identité nationale n’ont pas de lien est un contresens.

    M. Marcel Rogemont. Dire que c’est seulement le lien, c’est aussi un contresens!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. L’immigration se situe en réalité au cœur de notre identité nationale. Et l’intégration des immigrés est la vocation et l’histoire de notre nation. « Il n’y a pas de civilisation française sans accession des étrangers » écrivait Braudel.

    La France, qui continue à accueillir chaque année près de 200000 étrangers non européens qui souhaitent s’y installer et à accorder sa nationalité, la nationalité française, à 110000 étrangers par an, reste parfaitement fidèle à cette tradition d’accueil de l’immigration et d’intégration.

    M. Frédéric Cuvillier. Pas vous! Vous ne pouvez pas dire cela!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Et c’est pour renforcer l’intégration des populations immigrées que je propose que tout nouvel arrivant en France puisse être accompagné d’un parrain républicain, qui le guidera dans ses démarches et l’appuiera dans son parcours d’intégration,…

    Plusieurs députés du groupe SRC. Nous avons déjà fait cela!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. … que le niveau de connaissance de la langue française et des valeurs de la République soit accru, et que le suivi de formations pour ceux qui ne parviennent pas à atteindre un niveau minimal soit rendu obligatoire.

    Plusieurs députés du groupe SRC. Et vous les arrêterez dans les écoles?

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. C’est pour cette raison que je propose de créer une voie d’accès accélérée à la nationalité française, pour les ressortissants étrangers ayant accompli des efforts exceptionnels d’intégration, de solenniser l’entrée des nouveaux Français dans leur citoyenneté en leur faisant prêter un serment citoyen…

    M. Alain Néri. La fidélité aux serments, ça vous connaissez!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. …et de systématiser les cérémonies d’accueil dans la nation, quel que soit le mode d’accès à la nationalité française: naturalisation, acquisition par déclaration après un mariage, acquisition automatique à la majorité.

    M. Marcel Rogemont. Tout cela est gris!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Si le débat sur l’identité nationale ne doit pas être focalisé sur l’immigration, il ne doit pas l’ignorer pour autant. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)

    Les 40000 premières contributions reçues sur le site internet du grand débat et les premiers comptes rendus des 300 réunions locales déjà programmées et que vous organisez, mesdames et messieurs les députés de la majorité,…

    M. Roland Muzeau. Je croyais que c’était l’État qui faisait cela! Votre parti, c’est l’État?

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. …ce dont je vous remercie et vous félicite,…

    M. Marcel Rogemont. Remerciez d’abord les préfets, c’est eux qui font tout!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. …connaissent un très grand succès.

    Un grand nombre de tensions pèsent sur le lien national, qui ne se limitent pas aux seules questions de l’immigration, qu’il s’agisse du communautarisme, de la place des différentes religions dans la République ou des tentations de repli sur soi.

    C’est pour renforcer le lien national que je propose de donner à tous les enfants de France l’occasion de chanter au moins une fois par an l’hymne national.

    M. Jacques Alain Bénisti. Bonne idée!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Mes ambitions sont limitées. Jack Lang a dit que ce devait être beaucoup plus. Il a sans doute raison.

    Je propose d’accroître la place des symboles de la République dans l’ensemble des édifices publics, ou encore de mettre en place dans les préfectures des cycles d’instruction civique ouverts à tous: écoles, associations, simples citoyens.

    M. Yves Durand. Avec les profs d’histoire que vous supprimez?

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Notre nation a la passion de la République, de ses symboles, de ses valeurs et de ses principes. Elle se rêve, elle se veut une et indivisible.

    M. Marcel Rogemont. Elle devrait être fraternelle!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Mais elle a toujours su éviter de transformer cette unité en uniformité. L’identité nationale n’a jamais été synonyme de conformité. Elle n’en est pas moins mise au défi de manière permanente.

    Jean-François Copé évoquait, il y a un instant, le port de la Burqa. Il est évident que le port de la Burqa est contraire aux valeurs de notre identité nationale. Non pas parce qu’il exprimerait une foi religieuse, mais parce qu’il porte atteinte à la dignité humaine, à la dignité des femmes. ( « Exactement! » et applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP.) Laisser déambuler dans notre espace public des femmes ainsi « engrillagées », c’est remettre en cause cette part d’humanité, dont la personne humaine ne dispose pas librement.

    La construction de minarets est un tout autre débat, qui relève des règles d’intégration architecturale et paysagère prévues par les lois de la République. Interdire la construction de minarets reviendrait à créer un droit de l’urbanisme propre à l’islam.

    M. Alain Néri. Vous vous trompez de sujet!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Il s’agirait d’une discrimination contraire aux principes fondamentaux de notre République, et d’une atteinte caractérisée au principe de laïcité. Les villes et villages de France, avec leurs églises, leurs mairies, et leurs écoles, constituent un élément essentiel de notre identité nationale,…

    M. Marcel Rogemont. Les minarets, c’est en Suisse, pas ici!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. …et doivent être protégés par nos lois sur l’urbanisme, sans qu’il soit besoin d’une législation spécifique à la religion musulmane (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)

    La place de l’islam dans notre nation n’en est pas moins, bien évidemment, en question. Pour ma part, je suis convaincu qu’un islam laïc peut et doit avoir sa place dans notre République.

    M. Jean-Yves Le Bouillonnec. Qu’est-ce que c’est un islam laïc?

    M. Frédéric Cuvillier. Pourquoi stigmatisez-vous l’islam?

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Mais ayons bien conscience que nous demandons à la religion musulmane d’accomplir en quelques années le parcours de laïcisation que la religion catholique a effectué en plusieurs siècles. Accompagnons donc les musulmans de France vers l’insertion harmonieuse de leur culte dans les principes et les valeurs de la République!

    M. Christian Eckert. Qu’est ce que cela veut dire?

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Dans le même temps, la République est une construction permanente et toujours inachevée. Il ne suffit pas d’affirmer le principe d’égalité pour que l’égalité soit réalisée. Il ne suffit pas de se préoccuper de la République formelle; il faut se préoccuper de la République réelle. (« Charabia! » sur les bancs du groupe SRC.) Car, en dépit de nos efforts, les premières contributions au grand débat montrent que, pour certains de nos concitoyens, la République réelle reste trop souvent celle des discriminations.

    Les discriminations liées à l’origine sont les plus répandues. La France n’est pas un pays raciste, mais elle cultive encore trop l’« entre-soi ».

    L’intégration est freinée par la reproduction sociale. Les études publiées par l’INSEE montrent que les immigrés ont de plus en plus de difficultés à accéder à l’emploi et à s’y maintenir, et qu’une majorité d’entre eux restent cantonnés dans des emplois peu qualifiés.

    M. Roland Muzeau. Convoquez donc le MEDEF!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Ma conviction est que le meilleur moyen de lutter contre le communautarisme est de faire en sorte que la République tienne, respecte ses promesses.

    M. Alain Néri. Parce que vous avez des convictions?

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Pour rétablir l’égalité des chances, la République doit donner plus à ceux qui ont moins, faire plus pour ceux qui partent de plus loin. Le Président de la République en a donné l’exemple, en nommant tout d’abord, plus que personne avant lui, un très grand nombre de personnalités issues de l’immigration à des postes clefs au sein du Gouvernement, dans les administrations et les entreprises publiques.

    M. Jean-Louis Gagnaire. C’est purement cosmétique!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Il a ensuite décidé la mise en place d’une politique active de promotion de l’égalité des chances, reposant sur le critère social, parce que les inégalités sociales recoupent toutes les autres.

    C’est la solution qu’avait déjà choisie la III e  République en créant le statut de boursier. C’est la solution qu’a retenue le Président de la République, avec la préparation par Fadela Amara du plan Espoir Banlieues,...

    M. Roland Muzeau. On voit ce que cela donne!

    M. Marcel Rogemont. Avec 580 millions de moins!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. …le développement, avec Luc Chatel, des internats éducatifs destinés à prendre en charge les bons élèves des milieux modestes, la création, avec Valérie Pécresse, d’« internats d’excellence » et l’obligation de réserver aux meilleurs lycéens boursiers 30 % des places dans les classes préparatoires aux grandes écoles.

    M. Alain Néri. Et pour les mauvais élèves, c’est l’exclusion?

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Je suis convaincu de la justesse et de l’importance de ces efforts. Je suis convaincu aussi que l’ouverture des grandes écoles, des administrations et des entreprises à la diversité de notre société ne sera possible dans des délais raisonnables sans franchir un niveau supplémentaire de volontarisme.

    M. Alain Néri. Vos convictions sont à géométrie variable!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Le ministère dont j’ai la charge a mis en place un label qui distingue les entreprises et les administrations accomplissant des efforts importants de promotion de la diversité dans le recrutement et la gestion de leurs ressources humaines. Je proposerai, dans le cadre de ce débat, d’aller plus loin. Je proposerai notamment à Christine Lagarde et Xavier Darcos que les grandes entreprises incluent un volet diversité dans leur bilan social annuel, que le label diversité soit pris en compte dans l’attribution des marchés publics,…

    M. Roland Muzeau. À partir des noms?

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. … que le financement public accordé aux partis politiques soit conditionné à leurs efforts dans ce domaine, que les concours d’accès à notre haute fonction publique réservent une voie aux élèves boursiers issus des quartiers défavorisés.

    Cette réaffirmation de l’identité nationale est d’autant plus importante que l’Union européenne achève, avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1 er  décembre 2009, une phase importante de sa construction. Il est indispensable d’engager sans tarder la réflexion sur la prochaine étape du projet européen, et de proposer aux peuples d’Europe un nouvel horizon. Car la recherche de cette union sans cesse plus étroite entre peuples européens constitue, désormais, un nouvel universalisme pour notre nation.

    Parce qu’il passionne les Français, et parce que ses enjeux sont immenses, ce débat se poursuivra tout au long de l’année 2010, avec un tour de France qui me permettra de présenter aux Français ses premières conclusions. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. – Protestations sur les bancs du groupe SRC.)

    M. Frédéric Cuvillier. Passez par Sangatte, venez voir les abris, venez voir la « jungle »!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. C’est, je crois, mesdames et messieurs de la majorité, le vœu que vous avez vous-mêmes formulé: que nous puissions continuer, notamment après les élections régionales, puisqu’elles semblent, pour certains, l’horizon indépassable de ce débat.

    M. Roland Muzeau. Demandez à Le Pen!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. La France dont nous défendons les couleurs est une France ouverte sur les autres, sur l’Europe, sur le monde, sur l’avenir.

    M. Michel Françaix. C’est un mauvais discours!

    M. Éric Besson, ministre de l’immigration. Une France qui évolue avec son temps; une France à laquelle chacun apporte ses origines, son histoire, et sa contribution; une France fidèle à ses valeurs, qui continue de croire que le but ultime de la politique, c’est de favoriser l’émancipation des individus et des peuples. (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et NC. – Huées sur les bancs des groupes SRC et GDR.)

    M. le président. Je vous en prie.

    M. Michel Françaix. Recalé!

    M. Jean-Yves Le Bouillonnec. Nul!

    Mme Claude Greff. C’est la République de l’intolérance! (Protestations sur les bancs du groupe SRC.)


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