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ADFE Madagascar Ocean Indien

Jean Daniel CHAOUI, Conseiller élu representant les Français de l'Ocean Indien

Situation des enseignants coopérants dans l'enseignement supérieur à l'étranger et intégrant l'enseignement secondaire en France/ Actualités malgaches | 28 février 2009

Nos élus interviennent fréquemment au Sénat pour des questions intéressant la vie quotidienne des Français à l'étranger. Monique Cerisier Ben Guiga a posé la question écrite ci-dessous: 

Question écrite : Situation des enseignants coopérants dans l'enseignement supérieur à l'étranger et intégrant l'enseignement secondaire en France

Texte de la question : Mme Monique Cerisier-ben Guiga appelle l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la situation des enseignants coopérants en poste dans le supérieur à l'étranger qui intègrent l'enseignement secondaire en France. Ils se voient en effet refuser l'ancienneté acquise dans l'enseignement supérieur. S'ils ont dû travailler à leur retour en France en tant que maître auxiliaire, avant leur réussite à un concours, CAPES ou agrégation, les divers postes à temps partiel qu'ils ont occupés ne sont pas validés pour le calcul de leur ancienneté. Ce déficit d'ancienneté s'accumule en fin de carrière et les anciens coopérants sont finalement pénalisés. Il leur est difficile d'atteindre la hors-classe. Elle lui demande de bien vouloir lui faire part des dispositions qu'elle entend prendre pour remédier à cette situation péjudiciable.

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Editorial

Crise malgache; les acteurs.


 Je propose  une série d'articles qui seront autant d'éclairages pour mieux comprendre les évènements qui affectent Madagascar depuis maintenant plus d'un mois.
 

Le régime autoritaire et hégémonique mis en place progressivement par le Président Marc Ravalomanana fait face à une contestation d'origine sociale de grande ampleur. Les progrès économiques, certes réels, obtenus par le pouvoir, n'ont pas permis une amélioration même minime du niveau de vie de la population. La redistribution reste la grande absente de la plupart des systèmes politiques en Afrique. L'insatisfaction générale a trouvé en la personne du Maire de Tananarive, Andry Rajoelina, nouvellement élu fin 2007 contre le candidat du pouvoir, un catalyseur. Attaqué par le régime en place qui le dépouillait progressivement de ses prérogatives de Maire de la capitale, celui-ci a fait appel à ceux qui l'ont élu, les prenant à témoin et demandant leur soutien. Jeune (33 ans), issu de la société civile et non marqué politiquement, il a su cristalliser les rancoeurs et les frustrations et symboliser un nouvel espoir pour une partie de la population, principalement les jeunes et les laisser pour compte des quartiers de Tananarive.

Les malgaches sont coutumiés de cet exercice. Le pouvoir se prend et se perd dans les rues de la capitale, sur la « Place du 13 mai », lieu symbolique de la contestation et de la démocratie. Marc Ravalomana est lui-même parti de cette place emblématique pour conquérir la Présidence. Sept ans plus tard, celle-ci s'est retournée contre lui et s'est choisi un nouveau « Prince ».

L'échec des négociations engagées depuis samedi dernier marque une étape, celle d'une nouvelle confrontation radicalisée. Le régime en place semble faire l'analyse qu'il pourra contenir puis réduire progressivement le mouvement insurrectionnel par la force. L'opposition traditionnelle s'est rangée, hier, unanimement derrière Andry Rajoelina. Les jours et les semaines qui viennent seront donc difficiles. Tant que l'un des deux camps pensera qu'il peut prendre le pas sur l'autre, la solution négociée restera secondaire.

  Ci-dessous un éclairage historique sur les acteurs des crises à Madagascar.   Jean-Daniel Chaoui, Président de Français du Monde-ADFE-Madagascar

 

 LES  ACTEURS DES CRISES : DE 1972  A  2009
Ce qui étonne beaucoup peut-être aujourd'hui, c'est la jeunesse des participants aux « grèves ». C'était aussi le même cas en 1972. C'était des lycéens (des étudiants des lycées techniques probablement) qui ont eu « le courage » d'incendier l'Hotel de ville d'Antananarivo, devenu pour la circonstance, le quartier général des FRS (Force Républicaine de Sécurité, l'équivalent de la garde présidentielle d'aujourd'hui). Ces derniers ont dû fuir précipitamment, et étaient devenus par la suite les victimes de « chasse à l'homme » sans pitié à l'époque. En 1972 (sur l'actuelle place du 13 mai), en 1991 (à Iavoloha), comme aujourd'hui en 2009 (à Ambohitsorohotra), ce fut et c'est toujours la garde présidentielle qui tire sur la foule, sans sommation, à balles réelles. En 1972 et en 1991, les Présidents respectifs (Tsiranana et Ratsiraka) furent « évincés » par la suite, sans ménagement et à la suite de « transition ». Et pour 2009 ? La suite nous le dira, si le proverbe français « Jamais deux sans trois » sera une fois de plus vérifié.
Deux autres détails importants méritent d'être bien retenus pour 1972 : à part le parti AKFM et le MONIMA, il n'existait pas d'autres oppositions structurées, et le parti présidentiel (PSD ou Parti Social Démocrate) régnait en véritable « parti unique », véhiculant une « pensée unique », comme c'est le cas aujourd'hui. Le parti MONIMA de Monja Jaona (implanté surtout dans la province de Toliara), après une insurrection brutale fortement réprimée en 1971 par l'Armée, dans le Sud, fut mis au pas. C'était le Maire d'Antananarivo de l'époque, le Pasteur (FJKM) Richard Andriamanjato, chargé de cette fonction élective pour la ville d'Antananarivo depuis 1959, qui dirigeait donc l'AKFM, et avait la haute main sur la capitale, durant plus de dix ans . Ce parti se servait de son journal très satirique « Ny Hehy (litt. Le Rire) », avec force caricatures, pour ridiculiser  le pouvoir en place. A côté de cette main de l'Eglise protestante, les catholiques n'étaient pas en reste, notamment à travers leur journal La lumière, plus tard relayé par l'actuel Lakroa , animé par un prêtre et journaliste très bien connu, le regretté Rémi Ralibera. C'est dire que le caractère frondeur de la ville d'Antananarivo et de ses Maires ne date pas d'hier. Les périodes de « paix » avec le régime en place ne semblent être que des exceptions. Même chose, les connotations « religieuses » des turbulences politiques ont toujours fait partie du décor  et du paysage politique de Madagascar.
En 1991, la société religieuse agissait à travers le FFKM (Congrégation des Eglises Chrétiennes de Madagascar), la société civile n'existait pas encore, la société politique fut très fragilisée par son intégration en masse, quelques années auparavant, au sein du « front national de la défense de la révolution » lié au pouvoir en place. En 2009, ironie de l'histoire, la garde rapprochée du Président en place, « Vice-Président, en fonction, de l'église protestante FJKM » ouvre le feu sur les manifestants, dont certains pratiquent et prient  probablement avec lui dans le temple protestant d'à côté !
En bref, en 1972, comme en 1991, en 2001 et en 2009, la société civile était quasi-absente, la société politique semblait très affaiblie et inopérante, malgré des tentatives d'actions d'éclats. Seule la société religieuse « secouait le cocotier ». Aucun contre-pouvoir sérieux n'existait depuis, et à défaut d'être structuré au sein de la société politique, il se bâtit dans la rue, la politique ayant horreur du vide !
Par  Pascal  Razafindramboa
Membre de la Société Civile de Fianarantsoa, Madagascar
pascal_razafy@yahoo.fr

 

 

 

 


 

Publié par adfe-madagascar à 17:46:35 dans Enseignement, scolarité | Commentaires (0) |

Actualités malgaches/ Mission de la Sénatrice Claudine Lepage dans l'Océan Indien | 27 février 2009

Chers compatriotes,


Après ces quelques jours d'accalmie, la situation polico-sociale s'est à nouveau brusquement tendue, hier jeudi, après le retrait de la négociation d'une des parties, Andry Rajoelina, l'ancien Maire d'Antananarivo, des négociations. Le refus de Mgr Ondo Razanakolona, archevêque d'Antananarivo, de poursuivre sa médiation et ses déclarations alarmistes n'augurent rien de bon. L'impression qui prévaut est que le pouvoir légal s'organise pour imposer par la force son point de vue.
 
Nous n'avons pas à exprimer un avis partisan mais simplement à nous apprêter, sans doute, à des difficultés rejoignant celles déjà connues dans les semaines précédentes. Il nous faut revenir à "certains fondamentaux en matières de précaution " ; suivre les informations, être à l'écoute car les situations seront certainement extrêment évolutives, selon l'heure et le lieu, ne pas s'aventurer la nuit... Le consulat signale par exemple une manifestation à haut risque demain et déconseille la fréquentation du centre ville, avenue de l'indépendance, Anosy et Mahamasina...
 
N'étant pas une population cible dans la crise politique actuelle, nous n'avons donc à redouter que des dérapages et actions de pillages et de vandalismes de groupes incontrôlés. Ceci est peu vraisemblable s'agissant des habitations individuelles mais visent surtout les commerces, boutiques et autres bien commerciaux. Gardons donc raison et ne développons pas des inquiétudes exagérées. Cependant, cette épreuve risque de s'inscrire dans une certaine durée. Il nous faut en être conscient et l'accepter, voire la respecter.
 
La scolarisation de nos enfants demeure une préoccupation importante, car la situation pourrait imposer de prendre à nouveau des mesures de précaution en fermant les établissements scolaires qui doivent réouvrir lundi prochain, après une période de congé scolaire prolongée. Souhaitons que ce ne soit pas le cas et faisons confiance à nos responsables au Consulat, à l'Ambassade, au Lycée français et dans les Ecoles Françaises pour prendre les décisions adaptées. Les représentants de la communauté française seront consultés et recueilleront vos avis. Le comité de sécurité du Consulat reste actif et vigilant.
 
Avec l'expression de mes meilleurs sentiments
 
Jean-Daniel Chaoui
Président de Français du Monde-ADFE-Madagascar

 

 


  Message du Consul pour le samedi 28 février : à Tananarive :, interdiction =absolue= d'être dans le centre-ville, et notamment la place du 13 mai, la place de la Démocratie (jardin au-dessus d'Anakely), Mahamasina et le quartier ministériel (dès 6h00 du matin), déplacement avec prudence dans les autres quartiers, respect du couvre-feu.
Commentaires : = Pour Tananarive = le rassemblement prévu samedi pourrait s'avérer comme une manifestation à hauts risques,  la situation est toujours très incertaine et nécessite la plus grande prudence.  = Pour la province  = :  Fianarantsoa : ce jour, manifestation et intervention des forces de l'ordre, qui ont fait usage de leurs armes. Pour samedi, des manifestations à risque pourraient avoir lieu dans un grand nombre de villes de province, à l'instar de celle de Tananarive.
De notre correspondant FdM-ADFE-Fiananarantsoa : tirs d'arme et de grenades entendues dans le centre de Fianar entre 11h30 et 12h, ce vendredi 27 février, puis tirs sporadiques à 13h. Il y aurait des blessés et deux morts (selon urgentier de l'hôpital de Fianar).

Samedi 28 février, c'est-à-dire demain matin à 08h30, une réunion d'information pour la rentrée de lundi à l'école « A » est organisée par Joël Lust, Proviseur du LFT et responsable de l'ensemble des écoles françaises à Tananarive.

 

 

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Le séjour de la Sénatrice C.Lepage, dans l'Océan Indien, s'est déroulé comme prévu.

 

La première partie concerne Madagascar ; Arrivée le vendredi soir 09/01, elle fut reçue par le Consul général dès le lendemain matin pour des entretiens qui portèrent principalement sur la présentation de la situation de la communauté française à Madagascar et les conditions de sécurité. Nous étions alors à quelques jours de la crise politique qui sévit actuellement dans la grande île. Le Consul offrit, le jour même, à sa résidence, un coquetel en l'honneur de la Sénatrice.

 

Dès le lendemain, une délégation de Français du Monde-ADFE constituée de la Sénatrice, de Jean-Daniel Chaoui, Président national de FdM-ADFE-Madagascar et d'Emma Rambatomanga, Vice-présidente, prit la route en direction de Majunga où elle arriva en soirée pour participer à un pot organisé par la section locale de l'association, pot qui réunit plus de 80 participants. C.Lepage put converser avec nombre de Majungais et faire connaissance avec la sympathique équipe de FdM-ADFE-Majunga dirigée par la Présidente Emmanuelle Denève.

Les lundi et mardi 12et 13 janvier furent consacrés au travail sur la ville de Majunga avec comme point fort la visite du collège français Françoise Dolto et la rencontre avec la communauté éducative (parents d'élèves, enseignants, administration). L'autre moment important fut l'entretien avec le Consul et la visite de travail dans les services du consulat. La délégation s'est aussi entretenue avec un groupe d'opérateurs économiques français engagés dans divers secteurs : pêche, crevettes, hôtellerie et restauration principalement. Nous retiendrons de ce séjour une situation économique très difficile sur Majunga et sa région, un personnel motivé mais avec une charge de travail sans doute excessive au Consulat.

Ceci est devenu une constante, la politique du MAE étant de restreindre au maximum l'effectif des personnels. Disons-le clairement, les consulats ont de plus en plus de difficultés à faire face à la demande du public et les retards s'accumulent dans le traitement des dossiers dès qu'un agent est malade ou en congé.

La situation du Collège Dolto, bien dirigée par sa principale, Martine Plantier et le Directeur M. Le Van Cau, est positive selon l'ensemble des interlocuteurs. Enfin bravo à l'équipe de l'ADFE locale, Emmanuelle Denève, Paul Cousin, Damien Dessens, Eric Jacqueline pour leur dynamisme et leur engagement, particulièrement en faveur du Centre social Jeannine Horion qui accueille les enfants boursiers du collège en internat complet. N'oublions pas de saluer la nouvelle équipe de l'Alliance Française qui nous accueillit gracieusement le temps d'une rencontre avec les ONG et les médias locaux.

 

La route Majunga-Antsiranana est longue mais les paysages y sont variés, assez arides au départ vers Mampikony, puis très verts lorsqu'on atteint Ambanja. Ce fut, pour la Sénatrice, une situation de découverte de Madagascar très appréciée. Nous effectuâmes un arrêt à la petite école française d'Ambanja pour rencontrer la directrice Nadine Ruinet et son équipe. Cette école est en danger du fait de la montée des écolages trop importante, imposée par la politique de l'AEFE. Cet aspect fera l'objet d'un article spécifique prochainement.

 

La délégation séjourna sur Antsiranana les jeudi et vendredi 15 et 16 janvier. Après s'être entretenue avec le Consul de France, Jean-Michel Manent, elle visita les locaux du consulat et rencontra le personnel. La matinée se passa ensuite au Lycée Sadit Carnot avec la visite du lycée et de l'internat, une séance de travail avec la communauté éducative. Le Lycée est dirigé

par une nouvelle Proviseur très dynamique, assistée du Directeur de l'école primaire Thierry Lauret.

L'après-midi, une réunion rassembla plus de 100 personnes dans la salle de spectacle de l'Alliance Française. Jean-Daniel Chaoui et Emma Rambatomanga présentèrent l'association Français du Monde-ADFE-M/car et C.Lepage explicita le travail et le rôle d'un sénateur des Français de l'étranger. Les personnes qui souhaitaient participer à la création d'une représentation de l'association à Antsiranana furent invitées à s'inscrire sur un document mis à disposition. Notons que cette démarche fut couronnée de succès puisque Jean-Daniel Chaoui est revenu à Antsiranana du 10 au 13 février et qu'il a pu mettre en place un bureau de section (cf. article sur la vie des sections). Le jeudi soir, un coquetel offert par le Consul rassembla la communauté française au domicile de ce dernier.

Nous pourrions faire des remarques identiques que celles faites par rapport à Majunga concernant le consulat d'Antsiranana. Cette situation se complique du fait qu'un certain nombre d'opérations administratives, auparavant dévolues au Consulat, lui ont été retirées. Ceci est très préjudiciable à nos compatriotes qui doivent se déplacer à Tananarive. Cette situation est curieuse car ces prérogatives administratives ont été conservées par les Consulats de Tamatave et de Majunga. FdM-ADFE-M/car interviendra prochainement sur ce dossier.

Le lycée semble avoir trouvé une situation d'équilibre avec l'ouverture d'un internat de qualité remarquable. Rappelons que l'établissement devait faire face, depuis quelques années, à une diminution d'effectif particulièrement dans sa partie lycée (seconde, première et terminale) qui mettait en péril l'existence de ce niveau.

Merci à Joëlle Cousinaud, directrice de l'Alliance Française, pour la qualité de son accueil.

 

Revenue à Tananarive, la délégation rencontrera l'équipe du SCAC, l'équipe de l'EGD et du LFT en visitant le lycée et l'EPF C. A l'invitation de M. Alain Jouret, C.Lepage sera reçue au Consulat général et fera le tour des services avant de s'entretenir avec les dirigeants des associations représentants les Français de l'étranger, l'UFE-Tananarive et FdM-ADFE-Tananarive. Une visite au siège de l'IRD (Institut de recherche pour le développement) nous permettra de découvrir les activités de cet organisme.

 

La délégation se rendit à Antsirabe le dimanche 18 janvier et tint une réunion publique avec une cinquantaine de compatriotes résidents de la ville d'eau. Une nouvelle réunion sera organisée très prochainement par le Président Jean-Daniel Chaoui.

 

Du 21 au 23 janvier, Claudine Lepage et Jean-Daniel Chaoui en sa qualité de Coordonnateur de Français du Monde-ADFE Océan Indien, séjournèrent à Moroni. Séjour fructueux qui nous permit de rencontrer la communauté française lors d'une réception offerte par Monsieur Luc Hallade, Ambassadeur de France aux Comores, et de nous entretenir avec l'ensemble du personnel de l'ambassade et du consulat. Mais surtout, nous avons eu le plaisir de constater la bonne santé de Français du Monde-ADFE Comores sous la nouvelle Présidence d'Hissane Guy, situation qui ouvre de nouvelles perspectives dans ce pays pour notre association. Saluons enfin le remarquable travail accompli par la Principale du Collège Henri Matisse, Sophie Villedieu, le directeur de l'école primaire, Laurent Mallet. Un clin d'œil complice à notre représentant, Mohamed Hammani. Notons aussi la visite de l'Alliance Française de Moroni bien dirigée par Jérôme Gardon.

 

Ces visites ont une importance essentielle pour des associations comme la nôtre. Elles confirment notre rôle de représentation de nos compatriotes auprès des autorités françaises, rôle de partenariat mais aussi de contre-pouvoir, dans le bon sens du terme, équilibre indispensable à un fonctionnement démocratique. Elles alimentent notre réflexion par rapport au dispositif en place principalement en matière d'enseignement et d'administration consulaire.

 

Jean-Daniel Chaoui, Président de FdM-ADFE-Madagascar, Coordonnateur Océan Indien

Publié par adfe-madagascar à 19:15:03 dans ADFE M/car Ocean Indien | Commentaires (0) |

Rétention administrative,/ Tests linguistiques / Actualités malgaches | 26 février 2009

Vous trouverez, ci-dessous, un communiqué de presse publié le 9 février par dix associations, dont la CIMADE, qui ont déposé devant le Conseil d'Etat un référé suspension contre le décret du 22 août 2008 réformant le dispositif d'aide aux personnes placées dans les centres de rétention administrative (CRA). Quelque soit ce que, par ailleurs, on pense de la gestion de l'immigration, notamment l'immigration clandestine, FdM-ADFE-M/car défend l'idée que chaque homme a des droits et doit être traité dignement. C'est un des sens de notre engagement. Notre association soutient cette action.

Communiqué de presse

Rétention administrative : 10 associations déposent un référé suspension contre le décret devant le Conseil d'Etat

A la veille de l'expiration du délai de réponse à l'appel d'offres relatif à la défense des droits des étrangers dans les centres de rétention administrative, les demandes répétées de concertation émises par les associations n'ont pas été entendues par le ministère de l'Immigration.

Face à l'urgence créée par une procédure d'attribution d'un marché public dont la mise en œuvre remettrait gravement en cause l'exercice effectif des droits des étrangers en rétention, dix ONG ont déposé vendredi 6 février un référé suspension devant le Conseil d'Etat contre le décret du 22 août 2008. Ces dix organisations avaient déjà déposé le 22 octobre un recours au fond contre ce décret : la mise en oeuvre de ce texte interdirait tant au niveau national que local une action conjointe des associations auprès des personnes placées en rétention.

N'ayant obtenu aucune réponse politique à leur demande de modification du décret, les associations ci-dessous espèrent, par cette nouvelle démarche contentieuse, faire respecter le principe d'une véritable défense des droits des étrangers en rétention.

ACAT-France, ADDE, ANAFE, COMEDE, ELENA-France, GISTI, LA CIMADE, LDH, SAF, Secours Catholique

 

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 Information FdM-ADFE-M/car
 

Le nouveau ministre de l'immigration et de l'identité nationale, Eric Besson, vient de s'exprimer devant l'alliance française de Paris, le 12 février, pour détailler la politique dite du"parcours d'intégration" des étrangers voulant venir s'installer en France.

Des tests et une formation "au français et aux valeurs de la République", gratuits, seront proposés aux conjoints étrangers de Français et aux membres de la famille d'un immigré sollicitant un regroupement familial, par le biais des alliances françaises dans le monde ou du réseau de l'Agence nationale d'accueil des étrangers et des migrations (Anaem).

 

Eric Besson indique que ces tests ne seront pas "un pré requis à l'obtention d'un visa". Chacun sera donc vigilant, pour que les alliances françaises ne deviennent pas tout bonnement les supplétives du ministère de l'immigration dans sa politique restrictive et répressive actuelle.

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 Actualités Malgaches

 Message du Consulat pour le jeudi 26 février : - Eviter Mahamasina et Tsimbazaza (à partir de 10h00)  , se déplacer avec prudence, respecter le couvre-feu.
Commentaires :  pour Tananarive,  les négociations ayant été rompues, il est conseillé d'éviter Mahamasina et la mairie de Tsimbazaza, qui pourrait faire l'objet d'un rassemblement,  un rassemblement est aussi prévu le samedi 28 février, pouvant générer des troubles.lla situation est toujours très volatile mais ne nécessite pas de confinement chez soi.
Pour la province : calme, mais elle pourrait aussi être sujette à des rassemblements en fin de semaine.
Spécial Tuléar :  l'après-midi du 25 février fut calme, la soirée fut beaucoup plus agitée, une foule ayant voulu se diriger vers l'aéroport pour interdire tout atterrissage. Les forces de l'ordre l'auraient dispersée en tirant des coups de feu en l'air. La foule est revenue vers le centre et a pillé quelques magasins. Des coups de feu ont été entendus jusqu'à 3 heures du matin (aucune estimation fiable sur le nombre de blessés, voire de morts). La matinée de ce jour est calme, bien que le climat soit tendu.

Message pour le jeudi 26 février après-midi : ne pas emprunter la route du Sud, vers Antsirabe, à partir du lac Anosy, un barrage ayant été établi par des manifestants (quartier Soanierana, avant Tanjombato). Les forces de l'ordre devraient intervenir. Se déplacer avec précaution


 

Tribune

 

Dieu ou Mammon

 Le 17 février, pour éviter les barrages de l'Emmo-nat sur Analakely, comme la veille, les manifestants sont passés par le quartier populaire d'Isotry pour rejoindre les ministères. De nouveau bloqués non loin du Carlton par les forces de l'ordre, ils ont attendu patiemment les résultats des négociations qui se sont déroulées au Toby Ratsimandrava (camp de la Gendarmerie) entre le ministre de la Défense de Ravalomanana et la délégation conduite par Andry Rajoelina.

Comme c'est le cas presque chaque jour maintenant, ils sont nombreux, autour de la dizaine de milliers, à marcher et tout Antananarivo suit leur progression en direct à la radio. Et l'on s'étonne de la discipline de cette foule qui suit les ordres du Maire sans rechigner. Les incidents se produisent toujours à la fin des manifestations, quand elle a l'impression d'être trahie car ceux qu'elle a suivis négocient pour éviter une confrontation violente. Ce mardi n'a pas fait exception à la règle : Monja Roindefo a été sifflé quand il a annoncé un rendez-vous avec les responsables du pouvoir central pour le lendemain. Cela signifie que les « ministres de la Transition » ne peuvent pas encore entrer en fonction.

Plusieurs analystes ont noté que lors de la première tentative avortée de la prise des ministères le 16 février, Andry Rajoelina a été débordé par ses propres troupes. On a le sentiment que ce n'est pas une cohabitation que désire le « petit peuple » - dans un autre contexte, on aurait dit les prolétaires – mais une révolution. En 2002, ils avaient mis tous leurs espoirs dans un des leurs, un petit laitier pauvre devenu businessman, parfait exemple que le destin n'est pas toujours écrit quand on se donne la peine de se battre. La trahison a été d'autant plus violemment ressentie.

Car le garçon courageux qui trimballait ses bidons de lait a renié ses origines et préfère la fréquentation du grand monde. Il a essayé même de complaire aux Andriana (la noblesse locale) qui n'osent se moquer ouvertement de sa naïveté mais n'en pensent pas moins. L'ancien petit pauvre a préféré construire des hôtels 5 étoiles et des villas luxueuses pour ses pairs de l'Union Africaine, plutôt que des logements sociaux. Il a acheté un Boeing 737 configuré en VIP à 60 millions de dollars mais a laissé le Smig (salaire minimal) aux environs de 30 Euros.

Marc Ravalomanana ne s'aime pas vraiment, il n'est donc pas très étonnant qu'il n'aime pas les autres. Son agressivité permanente n'est qu'un mécanisme de défense psychique pour éviter de montrer les défauts de la cuirasse. Il est dommage pour lui et ceux dont il a la charge qu'aucun n'ait osé lui dire qu'il a rejeté ce qui était justement sa force.

Le fait d'avoir des origines modestes et d'avoir malgré tout réussi en self-made man l'avait rendu extrêmement sympathique auprès des Américains et des intellectuels de la diaspora. Que les  acculturés se moquent de son accent en français n'avait pas grande importance. Il était la fierté des Malagasy et les meilleures intelligences avaient établi un bouclier autour de lui, ridiculisant ses adversaires en 2002. Sa foi simple parlait aux plus modestes : justice, vérité, droiture pouvaient soulever des montagnes.

Les Malagasy avaient accepté tous les sacrifices, parfois jusqu'à perdre la vie.

Sept ans après, les résultats de la série de reniements sont là. Dieu n'est plus qu'un argument politique. L'argent règne en roi dans toutes ses actions, à croire qu'il s'appuie sur sa richesse pour se protéger. En 2002, il parlait de tolérance et de pardon. Depuis, il a envoyé pas mal de ses défenseurs en prison mais a laissé partir tranquille les cerveaux ayant mis en place les barrages et les milices à cette époque.

« Les gens ne veulent plus entendre parler de prières et d'églises après tout ce qui s'est passé » me confiait une vieille amie croyante, le cœur serré. C'est le résultat de l'action, non d'idéologues marxistes particulièrement efficaces, mais d'un vice-président de l'église protestante (fonction qu'occupe encore le Président). Il a tapé dans les caisses de l'Etat, trahi ses amis et dernièrement fait massacrer une cinquantaine de manifestants devant son palais. Dieu ou Mammon, il faut choisir mais on ne peut pas servir les deux en même temps.

Toujours le 17 février, CARE (association de solidarité internationale) a lancé un appel en faveur du sud de Madagascar. « Les populations locales ne mangent plus à leur faim depuis déjà plusieurs mois. On rencontre déjà des enfants sous-nutris », a déclaré Philippe Lévêque, directeur général de CARE France, qui s'est rendu sur place en janvier pour évaluer la situation. La priorité du pouvoir semble pour l'instant la réception du sommet de l'Union Africaine en juillet prochain.

Le Président Abdoulaye Wade du Sénégal, sollicité, a accepté de jouer le rôle de médiateur entre les deux parties. En 2002, en pleine crise, ce pays était à peu près le seul à être au côté du peuple malagasy et s'était fait son avocat auprès des autres nations.

 « La vie d'un homme vaut plus que toutes les richesses de la terre ». La Bible

 Alain Rajaonarivony

 

 


 

Publié par adfe-madagascar à 19:13:26 dans Immigration,visas | Commentaires (0) |

A propos de la mesure de "Prise en charge des frais de scolarité pour les élèves français du niveau lycée"/ Actualités malgaches | 25 février 2009

La mesure de « Prise en charge » mise en place par le gouvernement ne fait pas l'unanimité parmi les spécialistes et provoque de fortes tensions financières au sein du réseau des Etablissements français à l'étranger géré par l'AEFE, l'Agence des Etablissement Français à l'Etranger. Voici la contribution de Michèle Bloch, Membre du Bureau National de Français du Monde-ADFE, Chargée de l'enseignement.

Le sénateur Del Picchia, représentant l'UFE (Union des Français de l'Etranger), association concurrente et de sensibilité différente de celle de Français du Monde-ADFE qui est plus progressiste,  a largement diffusé une lettre visant à donner des arguments en faveur de la mesure de prise en charge de la scolarité des lycéens français dont les États généraux de l'Enseignement français à l'étranger,  qui se sont tenus dans de nombreux pays révèlent qu'elle est largement contestée.

Ce qui ressort de ce courrier est un mépris absolu de la réalité du terrain, des institutions de notre démocratie, et même des propres collègues de M. Del Picchia au Sénat, qui ont en vain tenté de corriger les pires effets de cette mesure (l'amendement qu'ils avaient présenté en ce sens a en effet été rejeté par le gouvernement). Il révèle surtout la gêne profonde de celui qui se présente comme l'inspirateur de la mesure de prise en charge et qui voyant le peu d'enthousiasme qu'elle suscite, essaie de convaincre chacun qu'il se trompe, s'enfonçant à chaque argument un peu plus dans le déni de la réalité.Notons que ce qui a été présenté durant la campagne électorale comme la gratuité pour tous les Français n'est plus aujourd'hui que la “prise en charge pour les lycéens”.

Les associations et fédérations de parents d'élèves qui contestent la mesure, écrit le sénateur, “sont composées à majorité de parents d'enfants étrangers, majoritaires dans nos écoles”. En effet les fédérations de parents d'élèves, et c'est leur honneur, reflètent la réalité des établissements et fédèrent l'ensemble des familles dans l'intérêt général et dans le but de maintenir la qualité de l'enseignement.

Nous ne trouvons pas digne d'opposer ainsi familles françaises et étrangères. En effet, si les établissements du réseau scolarisent des élèves étrangers dans le but de diffuser la langue et la culture françaises et d'assurer la mixité, ils le font aussi parce que ces 53% d'élèves (dans le réseau AEFE, 70% tous établissements confondus) sont indispensables à leur existence en garantissant des effectifs et un financement stables.

La parole des associations de parents d'élèves, des syndicats, des participants aux états généraux, a le poids que donne la représentativité, elle mériterait d'être écoutée au lieu d'être écartée au prétexte que ses auteurs n'auraient pas d'arguments concrets.

M. Le sénateur a oublié le document rédigé collectivement par Français du monde -ADFE, les syndicats, les parents d'élèves et distribué lors de la cession plénière de l'AFE en septembre dernier qui énumérait très précisément les effets pervers de la mesure.

Comment des représentants des Français de l'étranger sincères peuvent ils défendre une mesure qui consiste à consacrer une soixantaine de millions d'euros à 15 000 lycéens français sans aucune condition de ressources - en laissant plus de 60 000 élèves et collégiens français face à une augmentation de 60% des frais de scolarités sur les cinq prochaines années ? Comment peuvent ils expliquer à leur électorat que cette mesure est juste alors que ces soixante millions d'euros, ajoutés au budget des bourses auraient permis d'aider trois fois plus d'élèves (plus de 45 000) sur la base de critères sociaux ?

Le sénateur affirme que cette affectation au budget des bourses de fonds prévus pour la prise en charge n'est pas possible, c'est ignorer que les fonds sont sur le même programme budgétaire 151 et que ce qu'une volonté politique a fait une volonté politique peut le défaire ou le modifier.

Le dernier conseil d'administration de l'AEFE, a mis en évidence la baisse tendancielle de l'aide publique et un important transfert de charges sur l'AEFE auquel l'Agence ne pourrait faire face sans un accroissement important des contributions familiales. La participation des familles passe de 108M€ à 130M€ en 2009, la progression sera encore plus forte les prochaines années. Cette année, 50 postes d'expatriés seront transformés en postes de résidents, 100 nouveaux postes de résidents à charge totale des établissements sont créés pour faire face à l'augmentation du nombre d'élèves or il faut se rappeler que le coût d'un résident est passé en 2009 de 40 000 euros par an à 60 000 euros. De l'aveu même de l'administration, il faut donc s'attendre dès 2009 à de fortes tensions au sein du réseau.

Il faut savoir écouter et entendre les acteurs du terrain qui s'expriment dans de nombreux pays à l'occasion des États généraux. Ils disent que cette mesure est mal ciblée, qu'elle ne sert qu'à cacher le désengagement de l'État, qui lui est bien réel et met en péril la qualité de l'enseignement français à l'étranger. Ils notent les conséquences détestables de cette mesure qui, si elle n'est pas la cause des difficultés de l'enseignement français à l'étranger, en aggrave les conséquences en créant deux catégories d'élèves français, ceux qui paient et ceux qui ne paient pas, en donnant aux élèves étrangers le sentiment d'être des variables d'ajustement, en privant le réseau, en pleine crise économique, des ressources provenant des entreprises.

Errare humanum est, perseverare diabolicum !

Michèle Bloch, Membre du Bureau National de Français du Monde-ADFE, Chargée de l'enseignement.

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Actualités malgaches :

Le Lieutenant-colonel GENSE nous informe que le couvre feu est levé à Antsirabe depuis hier soir. Il est maintenu pour dix jours à Tananarive de 22h à 4h et levé à Majunga.

Publié par adfe-madagascar à 17:51:17 dans Enseignement, scolarité | Commentaires (0) |

Alliances françaises et Instituts français, différences et points de rencontre | 24 février 2009

Pour celles et ceux qui se posent des questions sur les principales différences et points de rencontres entre les Alliances françaises et les instituts français, voici un commentaire technique pour s'y retrouver un peu dans le "maquis"culturel français, commentaire rédigé par un membre de Français du Monde-ADFE de Varsovie. Bonne lecture :

*La situation des AF montre une certaine hétérogénéité. Elle est "naturelle"du fait du statut associatif des alliances : elles fonctionnent sur la base des réseaux locaux d'animateurs et sont subventionnées par les Ambassades en fonction de leurs activités. Dans le meilleur des cas, des personnalités francophones enthousiastes arrivent à faire rayonner les activités, en étoffant une offre de cours de qualité, en menant des activités de diffusion culturelle et en diffusant, via le livre et les médiathèques, notre culture. Dans le pire des cas, les activités associatives peuvent s'étioler faute de bénévoles pour les animer et d'argent pour les faire fonctionner. Et les alliances peuvent se limiter à de l'animation locale (de type club d'amitié francophone ou club de rencontre francophone). On touche là les limites de "la souplesse"permise par le cadre associatif. Sur le millier d'Alliances dans le monde il n'y a pas de "profil type"'.

**Le cadre institutionnel des instituts est, en revanche, plus formaté, plus défini : Ce sont, juridiquement, des services extérieurs des Ambassades, possédant l'autonomie financière : la richesse d'un institut ce sont ses trois missions systématiquement (ou presque) présentes : Culture (diffusion et aide à la création), Cours (enseignement du français général et spécialisé), médiathèque (Diffusion de notre culture via le livre et les nouveaux supports tels DVD, site internet etc etc). L'idée est celle d'une synergie entre ces 3 composantes très liées. Le pilotage stratégique d'un Institut est assuré par le service de coopération culturelle de l'Ambassade (qui définit la programmation culturelle générale et octroi les subventions publiques). Le pilotage opérationnel est le fait des équipes de direction en place. De plus en plus souvent, c'est le Conseiller d'action Culturelle (Cocac) qui porte également la casquette de directeur de l'institut. Les pilotages stratégiques et opérationnels sont donc plus liés..

La fuite en avant vers toujours plus d'autofinancement, demandé par le MAE, rend périlleuse la situation de gestion de certains instituts dans le monde. En Europe, la norme est de demander aux instituts de trouver plus de 50% de ressources privées pour assurer leur financement. L'objectif est de tendre à 60% fin 2011. Avec 50% d'autofinancement en Europe nous sommes déjà très au dessus de la moyenne européenne. Contrairement à une idée fausse, les British Council n'ont pas un auto-financement supérieur à celui des instituts français.
Il y a par contre des instituts qui ont du mal à se plier à cette recherche de performances impossibles. Ce qui fait peser des menaces de fermeture agitées par le ministère.

***Dans une Alliance, le conseil d'administration et le président définissent leur politique sur la base des accords conclus avec l'Ambassade. Il y a plus de latitude d'action...et de diversité d'action. On voit là que la qualité des équipes d'animateurs, le nombre et la diversité des adhérents font la richesse d'une alliance. Si le ministère met à disposition, dans certains cas, du personnel expatrié payé par la France, au service des Alliances (avec le titre de directeur ou de directeur des cours), dans la plupart des cas les Alliances n'ont pas de personnel français mis à disposition.

****En terme de gestion, les instituts fonctionnent comme un service de l'Etat, selon des règles de comptabilités publiques : celui qui donne l'ordre de payer (l'ordonnateur) est distinct de celui qui paye (le trésorier ou comptable publique). c'est une division des taches et des pouvoirs, que n'aurait pas renié Montesquieu, qui permet de cadrer la dépense et de planifier plus strictement la prévision budgétaire ou le bilan financier de fin d'année. Les budgets et les comptes financiers sont approuvés par le ministère des affaires étrangères, ainsi que par le juge des comptes (a posteriori) cad la Cour des Comptes en France. Les Alliances fonctionnent selon les règles comptables du pays. Et selon les normes de contrôle locales. Bien entendu, dans l'immense majorité des cas, cela ne pose aucun pb, des commissaires aux comptes validant les bilans financiers de fin d'année. cela n'exclue pas cependant quelques cas de malversations. Qui obligent souvent l'alliance française de Paris à "délabelliser"les alliances mises en cause. Il y a donc aussi, dans ce cas, des garanties de contrôle en aval.

*****La diversité des situations en Alliance, se retrouve aussi dans la politique d'emploi qui varie d'une alliance à l'autre. Les Alliances sont souveraines pour définir leurs règles d'embauche, et les salaires qui en découlent. Les personnels des instituts sont employés selon un système plus normatif : c'est le droit local qui s'applique mais selon un cadre d'emploi défini par l'Ambassade et le Ministère : système de grille unique pour définir les niveaux fonctionnels de salaires, approbation par Paris de toute création de poste, respect de l'équilibre financier qui interdit d'avoir une masse salariale représentant plus de 50% du budget de l'établissement.Ce système est nettement plus protecteur pour les personnels. Même si la raréfaction des ressources publiques peut contraindre les politiques sociales que les instituts sont incités à mener par le ministère (Je pense ici à l'harmonisation sociale à réaliser entre les personnels des instituts et les personnels directement embauchés sur le site de l'Ambassade)

Voilà, sur le plan technique, les principales différences entre les alliances et les instituts.

Conclusion : On voit donc que ce sont des outils différents, dont les missions sont proches mais avec des règles de fonctionnement, pour la mise en oeuvre de ces missions, assez dissemblables. Les garanties ne sont pas les mêmes. D'un côté celle de la puissance publique, qui cadre le fonctionnement, de l'autre, la souplesse due au système associatif. A la différence des autres réseaux culturels étrangers (Cervantès, Goethe Institut, British Council), la France ne possède pas de "label unique" et connaît donc un double système qui voit la coexistence des Alliances et des instituts. C'est notre spécificité.

Pour améliorer la lisibilité du dispositif, le MAE souhaite donner une "étiquette"unique pour les instituts français et centres culturels français présents dans le monde. Le terme "Espace France"pourrait ainsi être généralisé dans le réseau culturel. Au niveau des instituts et centres. les Alliances gardant leur label propre.

Il faut bien retenir la grande différence qui veut que les alliances françaises localement sont des associations dépendant de "la franchise"Alliance française qui est délivrée par l'AF de Paris. Les Instituts sont les services culturels extérieurs des Ambassades (juridiquement ils n'ont pas de personnalité juridique).

 

Les missions des Alliances sont variables même si elles incluent généralement des cours de langues. Les missions des instituts sont plus définies, plus encadrées (3 métiers = cours+Culture+médiathèque)

 

L'armada culturelle française dans le monde est donc vaste et ancienne si on additionne les instituts (150 environ) et les alliances (plus de 1000). On voit là que c'est une de nos spécificités d'avoir cette armada composée de deux types de navires culturels. Par ailleurs, la France, par l'étendue de ce réseau, revendique une forme d'universalité culturelle : Etre présente partout, pour faire rayonner sinon sa puissance (nous n'en avons plus les moyens) sinon son influence culturelle auprès des peuples du monde entier.

 

Les informations données sur le site wikipedia à  propos des AF dans le monde sont assez intéressantes.(ci-dessous)

L'Alliance française dans le monde

Le réseau de l'Alliance française comprend :

  • L'école internationale de langue française de Paris,
  • des comités situés dans les villes de province en France, qui accueillent des étudiants étrangers,
  • plus de 1 072 comités installés dans 135 pays (qui n'ont pas tous des activités régulières d'enseignement). Voir par exemple l'alliance française de Manchester ci-dessous.

Environ 460 000 étudiants ont appris le français en 2007 dans les centres de l'Alliance française.

Les Alliances installées dans les pays étrangers sont généralement nées d'initiatives locales et sont trés intégrées dans la vie des pays. Régies par le droit local (le plus souvent sous une forme associative), elles sont indépendantes de l'Alliance française de Paris, tant statutairement que financièrement, et fonctionnent vis-à-vis du siège parisien comme des franchises. L'Alliance française de Paris est propriétaire de la marque « Alliance française» et accorde le droit de l'utiliser aprés examen des statuts et des objectifs annoncés. Il n'y a pas de relations financières entre le siège et les Alliances installées à l'étranger qui doivent pourvoir elles-mêmes à  leur financement. Ainsi à New York, le French Institute Alliance Française recourt au mécénat tel qu'il est pratiqué aux Etats Unis.

Le ministère français des Affaires étrangèes a depuis 2001 une politique de signature de conventions-cadres de coopération entre les Alliances françaises et les services de coopération et d'action culturelle des ambassades, qui peuvent aller jusqu'à confier la gestion de l'action culturelle à l'Alliance française locale. Ces conventions peuvent prévoir des subventions publiques et la mise à disposition de personnels français détachés pour des fonctions de direction. (actuellement seulement les plus grandes antennes, soit environ 20% des implantations).

Ce mode de financement par des associations autonomes le distingue d'organismes étrangers équivalents tels que le British Council, le Goethe-Institut allemand ou l'Institut Cervantes espagnol[1].

 Boris Faure, Varsovie.

Publié par adfe-madagascar à 18:47:39 dans Politique Culturelle | Commentaires (0) |

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