• Français du Monde-ADFE et le Conseiller Jean-Daniel Chaoui vous présente leurs meilleurs voeux pour la nouvelle année 2011.

    Santé, bonheur, prospérité, solidarité.


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    Elections Législatives 2012

    J’ai le plaisir de vous informer que j’aurai la responsabilité de représenter le parti socialiste et plus globalement les forces de gauche pour l’élection du futur député de notre circonscription (10ème circonscription des Français de l’étranger) et ainsi de me présenter à vos suffrages en 2012. Ainsi en a décidé le Bureau National du PS réuni lors de la Convention « égalité réelle » à Paris, le 11 décembre dernier.

    Jean-Daniel Chaoui, Conseiller AFE Océan Indien, candidat du Parti Socialiste pour les élections législatives 2012 dans la 10ème circonscription.

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    Spécial Côte d’Ivoire

     

     

    Côte d’Ivoire : la crise après la crise.

     

    Le deuxième tour de l’élection présidentielle ivoirienne s’est tenu le 28 novembre dernier. Le résultat de cette élection est très net. Avec 54.1% des voix, Alassane Ouattara l’a emporté sur le président sortant Laurent Gbagbo, soit 2.48 millions de voix contre 2.11 millions.

    L’ONU, mandatée pour cela par son conseil de sécurité mais aussi, on l’oublie trop souvent, par les partis ivoiriens eux-mêmes (signataires des accords de Pretoria de 2005), était chargée de la certification des résultats de cette élection. Le représentant spécial de l’ONU chargé de cette mission, Young-Jin CHOI, a confirmé le score annoncé par la commission électorale indépendante. L’ONU a construit minutieusement sa certitude en suivant plusieurs démarches parallèles qui ont toutes confirmé la victoire de Ouattara : surveillance directe de 721 bureaux de vote, soit un échantillon extrêmement représentatif du corps électoral ivoirien, vérification des 19 procès-verbaux régionaux puis des 20.000 procès verbaux issus des bureaux de vote. L’ONU, en éliminant tous les procès verbaux présentant un défaut apparent ou en l’absence d’un représentant de la majorité présidentielle sortante, certifie la réalité de la victoire d’Alassane Ouattara.

    Le conseil constitutionnel ivoirien, en décidant de purement et simplement annuler les résultats de sept départements (Bouaké, Korhogo, Ferkessédougou, Katiola, Boundiali, Dabakala et Séguéla), a néanmoins pris la responsabilité de déclarer vainqueur Laurent Gbagbo, qui a prêté serment dans la précipitation le 4 décembre. Pour appuyer sa

    décision, le conseil constitutionnel invoque des violences dans Nord du pays et l’intimidation subie par des électeurs. Dans les sept départements annulés, Ouattara a recueilli 544 000 voix contre 53 000 pour Gbagbo selon la CEI. En privant Ouattara de 500 000 voix de marge, il permettait alors à Gbagbo d’afficher une légère avance au plan national (écart de 120 000 voix). Ce qu’on peut reprocher au conseil constitutionnel, ce n’est pas d’être présidé par un proche de Laurent Gbagbo : la situation existe dans de nombreux autres pays. Ce qui est plus grave, c’est qu’il n’ait pas respecté le code électoral qu’il est censé appliquer. L’article 64 du code électoral précise en effet que le conseil constitutionnel peut annuler un scrutin si les irrégularités constatées sont de nature à entacher la validité du résultat : il doit alors reconvoquer des élections dans un délai de 45 jours. Comment peut-on sérieusement affirmer que l’annulation des résultats dans sept départements, où Alassane Ouattara avait obtenu 364 000 voix de plus que Gbagbo au premier tour (résultat validé par le conseil constitutionnel soit dit en passant) ne serait pas susceptible de faire changer le résultat d’une élection que Gbagbo prétend avoir emportée avec 120 000 voix d’avance ? Annuler les résultats de sept département est profondément antidémocratique : 717 000 électeurs ivoiriens y résident et leur dénier le droit de voter est injustifiable. S’il y avait des erreurs dans les résultats électoraux en Rhône-Alpes et en PACA lors d’une élection présidentielle, imaginerait-on de purement et simplement annuler les résultats de ces deux régions et déclarer vainqueur un candidat qui aurait une petite marge dans le reste du pays ? Ce serait évidement une solution grotesque et révoltante, qui équivaudrait à refuser leur citoyenneté aux électeurs des régions aux votes invalidés. C’est ce qui s’est produit en Côte d’Ivoire, décision à la fois tragique et ridicule.

    L’accusation de manipulation étrangère ne tient donc pas : le conseil constitutionnel a d’abord trahi l’esprit et la lettre de la loi ivoirienne. Si le conseil avait été respectueux de la loi de son pays, il n’avait que deux possibilités : valider la victoire d’Alassane Ouattara (ce qui était la seule décision crédible compte tenu de l’écart considérable de voix) ou reconvoquer des élections en apportant la preuve que la marge d’erreur finale était supérieure à l’écart brut de voix entre candidats. Si le conseil constitutionnel ne l’a pas fait, c’est très probablement moins par ignorance du droit que parce que le résultat politique de l’élection est politiquement clair : le soutien à Laurent Gbagbo est réel mais minoritaire en Côte d’Ivoire et un deuxième vote d’y changerait rien. Que faire dès lors que la majorité présidentielle sortante a choisi le passage en force ?

    Appeler à de nouvelles élections aurait eu une certaine cohérence juridique et aurait pu permettre à Laurent Gbagbo de sauver la face, mais celui-ci a choisi de décrédibiliser cette possibilité en prêtant serment à la hâte, piteusement et sans aucun soutien international significatif.

    Les sanctions internationales contre les personnes impliquées dans les violences qui secouent la Côte d’Ivoire depuis le deuxième tour, ou ceux qui ont ridiculisé l’ONU et sa certification, sont moralement satisfaisantes mais ces sanctions seront aussi très insuffisantes pour faire respecter la voix des Ivoiriens. Laurent Gbagbo tient aujourd’hui les rênes de l’armée,

    de la gendarmerie et de la télévision, mais son pouvoir est fragile et entièrement dépendant de la conservation de la maîtrise du robinet financier. Il est donc indispensable que les acheteurs de pétrole et de cacao ivoirien cessent d’alimenter les comptes de l’Etat Gbagbo : que ces ressources soient gelées sur des comptes destinés in fine à la République de Côte d’Ivoire serait efficace et légitime. Le blocage des comptes ivoiriens à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest est

    également utile. Laurent Gbagbo avait annoncé son souhaite de «gagner ou de gagner » cette élection : il a déjà terni sa réputation et raté sa sortie. Des actions vigoureuses sont plus que jamais nécessaires pour éviter que cette dérive personnelle n’entraîne la Côte d’Ivoire plus loin encore dans la crise.

    L’idée d’intervention militaire extérieure doit en revanche être maniée avec précaution, tout comme les peu crédibles ultimatums fixés par tel ou tel pays. La CEDEAO et l‘ONU sont sans conteste les instances les mieux placées pour décider d’une intervention militaire africaine ou de casques bleus, mais ne négligeons pas les risques de guerre civile meurtrière qui en résulteraient. Gbagbo a perdu, mais ses forces militaires et miliciennes restent nombreuses. Il faut donc d’abord essayer de raisonner le président sortant, sanctionner ses proches et ses alliés, assécher les finances de son gouvernement autoproclamé, bref, isoler plutôt que défier. La rhétorique nationaliste a trop de poids en Côte d’Ivoire pour qu’il soit utile de la renforcer par des déclarations belliqueuses de pays étrangers.

    Quelques mots, enfin, sur la crise en Côte d’Ivoire vu de la gauche française. Laurent Gbagbo a des soutiens en France. Pour l’essentiel, ils

    ont été constitués au début des années 1990, quand Gbagbo était le démocrate défenseur du multipartisme et Ouattara l’allié d’Houphouët Boigny. Ces soutiens étaient, en leur temps, parfaitement compréhensibles et légitimes. Mais les temps ont bien changé et les excuses que trouvent encore de (rares) socialistes à Laurent Gbagbo sont totalement injustifiables. Comment être socialiste et ne pas défendre jusqu’au bout l’idée de démocratie en Afrique ? Comment  peut-on se prétendre internationaliste et contester l’ONU, échafauder des théories du complot et cautionner des dérives ultra-nationalistes ? Qu’on aime ou non Ouattara n’est pas le problème. Qu’il soit proche de Nicolas Sarkozy non plus. Qu’il y ait eu une inexcusable tentative de coup d’Etat en 2002 n’est plus le sujet. Les ivoiriens se sont exprimés en 2010 et le verdict est tombé : la stratégie politique de division de l’opposition menée par Gbagbo a échoué. Ouattara a réussi un important score de premier tour, a rassemblé l’opposition au second et l’a donc emporté. On voit mal quel intérêt aurait l’ONU à choisir un candidat plutôt qu’un autre : ceux qui la critiquent n’ont jamais apporté la moindre réponse un tant soit peu convaincante à cette question… Dès le 2 décembre, le PS exprimait une position très claire en appelant le pouvoir en place à respecter les résultats de l’élection, puis en reconnaissant le victoire de Ouattara et en appelant au départ sans délai de Laurent Gbagbo que ce soit par des communiqués de la première secrétaire ou du secrétariat international du PS. Ceux qui avaient soutenu Gbagbo avant son coup de force (Jack Lang notamment), l’appellent aujourd’hui à partir. L’internationale socialiste (IS), dont fait partie le FPI de Laurent Gbagbo, reconnaît aussi la victoire de Ouattara.

    Des avis individuels divergents restent. Faut-il les sanctionner ? De mon point de vue, oui. Le soutien public à un autocrate me semble être au moins aussi grave que les commentaires de feu George Frêche sur la composition de l’équipe de France de Football, qui lui avaient valu une exclusion du PS. J’ai d’ailleurs du mal à imaginer qu’un tel soutien serait accepté s’il s’était agi d’un pays situé ailleurs qu’en Afrique. Le FPI peut-il rester dans l’IS ? Cela me semble impossible. Le PS doit à mon sens demander officiellement son exclusion. Je note d’ailleurs que DSK avait déclaré, en 2005 sur RFI, que le FPI n’avait plus rien à y faire. Bref, le leadership doit s’exercer puisque, comme l’écrivait Jules César, la discipline est la force principale des armées.

     

    Thomas Mélonio

    Délégué Afrique du Parti Socialiste


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    Santé, bonheur, prospérité, solidarité.


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    Spécial Côte d’Ivoire (2)

    Les élections ivoiriennes et la situation actuelle provoquent des débats passionnés sur les forums. Je vous livre, dans 2 « Spécial Côte d’Ivoire », quelques échanges.

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    Point de vue

     

    Elections ivoiriennes


    Je lis sur ce forum avec beaucoup d'émotion les analyses des uns et des autres sur les élections ivoiriennes. Si le sujet n'était pas aussi sensible, certaines de ces analyses me feraient allégrement rigoler comme cette intervention de Nicolas Sarkozy « ordonnant » au président  Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir au profit de son « ami » subordonné et affairiste Alassane Ouattara ! ce qui est assez marrant quand on sait que la France a maintenu Houphouët au pouvoir quasi sans élections pendant plus d'un quart de siècle sans qu'elle ne
    trouve rien à redire… si la France veut être juste qu'elle le soit.. Mais je reste convaincu que cette stratégie néocolonialiste n'est pas la bonne et qu'elle terminera d'entamer notre crédibilité sur le continent noir à terme ! Nous devons changer de stratégie ! La françafric à vécu, il faut en faire le deuil et la gauche ne peut pas se faire la complice de cette mascarade ! Un reportage sur la manière dont nous avons à nouveau truqué les élections au Gabon (comme d'habitude depuis 50 ans) a été diffusé sur France 2 le 9 décembre dernier. Comment croire Sarkozy sur les résultats « y voit RIEN » quand on sait qu'il a menti sur les élections « Ga BON aise » ? Il est assez curieux de voir que la presse française pas très loquasse sur les
    élections gabonaises au moment fort de ce scrutin contre la validation duquel beaucoup se sont battus et ont perdu leurs vies se fendent d'analyses aussi farfelues les unes que les autres pour aujourd'hui justifier la victoire de Ouattara. 

    Je ne suis pas certain que la France accepterait que les Nations Unis (ce machin comme le surnommait de gaulle à raison) viennent superviser des élections sur son territoire et se permettre de dire qui a gagné et qui a perdu !

    Le conseil constitutionnel ivoirien a tranché, comme le conseil constitutionnel français l'aurait fait ou la cour suprême des Etats Unis l'eut jadis décidé (cf « la sélection » de gorges bush comme président des US) sur la validité de l'élection. Le fait que le président du conseil constitutionnel ivoirien soit un proche de Gbagbo est « irrelavant ». Sarkozy n'a-t-il pas par
    des nominations tenté d'orienter le conseil constitutionnel français dans son
    sens ? Debré n'est-il pas un président du conseil constitutionnel nommé par Chirac ?
    Will, Londres

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    Point de vue

     

    Laissons les Ivoiriens réglés leurs problèmes entre-eux

     

     

    Convaincu qu'il revient à nos amis Africains de régler leurs problèmes électoraux, je ne souhaitais pas - jusqu'à ce jour - intervenir sur les récentes élections ivoiriennes. La multiplication des messages sur notre forum et leurs propos contradictoires m'invitent aujourd'hui à donner mon sentiment en commentant quelques questions ci-dessous.

    1) Quelle cohérence y a-t-il à vouloir la fin de la FrançAfrique (ou FrançAFric ?)  et à commenter les élections d'un État certes, ami - pour combien de temps encore ? - mais néanmoins étranger et indépendant ?


    J'ai de plus en plus la conviction que ce n'est pas en procédant ainsi que notre Pays, notre Parti et nous-mêmes contribueront à diffuser la culture démocratique. Et ce, d'autant plus que les arguments assénés s'appuient très souvent sur des affirmations pour le moins non établies.  Mais aussi et surtout parce que, au niveau des Institutions internationales, des Pays et des Partis, j'observe que les commentaires résultent plus de pré-jugés que d'observations véritablement fondées. Nous n'apprécierions guère que nos propres élections soient ainsi commentées, même par nos amis. Ensuite, au-delà des votes et des proclamations, qu'un État ou un Parti décide ou non de tirer des enseignements de ce qu'il a pu observer, c'est autre chose. Cela le regarde et chacun d'ailleurs le fait - avec plus ou moins d'honnêteté et plus ou moins vite selon que les résultats lui donnent ou non satisfaction. Enfin, la politique française en la matière n'est-elle pas depuis fort longtemps - nous en étions d'accord et nous nous en réjouissions jusque-là - de ne reconnaître que les Etats et non les gouvernements ? Ceci nous distinguait des politiques des Etats impérialistes ?


    2) Qu'en est-il de beaucoup d'élections en Afrique depuis quelques années ?

    Qui osera affirmer que les dernières élections présidentielles au Togo, au Gabon ou au Congo ont été démocratiques, libres et transparentes ? Ce n'est d'ailleurs pas vraiment la question de la transparence des votes qui semble aujourd'hui la plus importante - encore que, pour la Côte d'Ivoire, mais bien celle du collationnement et de la transmission des résultats. Il est en effet beaucoup plus simple de modifier les résultats sur les bordereaux de centralisation que, comme cela se fait encore pourtant ici et là et rend les fraudes à la centralisation encore plus aisées, de multiplier les électeurs fantômes et les bureaux de vote très encadrés, voire fermés le flux observateurs, qu'ils soient internationaux ou des listes adverses.


    3) Les observateurs internationaux sont-ils impartiaux ?

    Qui peut le croire ? Vous souvenez-vous des observateurs au Togo ? Outre qu'ils ne sont pas en nombre suffisant pour couvrir ne serait-ce que 50 % des bureaux de vote, ne travaillent-ils pas tout d'abord pour ceux qui les envoient et les paient ? En l'occurrence, il y avait environ 20.000 bureaux de vote. Combien d'observateurs internationaux ? Combien ne sont pas partis deux jours avant la fin de leur mandat ? Non, les seuls observateurs qui peuvent être difficilement contestables sont les délégués des candidats, à condition qu'ils puissent accéder aux bureaux de vote et apporter les preuves de ce qu'ils relèvent.


    4) Mais, n'ont-ils pas dit que ce deuxième tour a été globalement satisfaisant ?

    Certains l'ont effectivement affirmé, dans un langage diplomatique tout particulier : du type oui, il y a eu des anomalies, mais, globalement... Ce n'est en tout cas pas le cas des observateurs africains de la Mission de l'Observatoire de la Société Civile Africaine pour la Démocratie et l'Assistance Électorale (OSCADAE) - 620 bureaux de vote visités -, ni de ceux la Coordination des Experts Électoraux Africains - 38 observateurs, ni de ceux de la Coordination de la Mission Internationale de la Société Civile Africaine - 230 observateurs et 1.541 bureaux de vite visités. Vols d'urnes, votes multiples, séquestrations d'observateurs ou de délégués de candidats, militants empêchés de voter, violences, électeurs restés chez eux, refus des observateurs pendant le dépouillement, non affichage des résultats...= crédibilité entachée dans certaines régions, scrutin entaché d'irrégularités majeures dans d'autres... Ne répond pas dans certaines régions aux critères et aux normes internationales d'un scrutin libre, transparente et équitable... Ceci dit, tous concluent en appelant seulement les Ivoiriens... au calme et à suivre les voies légales...


    5) Ces élections ivoiriennes ont-elles bien été les premières depuis toujours à être libres et transparentes ?

    J'ai lu une phrase de ce type sur notre forum. J'ai également vécu en Côte d'Ivoire. Assez longtemps pour avoir assister à un bon nombre d'élections. A cette question, je réponds NON : il y a en effet déjà eu dans le passé en RCI des élections à peu près libres et transparentes. C'était sous Houphouët-Boigny et il y avait une présidentielle tous les 5 ans. Le même Houphouët-Boigny qui, contrairement à ce que j'ai également lu sur ce forum, est bien celui qui a introduit l'ivoirité dans la Constitution après ses propres déboires avec... ADO alors Premier ministre. Ses successeurs n'ont fait que l'aggraver en ajoutant que les parents des candidats  devaient être "eux-mêmes issus d'Ivoiriens".


    6) Ont-elles été libres et transparentes comme certains l'affirment ?

    Je réponds encore NON ! Selon les témoignages dont je dispose, les opérations de vote n'ont été totalement libres et transparentes, ni dans l'une ni dans l'autre des grandes zones d'influence principale des candidats en lice tant au premier qu'au deuxième tour, mais dans quelles proportions au profit de l'un ou de l'autre ? Je ne suis pas de ceux qui pensent que la majorité des électeurs exprime exclusivement un vote ethnique. Mais je ne doute pas non plus que, là où existent encore des milices ou autres forces militaires non nationales bien armées, toutes sortes de pressions peuvent vous maintenir à l'écart du bureau de vote ou du bulletin de votre préférence intime. Comment parler de liberté et de transparence dans de telles conditions ? Le désarmement préalable était une des conditions de l'organisation des élections ivoiriennes. A-t-il été réalisé ? Je suis certain que non. C'était pourtant une des conditions impératives pour un vote démocratique. Je ne parle même pas des vols d'urnes, des agressions physiques, des menaces ou des votes multiples...


    7) Avons-nous la certitude que les résultats annoncés par la CEI et/ou par le Conseil constitutionnel correspondent bien à la sommation des votes dans les bureaux de vote ?

    Là encore, à partir du cas du département du Bandama, je réponds NON. - Dans le cas du Bandama, ce seraient quand même 5.612 électeurs électeurs non-inscrits qui auraient voté (?). Sur un total de votants indiqué sur le p-v de 292.702. On me dira que cela fait à peine 2 % (1,92 %). Certes, mais dans un deuxième tour d'une présidentielle ce n'est pas rien.
    près la moitié de ce qu'il faudrait au niveau national pour faire basculer le résultat ! Par contre, pour son compétiteur LG je ne note aucun écart entre le total indiqué et une sommation des résultats détaillés. Je me garderais bien, d'ici, au chaud :-(  , d'avoir un avis sérieux sur les résultats réels et sur la volonté effective de la majorité des citoyennes et citoyens ivoiriens.

    8) Un ancien du FMI est-il automatiquement qualifié pour gérer un État ?

    André Milongo, ancien du FMI a été Premier ministre au Congo de juin 1991 à août 1992. Quel redressement de la situation économique et social a-t-il engagé au profit des Congolais ?
    ADO a été Premier ministre en RCI de novembre 1990 à décembre 1993. Qui pourrait oser dire que ces trois années ont été meilleures pour les Ivoiriens que les périodes précédentes ?
    Je pourrais aligner d'autres cas pour démontrer que le FMI n'est en rien une école de formation de Chefs d'Etat ou de Premiers ministres responsables.


    9) Qui va y gagner ? Qui va y perdre ?

    Qui va gagner ? Ceux qui ont du café et du cacao dans leur portefeuille? Tout trouble en RCI est propice à ce genre d'affaires spéculatives. Dans des proportions énormes d'ailleurs. La partition de 2002 à rapporté 10 fois le montant des investissements faits pour y conduire.

    Qui va perdre ? Proverbe que vous pouvez lire sur certains taxis en RCI : "Petit paie toujours!"

    Jacques, Paris

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    Côte d'Ivoire: le PS "n'a qu'une position" et reconnaît la victoire de Ouattara. (AFP-extrait)

    PARIS. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a rappelé lundi la position
    officielle de son parti concernant la Côte d'Ivoire, qui "considère que le
    peuple ivoirien a choisi son président", Alassane Ouattara, dont l'élection
    "ne souffre aucune contestation".

    "Nous considérons que le peuple ivoirien a choisi son président avec une
    avance assez importante sur Laurent Gbagbo, 54% contre 46%, et que cela ne souffre aucune contestation", a déclaré M. Hamon lors du point de presse hebdomadaire du PS.

    "Il n'y a qu'une seule légitimité démocratique issue du suffrage universel
    en Côte d'Ivoire, et cette légitimité démocratique, seul Alassane Ouattara
    peut s'en prévaloir", a-t-il dit. "Nous appelons nous, Laurent Gbagbo, dont le parti est membre de l'Internationale socialiste, à tout mettre en oeuvre pour mettre fin à cette situation ubuesque où deux présidents cohabitent", a-t-il poursuivi. "Il n'y a qu'une position du PS" concernant la Côte d'Ivoire, a-t-il insisté. "Ne retenez que celle-là", a assuré M. Hamon.

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    Point de vue

     

    Laurent Gbagbo doit partir

     

    je voulais vous parler de la CI. Notre pays a depuis jeudi deux Présidents qui ont prêté serment , un gouvernement dirigé par l'ancien premier ministre du président sortant ...bref la Cote d'ivoire a sombré , je dirai dans le ridicule s'il n' y avait des vies en jeu, dans tous les cas dans la confusion la plus totale > et le risque d'embrasement est grand. Que penser de ces événements ? Le premier tour s'était bien passé , dans le calme, et nous avions même assisté
    sur la chaîne RTI à un débat courtois entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara....tout paraissait se dérouler au mieux , dans le respect des règles démocratiques que les deux  candidats affirmaient être leur souci constant. Les résultats devaient être proclamés dans les 3 jours suivants le vote par la Commission électorale indépendante, qui avait pour tâche de
    vérifier et de compiler les résultats. Alors même que le SG de la CEI allait proclamer les résultats , un de ses membres , soutien de Gbagbo l'en empêche physiquement au motif que tous les membres ne sont pas d'accord et que le parti de Gbagbo demande l'annulation des votes du nord, région traditionnellement favorable à Ouattara . La CEI tergiverse et ne proclame les résultats que le jeudi 2 décembre et déclare Ouattara vainqueur par 54,10% des voix , résultats confirmés par l'ONUCI , dont les parties en lice avaient accepté le rôle de superviseur  . Le Conseil constitutionnel ivoirien ,plutôt favorable à Gbagbo,  annule les voix des régions du nord et proclame Gbagbo vainqueur par 51.45% des voix ....Tout est en place pour que se rejoue un drame bien connu de nos pays ...L'ONU et de nombreux  gouvernements , l'Union africaine reconnaissent la victoire de Ouattara qui devient immédiatement le "Président de l'étranger" pour les supporters de LG. La tension est grande et  l'armée fait fermer les frontières, interdire les émissions des radios étrangères , bref black out total ..qui n'empêche pas cependant les ivoiriens de s'épancher sur le net ou sur twitter.


    Le Parti socialiste français cafouille un moment ( le FPI , parti de Gbagbo est membre de l'Internationale socialiste) car le "camarade" Laurent a quelques supporters inconditionnels dans nos rangs , pour ne citer que Jack Lang et Jean-Marie Le Guen avec lesquels notre fédération avait déjà eu quelques soucis ...Au moment où je vous écris la position du parti est
    claire et je m'en réjouis : il demande à Laurent Gbagbo de respecter les résultats proclamés par la CEI ..même Jack Lang s'est fendu d'une missive à son cher Laurent en lui disant  "Tu te grandirais en reconnaissant les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante mise en place avec ton plein accord [....]"Il t`appartient, à présent, d`accomplir le geste de retrait qui préservera l`unité ivoirienne et assurera la perpétuation de la démocratie dont tu as été le refondateur. Il faut espérer aussi que le Président nouvellement élu saura, à ton exemple, constituer un gouvernement de réconciliation nationale", poursuit l`ex-ministre
    > socialiste. "J`en appelle à ton amitié et aux valeurs communes que nous partageons. L`oeuvre accomplie par toi pour la Côte d`Ivoire est importante" Espérons que Laurent Gbagbo saura entendre l'appel de son camarade socialiste , à défaut de celui de celui d'Abdou Diouf, socialiste lui aussi,  qui a sur résister à l'appel des sirènes du coup d'état et reconnaître sa défaite .

    Jean-Jacques, Afrique du Sud.

     

     


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    Français du Monde-ADFE et le Conseiller Jean-Daniel Chaoui vous présente leurs meilleurs voeux pour la nouvelle année 2011.

    Santé, bonheur, prospérité, solidarité.


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    Spécial Côte d’Ivoire (1)

    Les élections ivoiriennes et la situation actuelle provoquent des débats passionnés sur les forums. Je vous livre, dans 2 « Spécial Côte d’Ivoire », quelques échanges.

     

    14 000 français en Côte d'Ivoire
    90 familles à Français du Monde-ADFE Côte d’Ivoire.

    Point de Presse du Ministère des affaires étrangères, lundi 27/12/2010.

     

    COTE D'IVOIRE


    Q - Comment réagissez-vous à la mise en cause par Laurent Gbagbo, dans une interview au Figaro, des ambassadeurs de France et des Etats-Unis, qu'il accuse d'un "complot" au moment de la proclamation des résultats de la présidentielle ? Par ailleurs les pays de la CEDEAO n'y vont-ils pas un peu forts et ne jouent-ils pas un jeu dangereux, en brandissant la menace d'une
    intervention militaire ? 


    R - Ces mises en cause n'ont aucun fondement et ne doivent pas occulter les prises de position de l'ensemble de la communauté internationale, notamment des Nations unies, de la CEDEAO, de l'Union africaine, de l'Union européenne et du FMI. Nous saluons la détermination de la CEDEAO dans la gestion de la crise ivoirienne, et en particulier les décisions prises par les chefs d'Etat de l'organisation lors de leur sommet extraordinaire tenu à Abuja vendredi 24 décembre. Comme nous le disons depuis le début de la crise, nous estimons qu'il revient au premier chef aux Africains eux-mêmes, avec l'appui de la communauté internationale, de défendre en Côte d'Ivoire les valeurs auxquelles nous sommes tous attachés afin qu'il ne soit pas fait entrave à l'exercice du pouvoir par le président élu et son gouvernement.

     
    Q - Le camp Ouattara affirme avoir relevé de ses fonctions Pierre Kipré, ambassadeur de Côte d'Ivoire en France. Avez-vous pris acte de cette décision ? Si oui, quelle conséquence en avez-vous tiré ?


    R - Nous avons pris acte de cette décision prise par les autorités légitimes de la Côte d'Ivoire, ainsi que de la demande d'agrément pour un nouvel ambassadeur ; la procédure d'agrément est en cours.


    Q - Avez-vous reçu une demande des autorités libanaises pour aider à rapatrier leurs ressortissants ? Confirmez-vous l'information selon laquelle un navire de guerre hollandais s'est dirigé vers les côtes de Côte d'Ivoire, à la demande de la France, pour aider à rapatrier des ressortissants européens ?


    R - Nous sommes en contact avec de nombreux pays s'agissant des conditions de sécurité en Côte d'Ivoire. Nous restons à cet égard très vigilants. Avec le Liban, nous avons un dialogue régulier que ce soit ici à Paris, à Beyrouth ou bien encore à New York au Conseil de sécurité.
    S'agissant des Pays-Bas, nous sommes en contact avec eux comme avec l'ensemble de nos partenaires européens.

     

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    Point de vue

     

    Laurent Gbagbo et la Côte d’Ivoire

    En parcourant d’innombrables forums de discussion, il apparaît qu'une écrasante majorité d'Africains vivant en France et dans le reste du monde dénoncent vigoureusement le hold-up électoral perpétré par Laurent Gbagbo. Un coup fatal porté contre un long processus démocratique auquel tous les Ivoiriens avaient placé beaucoup d’espoir. D'autres internautes semblent justifier ce coup de force lorsqu’ils l’examinent à l’aune des relations incestueuses instaurées entre la France et l’Afrique. Et le crime, à leurs yeux, semblent procéder du soutien que la France a toujours apporté à Alassane Ouattara qui, de fait, apparaît comme un homme lige, un parangon de la Françafrique, au même titre qu’Ali Ben Bongo au Gabon ou Faure Eyadema au Togo. Mais c’est là où le raisonnement commence à friser l’irrationalité car Alassane Ouattara est tout le contraire de cette nouvelle génération de dirigeants africains passée au pouvoir par des procédures électorales contestataires et héritière d’une logique confiscatoire du pouvoir. Le documentaire de Patrick Banquet, diffusé sur France 2 (« Françafrique : raison d’état) le jeudi 9 décembre l’a bien montré. Un haut fonctionnaire français y atteste de l’inversion des résultats électoraux au Gabon en faveur du fils de Bongo. Le fait est que ce genre de forfaiture date de l’époque coloniale comme le rapporte Omar Bongo lui-même dans Blanc comme nègre :

    « J’étais au service des télécommunications, dans un bureau qu’on appelle BCR, où on travaillait sur les transmissions. Je voyais passer des télégrammes de toute nature. Je tombe un jour sur une dépêche transmise par un général français qui venait du gouverneur des colonies et qui était adressée aux chefs des circonscriptions administratives. Son contenu était clair : elle indiquait pour chaque élection, quel devait être le gagnant, l’heureux élu ! Au Gabon, la France avait choisi Jean-Hilaire Aubame. Jolie démocratie formelle ! Bel exemple pour les jeunes Africains que nous étions ! Petite parenthèse : lorsque j’entends les bonnes âmes françaises faire la fine bouche sur le caractère insuffisamment démocratique de nos élections, je pense qu’elles devraient se souvenir de ce passé pas si lointain ».

     Après 27 ans de parti unique, Bongo instaurera  à son tour ce modèle de « démocratie formelle » et en fera bénéficier  son fils sous la bienveillance de la France.

    Ali Ben Bongo 37%, Mba Aubame 42 %. La communauté internationale à la quelle appartient la France savait que les résultats avaient été trafiqués. Elle ne les a pas contestés. Bien au contraire, elle a adressé des félicitations au fraudeur. « Bel exemple de démocratie ! » comme dirait feu Omar.

    Laurent Gbagbo a tout simplement mis en lumière les pratiques barbares instaurées en Afrique depuis la coloniale pour la préservation des intérêts économiques occidentaux. C’est en cela que Gbagbo nous place dans un état de schizophrénie. Nous le condamnons sans le condamner véritablement. Il a commis une forfaiture que d’aucuns assimilent plutôt à un acte de résistance, un affront, une sorte de boomerang, un terrible schellacking (claque) sur le   visage de l’ancienne puissance coloniale qui n’a vraiment jamais accepté l’indépendance de l’Afrique (on donnerait raison au président Bouteflika lorsqu’il affirme que la France n’a jamais réellement accepté l’indépendance de l’Algérie), et qui alimente un discours misérabiliste, doublé de paternalisme, sur l’Afrique (cf. le discours de Sarkozy à Dakar, et en 1990 la déclaration de Jacques Chirac sur une Afrique qui ne serait pas mûre pour la démocratie). L’Afrique est responsable de ces malheurs parce qu’elle refuse d’entrer dans l’histoire. Il y aurait « antinomie entre la démocratie et l’Afrique ». Des absurdités que contredit le rejet par les Africains de tous les héritiers d’anciens dictateurs et autocrates que la France s’arrangent à maintenir en poste.


    Cet état de chose fait bizarrement de Laurent Gbagbo, pourtant le fossoyeur de la démocratie ivoirienne, l’incarnation du patriotisme, du nationalisme, de la résistance face à un Ouattara soupçonné d’être le « chouchou » d’une Françafrique que beaucoup d’Africains tiennent en horreur. Reconnaissons-le. Nous naviguons là en plein autisme.  Mais cette folie est tout simplement due au cynisme dont la France et la communauté internationale ont toujours fait montre vis-à-vis du continent africain. Au point de nous pousser à tolérer l’intolérable. A ne plus savoir où nous en sommes.

    Anna, Pays-bas.

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    Point de vue 

                                                   

    Afrique, Côte d’ivoire et Démocratie…  

     

        Élections présidentielles sans heurts au Burkina Faso : Blaise Compaore réélu, à 80% grosso modo, comme un certain Chirac un grand soir d'anti-fascisme. 80% des voix au Faso, en chiffres ça donne :

       15 millions d'habitants dont 7 millions d'âmes en âge de voter (puisque plus de 60% de mineurs ici-bas), 3,5 millions de cartes d'électeurs en circulation pour 1,7 million de suffrages exprimés, soit guère plus d'un million de citoyens prêts à rempiler avec le Big Brother. Les observateurs internationaux ont entériné ces résultats en enterrant la volonté du peuple burkinabè uni autour de 190 partis parmi 70% d'analphabètes.

     

       "La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature." (Noam Chomsky) 

     

       Dans la foulée chez Le Blaiso victorieux, on prépare les festivités du cinquantenaire de l'Indépendance pendant que chez le voisin, en Côte d'Ivoire, on ne connaît que deux chiffres : 54 contre 46, comme un grand soir où la gauche se réveillerait en France. Ouattara, ça n'est pas la gauche, pour sûr ! mais peut-être, a minima, le désir de paix que le peuple ivoirien a souhaité exprimer lors de ces présidentielles inespérées.

       L'ONU confirme, l'OUA aussi puis la CDEAO, jusqu'au PS depuis la France (isolant son poète Jack Lang) : toute la Communauté Internationale reconnaît Ouattara vainqueur. G'bagbo dans son coin rechigne, comme un gamin qui a perdu un match et le reproche à l'arbitre. 

       Pourtant, il voudrait bien la paix aussi, G'bagbo, chez lui. Tout ce bruit assourdissant de la Communauté Internationale autour de sa CENI (Commission nationale électorale Indépendante) et ses 4 à 5 petits millions d'électeurs, ça le rend hargneux. Il aimerait peut-être aussi qu'on fasse un peu de bruit en Egypte par exemple, où Moubarak boycotté des deux bords (laïque et islamiste), s'apprête à sortir vainqueur d'une prochaine présidentielle (à 80% grosso modo, on s'habitue) après tant d'années de pouvoir sans partage.

     

       Quelle chance il a ce Moubarak de plaire à la Communauté Internationale ! La Communauté Internationale moderne entendons bien, non plus celle de l'Internationale Socialiste des post-Indépendances mais celle du FMI, bien d'aujourd'hui, rassemblant dans le même sac des opposants aussi modérés qu'un DSK ou Ouattara espérant au mieux, chacun, l'emporter d'un 54 à 46...

       Donc G'bagbo, il pète un câble, on s'y attendait, c'est entendu. Le cas Moubarak, ça doit lui rappeler le fouet d'Houphouët, lequel ne s'est pas privé de l'enfermer quelques fois en son temps au pouvoir (sans partage non plus). Alors, les aigreurs d'estomac revanchard, ça remonte le sens de l'Histoire. La guerre a la mémoire longue et c'est la démocratie aujourd'hui qui le torture, une fois de trop.

     

       Heureusement, il y a des gens heureux en démocratie. Et les plus heureux, savez-vous qui c'est ? Les Haïtiens !

       Oui oui, bien devant les Irakiens ou Afghans rôdés à leur petite guerre civile, voici un peuple martyre, depuis toujours lanterne rouge au Guinness de la misère, qui vient à peine de déblayer les décombres d'un tremblement de terre, que le choléra décime et auquel on demande de voter !!! Du coup, évidemment, en plein malheur solidaire, ils se foutent déjà sur la gueule... 

     Didier, Bobo-Dioulasso      

                        

                      

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    Point de vue

     

    Elections en Côte d’ivoire

    Je lis « premières élections libres en en Côte d’Ivoire ». Pour la liberté, il y en avait, certes, mais pour qui ? Tant et si bien que le nord du pays, faut-il le répéter, était contrôlé par  les Forces Nouvelles, groupe armé de la rébellion de 2002 et encore contrôlé par les milices proches des Forces Nouvelles. Quelques observateurs « neutres/indépendants » ont pu remarquer des fraudes et comportements manifestes faussant le scrutin. La plupart des observateurs « internationaux », qui devaient remplir cette fonction, n’étaient pas présents sur place lors des votes. Liberté, oui, pour les citoyens du nord qui faisaient ce qu’ils voulaient, et contrôles assidus dans le sud où la proximité de la capitale Abidjan donnaient une meilleure impression de sécurité pour des observateurs qui ne sont pas des aventuriers, loin de là.

    « C’est un fait reconnu par tous ». Sur quelles bases ? Saint Thomas, normalement ne croit que ce qu’il voit ! La cerise sur le gâteau est certainement la reconnaissance d’une victoire de Ouattara par la dernière réunion CEDEAO… toute une clique de gens de paille investis par pétroliers, marchands de coton, et autres traders… Les invalidations de votes existent dans les règles constitutionnelles de la Côte d’Ivoire pour divers cas, les cas se sont présentés et le Conseil ad-hoc a appliqué les règles.

    Où sont les levées de boucliers au sujet des élections toutes aussi récentes en Egypte ? Quand l’ubuesque en ce pays atteint des sommets.

    Qui s’est insurgé contre l’élection de Chirac quand celui-ci ferraillait avec Balladur et Jospin ? Pourtant, les comptes de campagne des deux candidats de droite devaient, constitutionnellement, amener à l’invalidation du résultat de l’élection. Et une chape de silence fut même installée à ce moment, avec la bénédiction du premier du Conseil constitutionnel, un socialiste qui pense qu’on oubliera ainsi les nombreuses casseroles qu’il traîne, du nom de Roland Dumas.

    Gabgbo a permis à la Côte d’Ivoire d’avoir, enfin, une première élection, avec des électeurs, enfin, identifiés. Malgré la partition du pays, armée régulière dans le sud, ex-rébellion dans le nord. Partition soutenue au fond par les Nations Unies en maintenant (aujourd’hui encore) un corridor entre les deux parties. Quant au projet françafricain, il est bien de donner le champ libre aux capitaux occidentaux à s’installer dans ce pays en faisant acte d’allégeance à celui qui est prêt à vendre matières premières et sueur du peuple contre le contrôle de divers pôles permettant l’enrichissement personnel. Tout le contraire du processus souhaité par un nationaliste tel Gabgbo cherchant de prime-abord une bonne santé du peuple et de l’économie de la Côte d’Ivoire.

    Emile, Côte d’Or.


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