• Edito n°125 : Corne de l’Afrique, une famine de trop !

     Intervenant lundi 8 août sur France Inter, Denis Brooman, ancien Président de MSF, a utilement rappelé que la famine qui affecte la corne de l’Afrique était, certes, extrêmement grave, mais qu’elle ne concernait pas l’ensemble de cette zone sinon des « poches précises ». Il s’élève ainsi contre les présentations qu’il juge exagérément dramatisées de la part des associations humanitaires opérant dans la zone et notamment de l’UNICEF qui entretient une campagne active dans les médias en France. Cette opinion dénote dans le discours ambiant. Elle interroge sérieusement sur le risque de banalisation du catastrophisme qui guette les interventions humanitaires en Afrique.

     Au-delà de cette famine de trop pour laquelle la communauté internationale doit se mobiliser afin d’éviter des milliers de morts et les images effrayantes qui nous sont périodiquement montrées à la télévision concernant des populations décharnées et mourant littéralement de faim, de soif après avoir parcouru des centaines de km en ayant tout perdu, il faut s’interroger sur la redondance de ce phénomène dans cette partie du continent. Les modifications climatiques et la sécheresse ne peuvent tout expliquer. Deux autres facteurs interviennent fortement sur cette situation.

     Le premier, endogène, est politique. L’absence d’Etat en Somalie depuis plus de 20 années, a installé une instabilité permanente entrainant des affrontements entre un gouvernement officiel qui ne contrôle pas grand-chose et des milices qui, au-delà de déclarations idéologiques construites, entretiennent aussi des activités très diverses comme le montre la prolifération du phénomène de piraterie dans la zone. Force est de constater que l’occident n’a mis que quelques semaines à intervenir en Lybie alors qu’elle a abandonné la population somalienne à la guerre et à la famine depuis deux décennies. L’opération « Restore hope » qui s’était terminée tragiquement pour les forces américaines de maintien de la paix en Somalie n’est plus qu’un très vague souvenir et l’espoir s’est envolé.

     Le second est exogène. Les marchés se sont en effet emparés depuis quelques années des PPN comme objets de spéculation, achetant et revendant en poussant à la hausse, augmentant ainsi les difficultés des gouvernements des pays du Sud à s’organiser pour se prémunir contre les pénuries alimentaires. Les déclarations du G20 et la crise financière n’ont pas modifié les comportements spéculatifs, quelqu’en soient les conséquences dramatiques. Il faudra bien que la communauté internationale finisse par s’intéresser à ce problème si l’on veut maitriser à terme une géopolitique alimentaire cohérente qui fait de plus en plus défaut au niveau mondial.

     La Rochelle, le 9 août 2011

    Jean-Daniel Chaoui

    Candidat PS législatives Français de l'étranger 2012

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    Pour une réforme complète des indemnités des Conseillers élus à l’AFE (révision de leurs montants et indexation en fonction de l’évolution du coût de la vie locale)

    30 juin 2011 – 07:03

    Par Tanguy LE BRETON, Amsterdam

    Afin de faire face aux frais engagés dans le cadre de leur mandat, les Conseillers élus à l’AFE reçoivent deux indemnités :

    (1) Une indemnité mensuelle de 1000 EUR pour tous les frais relatifs à l’exercice local de leur mandat dans leur circonscription.


    Ces frais peuvent être décomposés en général en plusieurs postes, de la manière suivante par ordre d’importance :

    • Déplacements dans la circonscription pour se rendre aux réunions, principalement celles organisées par le ou les Consulats ; lorsque la circonscription comporte plusieurs pays, les Conseillers sont confrontés non seulement à des frais de transport importants, souvent en avion, mais également d’hébergement et de restauration quand ils ne peuvent revenir dans la journée (c’est le cas – pour ne prendre qu’un exemple – pour la circonscription d’Argentine – Uruguay – Chili). Il serait donc logique de défrayer ces déplacements à leur cout réel, ce qui n’est pas le cas actuellement.

    • Frais de secrétariat et d’assistance pour la correspondance et les contacts

    • Frais de bureau (investissement et entretien du matériel bureautique, frais postaux, frais de téléphonie locale et internationale)

    • Abonnements spécifiques pour Internet (site ou blog, service d’envois d’email en nombre, autres services tels que enquêtes et sondages), abonnement de téléphonie mobile

    • Frais d’invitations et de réceptions, soutien aux associations (adhésions et dons)
    Ces frais sont en moyenne supérieurs à la somme de 1000 EUR pour un Conseiller normalement actif (*), d’autant plus lorsqu’il est le seul élu sur la circonscription ou lorsque sa circonscription est très étendue géographiquement. Comme on le voit cette indemnité ne prend nullement en compte le temps passé par l’élu pour son activité, même lorsque ce temps est pris sur son temps de travail (jours de vacances, RTT ou congés sans solde)

    (2) Une seconde indemnité forfaitaire semestrielle pour leurs frais de session à Paris
    Elle est versée tous les 6 mois pour couvrir les frais de déplacement entre la circonscription et Paris et les frais d’hébergement complet durant la semaine de session à Paris. Cette indemnités est variable et dépend donc de la distance de la circonscription avec Paris, elle est comprise entre 1067 EUR pour Andorre (Europe) et 6708 EUR pour Sydney (Australie) (**)

    Ces deux indemnités sont à ce jour insuffisantes pour donner les moyens dont les Conseillers ont réellement besoin dans l’exercice de leur mandat, surtout lorsqu’ils sont le seul élu de leur circonscription ou que leur circonscription englobe plusieurs pays.

    Afin d’apporter plus de justice au système, il faudrait :

    - que les Consulats et les Ambassades prennent en charge les frais de déplacement pour les commissions qu’ils organisent (y compris pour les représentants des associations qui parfois ne se déplacent pas faute de moyens)

    - que l’indemnité mensuelle soit indexée annuellement sur le coût de la vie locale (sensiblement différente de Tokyo à Bamako par exemple), elle n’a pas été augmentée depuis janvier 2007

    - que l’indemnité mensuelle soit alignée sur les indemnités des Conseillers territoriaux français de manière à leurs donner de vrais moyens pour l’organisation de leur mandat et que cette indemnité soit soumise également aux prélèvements obligatoires en vigueur en France

    - que les indemnités de sessions soient révisées afin de mettre à jour les montants qui comportent de grandes différences inexpliquées entre circonscriptions

    Cette réforme devra être nécessairement menée au sein de la commission des lois et règlements de l’AFE pour émettre une première recommandation qui pourrait ensuite être soumise à l’administration et à la décision du Ministre (***).

    Source : Lettre d’information des Conseillers indépendants à l’AFE


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  • Communiqué  : Nouveau blog : http://ps10-circons2012.blogg.org , blog des législatives 2012, candidat du Parti socialiste.

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    Mercredi 26 janvier 2011, Europe 1, M Aubry

     

    Égypte

    Martine Aubry a souhaité mercredi que les Egyptiens arrivent "comme les Tunisiens" à "faire en sorte que leur pays s'ouvre vers la démocratie et plus de justice". "Moi je ne dis pas +Moubarak dégage !+, je dis +nous soutenons tous les peuples qui se battent+", a déclaré Mme Aubry. "J'espère qu'ils (les Egyptiens) arriveront à le faire, avec la même dignité et le même courage que le peuple tunisien, pour la liberté, pour la démocratie, pour la lutte contre la corruption et pour plus de justice", a-t-il ajouté.

     

    "Dans le fond les Egyptiens disent exactement la même chose que les Tunisiens", a-t-elle jugé, souhaitant qu'ils parviennent comme eux "à faire en sorte que leur pays s'ouvre vers la démocratie et plus de justice" mais "sans les morts, parce que cette répression tunisienne a été effrayante. Nous soutenons partout dans le monde les peuples qui se battent pour la liberté",

     

     

    M Alliot-Marie

    La France déplore les morts lors de manifestations en Egypte, a déclaré mercredi la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, en rappelant la politique française visant à appeler "à plus de démocratie dans tous les Etats".

     

    "Je ne peux que déplorer qu'il y ait des morts, deux parmi les manifestants, un parmi les policiers", a dit la ministre à RTL. "On doit pouvoir manifester sans pour autant qu'il y ait des violences et encore moins des morts", a-t-elle ajouté.

     

    "Il ne s'agit pas pour la France de faire de l'ingérence" mais "nos principes sont des principes de respect de l'Etat de droit, de non-ingérence mais aussi d'appel à ce qu'il y ait toujours plus de démocratie et de liberté dans tous les Etats", a poursuivi la ministre, qui était en Egypte samedi.

     

    Deux manifestants et un policier ont trouvé la mort mardi lors de manifestations rassemblant plusieurs milliers d'Egyptiens réclamant le départ du président Hosni Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis 30 ans.

     

    Interrogée sur le parallèle avec la Tunisie, la ministre a souligné que "les situations sont différentes dans chacun des pays". Pour autant, en Egypte, "il y a certainement (...) une double aspiration, à davantage de bien-être" et "de liberté dans différents domaines", a-t-elle dit.

     

    Revenant sur sa proposition controversée d'aider les forces de police tunisiennes avant la chute du président Ben Ali, Michèle Alliot-Marie a reconnu qu'elle s'était "peut-être mal exprimée". "J'ai été mal comprise", a-t-elle ajouté en assurant ne pas se sentir "affaiblie".

     

    Ses propos, tenus il y a quinze jours, ont suscité dans les rangs de l'opposition en France des appels à sa démission.

     

    RMC, R Yade

     

    Égypte

    R Yade a rejoint l’Unesco ; elle est membre de l’UMP et du parti radical ; le peuple égyptien dit « Moubarak dégage »

     

    La moindre des choses pour un responsable politique est d’écouter le peuple et de prendre en compte ses aspirations autrement que par la répression. L’exemple tunisien est encore dans toutes les têtes. Je crois que la révolution tunisienne est un véritable avertissement pour tout le monde, y compris d’ailleurs pour les démocraties. Et, en ce sens, quand un vent de liberté aussi puissant se lève, il est très difficile de l’arrêter. Je pense qu’il faut plutôt être à l’écoute d’un

    Peuple qui souffre, qui revendique des libertés politiques. Ce n’est pas seulement des révoltes sociales, c’est une révolte politique qui s’est exprimée en Tunisie et je crois qu’il faut être très attentif et très à l’écoute de ces peuples-là. Quand des hommes se lèvent pour réclamer leur liberté, au nom des droits de l’Homme, de la Justice sociale, les gouvernements n’ont d’autres choix que d’y répondre par l’écoute, des solutions concrètes et des ouvertures démocratiques, c’est certain.

     

    (…) (En France) nous avons une antériorité en matière de révolution politique. En 1789, nous avons eu cette audace inouïe de dire que les hommes naissent libres et égaux en droit et les peuples n’ont jamais oublié. Et, c’est vrai que cela nous confère des droits en particulier, une singularité, qui fait que notre pays n’est semblable à nul autre. C’est pour cela que l’attente est forte vis à vis de la France.

     

    Tunisie

    Je ne vais pas juger a posteriori et dire on aurait du faire ceci ou cela. (…) J’avais cette casquette des droits de l’Homme, mon rôle était de discuter , de m’adresser d’avoir pour interlocuteur d’abord les militants des droits de l’Homme.

    (…) Je comprends que les droits der l’Homme ce n’est pas une baguette magique, les Tunisiens le montrent, c’est un combat difficile, un équilibre précaire. Moi, j’ai toujours pensé que l’intérêt supérieur de la France, c’est la promotion des droits de l’Homme et des libertés politiques.

     

    France Info, O. Besancenot

     

    Tunisie

    Il n’avait jamais vécu de révolution "de l’intérieur" : Olivier Besancenot est allé voir de près, à Tunis, voir comment cela se passe. Et quels enseignements tirer pour les révolutionnaires français dont il se réclame.  

     

    "J’ai cette particularité d’appartenir à cette génération de révolutionnaires qui a milité jusqu’à présent sans révolution existante. Et ce qui se passe en Tunisie est la preuve qu’à chaque instant, tout peut survenir", explique Olivier Besancenot. "Rosa Luxembourg, qui s’y connaissait en révolution, avait une bonne formule : ’A l’instant d’avant, ça parait impensable. Et à la minute d’après, ça paraît évident’," poursuit le leader du NPA. En Tunisie, cette révolution du jasmin est "vraiment un mélange de la question sociale et de la question démocratique", analyse-t-il.

     

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    Point de vue

     

    L’avenir de l’Afrique francophone se joue en côte d’Ivoire

     

     

    La France voit disparaître progressivement son hégémonie d’autrefois en Afrique. Alors qu’ils étaient seuls avant la colonisation et après le retrait soviétique dans les années 1980, les Occidentaux affrontent aujourd’hui un concurrent de taille qui ne cache pas ses ambitions en Afrique : la Chine. Derrière le conflit de succession à la présidence de la République ivoirienne se joue en réalité le conflit d’influence entre le monde occidental et la Chine mais aussi avec d’autres puissances émergentes comme l’Inde. Il y a au-delà tout le conflit sur lecontrôle des ressources naturelles de ce pays et de ce nouvel Eldorado pétrolier qu’est le Golfe de Guinée. Un peu partout dans le continent, Français, Britanniques et Américains perdent des marchés au profit des nouveaux partenaires (Chine, Inde, etc.). Après la contestation dans le monde arabe et latino-américain contre les intérêts pétroliers des firmes occidentales, l’Occident ne souhaite plus perdre le continent africain qui est le seul espace qui lui reste soumis.

     

    Les milieux politiques occidentaux voient ainsi en Laurent Gbagbo celui qui représente cette Afrique qui cherche à se soustraire du contrôle occidental pour affirmer sa souveraineté tandis que Alassane Ouattara, « ami » des Français (en particulier de Sarkozy), ancien directeur du FMI, représente le gestionnaire idéal (parce que libéral) de la Côte d’Ivoire. Il est sur la droite ligne des interlocuteurs appréciés à Washington, Londres, Paris et Bruxelles. Nous sommes en présence de l’éternel conflit entre pro et anti qui était extériorisé entre Lumumba et Mobutu. Au Congo, l’Occident avait utilisé de gros moyens pour liquider Lumumba et installer Mobutu au pouvoir parce que celui-ci défendait bec et ongle les intérêts des firmes et des puissances occidentales. Le sort de la Côte d’Ivoire risque de se ressembler à celui du Congo si on n’y prend garde. Gbagbo, comme Lumumba, est vu comme un nationaliste dangereux tandis que Ouattara, comme Mobutu, est l’homme de l’ouverture du marché ivoirien aux intérêts des firmes et nations étrangères. Le décor congolais des années 1960 est bien planté en Côté d’Ivoire. Autrefois au Congo, la communauté internationale, en s’appuyant sur l’ONUC (l’ONU au Congo), était unanime quant à la liquidation physique de Lumumba, de la même façon, dans le cas de la Côte d’Ivoire, la même communauté internationale, en s’appuyant sur l’ONU en Côte d’Ivoire, est unanime quant à la liquidation de Gbagbo. Le conflit en Côte d’Ivoire est un exemple de la renaissance de la guerre froide, c’est-à-dire de la guerre entre l’Ouest et l’Est sur le territoire africain et pour des intérêts extérieurs au continent. Mais est-ce que les Africains comprennent cela?

     

    Conclusion

    Au-delà de l’enjeu électoral, c’est tout le destin du continent africain (plus précisément de l’Afrique francophone) qui se joue en Côte d’Ivoire. L’issue de ce conflit déterminera si l’Afrique s’engage dans la voie de sa seconde indépendance en affirmant sa souveraineté ou si au contraire la recolonisation de l’Afrique reprend ses droits. Si la Côte d’Ivoire perd dans ce conflit, le pillage des ressources naturelles de l’Afrique sera plus immense et plus profond, car l’Afrique est aujourd’hui l’unique espace où les firmes occidentales imposent leurs lois sans négociation avec les autorités étatiques.

     

    Le retour de la France en Côte d’Ivoire entraînera une menace plus sérieuse pour plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine et de l’Afrique subsaharienne dans lesquels se trouvent des ressources naturelles stratégiques convoitées partout dans les capitales occidentales. Comment sortir l’Afrique de la nouvelle colonisation afin d’assurer sa souveraineté ? Voilà la question qui doit préoccuper les Africains dans leur ensemble mais plus particulièrement les Africains francophones plus touchés par la mainmise occidentale dans l’économie de chaque nation. Les pays les plus puissants ont pris une telle avance qu’ils s’octroieront continuellement plus de droit de regard sur les pays les plus pauvres et les institutions internationales sont devenues des lieux où leurs décisions sont imposées (déjà, aucun pays faible ne fait partie du Conseil de Sécurité de l’ONU). Nous assistons au retour de la loi de la jungle dans la gestion de cet univers international déjà anarchique (ne dit-on pas que c’est le plus fort qui gagne et qui impose sa loi ?). Il faut voir dans la globalisation un retour à une nouvelle forme de colonisation qui ne dit pas son nom.

     

    La compréhension des enjeux internationaux et des plans des puissances occidentales qui ne peuvent plus se passer du pillage des Etats africains pour assurer leur aisance matérielle doit davantage pousser les Africains à revendiquer leurs droits. On a enfin compris que les pays occidentaux qui s’affublaient de l’étiquette d’Etats respectueux de démocratie, de droits de l’homme, d’éthique sont loin de respecter ces principes moraux. Il n’y a que la sauvegarde de leurs intérêts qui compte. Pour réussir à conquérir leur souveraineté, cinquante ans après l’acquisition de leur indépendance nominale, les Etats africains doivent devenir solidaires et lutter ensemble. La première étape commence par la résolution pacifique du cas ivoirien.

     

    Fweley Diangitukwa (Congolais RDC), professeur installé en Suisse

     

     

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    Communiqué du Sénateur Richard Yung

     

    La proposition de loi prorogeant le mandat  des conseillers AFE de 2012 à 2013 pour la série B et de 2015 à 2016 pour la série A a été adoptée par le Sénat, à l'unanimité  (abstention du groupe communiste). Elle doit aller maintenant à l'Assemblée nationale et; le cas échéant, si un recours était formulé , être examinée par le Conseil constitutionnel.

     

    Rappelons qu’ne prorogation d’une année du mandat des Conseiller AFE a été souhaité par l’administration pour « alléger » le calendrier « encombré » de mai juin 2012 ou trois scrutins se succédaient : élection présidentielles, élections législatives et élections des Conseillers à l’AFE.


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  • <script type="text/javascript"></script> Des extraits de ce film ont pourtant déjà circulé sur la Toile. On entend le député déclarer au documentariste : "C'est le moment de taper sur TF1, il faut leur mettre la tête sous l'eau, c'est pour ça que je vais vous donner un coup de main." Il ajoute : "C'est la télévision de la droite, c'est tout. C'est la télévision des idées qui détruisent la France, la télévision de l'individualisme, la télévision du fric, la télévision du matraquage sur l'insécurité."

    Dans sa missive à M. Paolini, M. Montebourg écrit : "La chaîne que vous dirigez utilise à des fins commerciales le domaine public hertzien, propriété publique appartenant à la nation toute entière, et dont TF1 et ses actionnaires ne sont, aux termes de la loi, que les utilisateurs à titre précaire et les dépositaires fragiles et éphémères."

    "Le regard libre et sans concession d'un représentant de la nation sur le comportement d'une chaîne qui fait un usage contestable de ce bien public national relève de ses devoirs politiques et moraux élémentaires. La chaîne TF1 n'a donc pas d'autre choix que d'accepter, quoi qu'il lui en coûte, toute critique publique de ses agissements, puisque la télévision reste un bien collectif appartenant à tous les Français même si celle-ci s'exerce dans la forme de l'entreprise privée que vous présidez", ajoute vertement le député.

    PIÉTINEMENT SYSTÉMATIQUE

    "La grossièreté des violations, la lourdeur des sanctions et la répétition des infractions depuis quinze ans m'amènent à considérer que le comportement de la chaîne TF1 que vous présidez relève du piétinement systématique de nos lois et règlements", argumente M. Montebourg.

    "Malgré ces comportements blâmables, poursuit-il, TF1 a néanmoins obtenu des gouvernements et des majorités parlementaires qui se sont succédé de nombreux privilèges et avantages indus : assouplissement du dispositif anticoncentration, renouvellement automatique de la concession sans mise en concurrence, droit à une deuxième coupure publicitaire dans les œuvres de fiction, introduction forcée sur la télévision numérique terrestre qui a provoqué des réactions extrêmement vives de vos concurrents, et allègement substantiel et régulier des obligations contenues dans votre cahier des charges."

    "Mais le plus grave n'est pas là, insiste M. Montebourg. Sur le plan culturel, il faut rappeler les dégâts considérables que votre chaîne a provoqués sur la vision que les Français ont d'eux-mêmes et de notre société contemporaine. (...) Les relations entre les hommes ne relèvent pas que de l'argent, et une société ne pourra jamais se résumer à celui-ci. Pourtant, sur TF1, l'argent est malheureusement partout."

    "En 1987, la société Bouygues avait obtenu le droit de racheter TF1 en faisant valoir un prétendu “mieux disant culturel”. Votre illustre prédécesseur, Monsieur Patrick Le Lay, déclara presque vingt ans plus tard : “Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.” Vous conviendrez qu'il n'est pas illégitime de penser que votre chaîne porte une responsabilité considérable dans la dégradation à la fois du niveau du débat démocratique français, mais également de la représentation que les Français peuvent avoir d'eux-mêmes", conclut M. Montebourg dont la lettre est publiée dans son intégralité sur son blog.

     

    Sylvie Kerviel

     


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  • Citation

    Chacun a ses propres instants de bonheur : il s'agit simplement d'en multiplier la conscience et les occasions. [Albert Memmi]

     

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    Retraites: «les Français sont attachés aux 60 ans»

    Mardi 4 mai à 10:32

     

    Lors du point presse hebdomadaire du PS, Benoît Hamon a évoqué la réforme des retraites. «Rien ne serait pire que le statu quo, nous encourageons au contraire le gouvernement au mouvement. Mais ce mouvement ce n’est pas aujourd’hui comme il le fait, de céder aux oukases du Medef.», a-t-il expliqué.

    Le gouvernement s’emballe en raison de la mobilisation du 1er mai, faible à ses yeux.  C’est d’ailleurs une drôle de manière de célébrer la fête du travail qui est censée être un moment où même le gouvernement devrait pouvoir se réjouir que des hommes et des femmes se mobilisent, qu’ils soient de gauche comme de droite, parce que cette fête n’a pas d’autre signification en soi que celle qui consiste à dire que certains ont perdu leur vie pour gagner leur dignité dans le travail et d’être rémunérés correctement en fonction de la richesse produite.  

    Le gouvernement tire argument que cette faible mobilisation encourage sa réforme des retraites qui consisterait à repousser l’âge légal à 61 ans en 2015, à 62 ans en 2020 et à 63 ans en 2030. Un sondage de TNS Sofres du 12 avril 2010, nous indique que 56 % des Français sont hostiles à un report de l’âge légal à 60 ans. Le 20 avril, 58 % des Français interrogés par BVA considèrent que la position du maintien du départ à l’âge légal, est légitime, car il s’agit d’un acquis social sur lequel on ne doit pas revenir. Ces différents sondages montrent que les Français sont attachés à ces acquis, mais pas de manière fétichiste, sous prétexte que rien ne devrait bouger. Rien ne serait pire que le statu quo, nous encourageons au contraire le gouvernement au mouvement. Mais ce mouvement ce n’est pas aujourd’hui comme il le fait, de céder aux oukases du Medef. Le mouvement c’est : 

    > la mise à contribution des revenus financiers non assujettis aux contributions sociales,

    > l’élargissement de l’assiette des cotisations patronales  à la valeur ajoutée,

    > la mise en oeuvre d’une taxe exceptionnelle dans le secteur bancaire, de 10 % supplémentaires à l’impôt sur les sociétés,

    > de s’attaquer au taux de chômage indécent des jeunes et des seniors. 

    C’est cela le mouvement et non ce que préconise le gouvernement, d’un côté repousser l’âge légal et de l’autre à court terme, piller le fonds de réserve des retraites, conçu par Lionel Jospin comme un moyen pour préserver la retraite des jeunes. Ce sont essentiellement les salariés et les retraités qui paieront le fardeau de cette réforme. Les objectifs sont de court terme, rétablir l’équilibre pour que Nicolas Sarkozy puisse s’en prévaloir, alors qu’une véritable réforme doit s’attaquer à l’ensemble de la problématique, notamment la stratégie de croissance et d’emploi. Le gouvernement décide de passer en force et cela illustre le simulacre de concertation, alors que dans les faits tout était préparé depuis longtemps.

     

    Reçue par Eric Woerth, Martine Aubry a défendu les priorités des socialistes

    jeudi 29 avril à 10:42

    Lors de son audition par le ministre du Travail Eric Woerth, Martine Aubry a affirmé les priorités de socialistes : conserver la retraite à 60 ans, et ne pas «piller» le fonds de réserve des retraites, deux «points durs qui inquiètent le plus» les socialistes.
    «Nous voulons être au rendez-vous d'une réforme qui soit à la fois efficace et juste», a-t-elle déclaré à la sortie devant des journalistes.

    Retraites: les priorités des socialistes

     «Nous avons senti le ministre hésitant, et même un peu plus, sur l'idée d'utiliser ce fonds de réserve de 30 milliards que le gouvernement actuel n'a pas abondé. Nous ne laisserons pas piller la retraite des jeunes demain», a expliqué la première secrétaire du PS.
    Cette réforme des retraites, «on nous explique qu'il va falloir (la) faire dans deux mois et on nous explique qu'on ne peut pas nous dire ce qu'on va décider. Je n'ai jamais vu ça!», a souligné Martine Aubry.

     

     

     

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    L’Afrique de Nicolas Sarkozy, Analyse d’un discours présidentiel (1ère partie)

    Par Achille Mbembe, Août 2007

    Introduction

    Achille Mbembe livre ici une critique argumentée du discours adressé à « l’élite de la jeunesse africaine » à Dakar le 26 juillet 2007 par le président Nicolas Sarkozy, lors de sa récente visite de travail en Afrique subsaharienne, et il explique pourquoi un tel discours ne peut être « ni écouté, encore moins pris au sérieux par ceux à qui il était supposé s’adresser ». Ce texte est d’abord paru sur le site Africultures ; nous le reprenons ici avec l’autorisation de son auteur.

    Article

    En auraient-ils eu l’opportunité, la majorité des Africains francophones aurait sans doute voté contre Nicolas Sarkozy lors des dernières élections présidentielles françaises.

    Ce n’est pas que son concurrent d’alors, et encore moins le parti socialiste, aient quoi que ce soit de convaincant à dire au sujet de l’Afrique, ou que leurs pratiques passées témoignent de quelque volonté que ce soit de refonte radicale des relations entre la France et ses ex-colonies. Le nouveau président français aurait tout simplement payé cher son traitement de l’immigration lorsqu’il était le ministre de l’intérieur de Jacques Chirac, sa collusion supposée avec l’extrême droite raciste et son rôle dans le déclenchement des émeutes de 2005 dans les banlieues de France.

    Du viol par le langage

    Pour sa première tournée en Afrique au sud du Sahara, il a donc atterri à Dakar précédé d’une très mauvaise réputation - celle d’un homme politique agité et dangereux, cynique et brutal, assoiffé de pouvoir, qui n’écoute point, dit tout et le double de tout, ne lésine pas sur les moyens et n’a, à l’égard de l’Afrique et des Africains, que condescendance et mépris. Mais ce n’était pas tout. Beaucoup étaient également prêts à l’écouter, intrigués sinon par l’intelligence politicienne, du moins la redoutable efficacité avec laquelle il gère sa victoire depuis son élection. Surpris par la nomination d’une Rachida Dati ou d’une Rama Yade au gouvernement (même si à l’époque coloniale il y avait plus de ministres d’origine africaine dans les cabinets de la république et les assemblées qu’aujourd’hui), ils voulaient savoir si, derrière la manœuvre, se profilait quelque grand dessein - une véritable reconnaissance, par la France, du caractère multiracial et cosmopolite de sa société.

    Il était donc attendu. Dire qu’il a déçu est une litote. Certes, le cartel des satrapes (d’Omar Bongo, Paul Biya et Sassou Nguesso à Idris Déby, Eyadéma Fils et les autres) se félicite de ce qui apparaît clairement comme le choix de la continuité dans la gestion de la "Françafrique" - ce système de corruption réciproque qui, depuis la fin de l’occupation coloniale, lie la France à ses affidés africains.

    Mais si l’on en juge par les réactions enregistrées ici et là, les éditoriaux, les courriers dans la presse, les interventions sur les chaînes de radios privées et les débats électroniques, une très grande partie de l’Afrique francophone - à commencer par la jeunesse à laquelle il s’est adressé - a trouvé ses propos sinon franchement choquants, du moins parfaitement invraisemblables. Et pour cause. Dans tous les rapports où l’une des parties n’est pas assez libre ni égale, le viol souvent commence par le langage - un langage qui, sous prétexte de n’exposer que les convictions intimes de celui qui les profère, s’exempte de tout, refuse d’exposer ses raisons et s’auto-immunise tout en faisant porter tout le poids de la violence au plus faible.

    Régression

    Mais pour qui n’attend rien de la France, les propos tenus à l’université de Dakar sont fort révélateurs. En effet, le discours rédigé par Henri Guaino (conseiller spécial) et prononcé par Nicolas Sarkozy dans la capitale sénégalaise offre un excellent éclairage sur le pouvoir de nuisance - conscient ou inconscient, passif ou actif - qui, dans les dix prochaines années, pourrait découler du regard paternaliste et éculé que continuent de porter certaines des nouvelles élites dirigeantes françaises (de gauche comme de droite) sur un continent qui n’a pourtant cessé de faire l’expérience de radicales mutations au cours de la dernière moitié du XXe siècle notamment. Dans sa "franchise" et sa "sincérité", Nicolas Sarkozy révèle au grand jour ce qui, jusqu’à présent, relevait du non-dit, à savoir qu’aussi bien dans la forme que dans le fond, l’armature intellectuelle qui sous-tend la politique africaine de la France date littéralement de la fin du XIXe siècle. Voici donc une politique qui, pour sa mise en cohérence, dépend d’un héritage intellectuel obsolète, vieux de près d’un siècle, malgré les rafistolages.

    Le discours du nouveau président français montre comment, enfermé dans une vision frivole et exotique du continent, les nouvelles élites dirigeantes françaises prétendent jeter un éclairage sur des réalités dont elles ont fait leur hantise et leur fantasme (la race), mais dont, à la vérité, elles ignorent tout. Ainsi, pour s’adresser à "l’élite de la jeunesse africaine", Henri Guaino se contente de reprendre, presque mot à mot, des passages du chapitre consacré par Hegel à l’Afrique dans son ouvrage La Raison dans l’histoire - et dont j’ai fait, récemment encore et après bien d’autres, une longue critique dans mon livre De la postcolonie (pp. 221-230).

    Selon Hegel en effet, l’Afrique est le pays de la substance immobile et du désordre éblouissant, joyeux et tragique de la création. Les nègres, tels nous les voyons aujourd’hui, tels ils ont toujours été. Dans l’immense énergie de l’arbitraire naturel qui les domine, ni le moment moral, ni les idées de liberté, de justice et de progrès n’ont aucune place ni statut particulier. Celui qui veut connaître les manifestations les plus épouvantables de la nature humaine peut les trouver en Afrique. Cette partie du monde n’a, à proprement parler, pas d’histoire. Ce que nous comprenons en somme sous le nom d’Afrique, c’est un monde anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire universelle.

    Les nouvelles élites françaises ne sont pas convaincues d’autre chose. Elles partagent ce préjugé hégélien. Contrairement à la génération des "Papa-Commandant" (de Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand ou Chirac) qui épousait tacitement le même préjugé tout en évitant de heurter de front leurs interlocuteurs, les "nouvelles élites" de France estiment désormais qu’à des sociétés aussi plongées dans la nuit de l’enfance, l’on ne peut s’adresser qu’en s’exprimant sans frein, dans une sorte de vierge énergie. Et c’est bien ce qu’elles ont à l’idée lorsque, désormais, elles défendent tout haut l’idée d’une nation "décomplexée" par rapport à son histoire coloniale.

    À leurs yeux, on ne peut parler de l’Afrique et aux Africains qu’en suivant, en sens inverse, le chemin du sens et de la raison. Peu importe que cela se fasse dans un cadre où chaque mot prononcé l’est dans un contexte d’ignorance. Il suffit de saturer les mots, de recourir à une sorte de pléthore verbale, de procéder par la suffocation des images - toutes choses qui octroient au discours de Nicolas Sarkozy à Dakar son caractère heurté, bégayant et abrupt.

    J’ai en effet beau faire la part des choses. Dans le long monologue de Dakar, je ne trouve d’invitation à l’échange et au dialogue que rhétorique. Derrière les mots se profilent surtout des injonctions, des prescriptions, des appels au silence, voire à la censure, des provocations gratuites, l’insulte par-devers l’inutile flatterie - une insupportable suffisance dont, je l’imagine, on ne peut faire preuve qu’à Dakar, Yaoundé et Libreville, et certainement pas à Pretoria ou à Luanda.

    Le président ethno-philosophe

    À côté de Hegel existe un deuxième fonds que recyclent sans complexe les "nouvelles élites françaises". Il s’agit d’une somme de lieux communs formalisés par l’ethnologie coloniale vers la fin du XIXe siècle. C’est au prisme de cette ethnologie que se nourrit une grande partie du discours sur l’Afrique, voire une partie de l’exotisme et de la frivolité qui constituent les figures privilégiées du racisme à la française.

    Cet amas de préjugés, Lévy Brühl tenta d’en faire un système dans ses considérations sur "la mentalité primitive" ou encore "prélogique". Dans un ensemble d’essais concernant les "sociétés inférieures" (Les Fonctions mentales en 1910 ; puis La Mentalité primitive en 1921), il s’acharnera à donner une caution pseudo-scientifique à la distinction entre "l’homme occidental" doué de raison et les peuples et races non-occidentaux enfermés dans le cycle de la répétition et du temps mythico-cyclique.

    Se présentant - coutume bien rodée - comme "l’ami" des Africains, Leo Frobenius (que dénonce avec virulence le romancier Yambo Ouologuem dans Le Devoir de violence) contribua largement à diffuser une partie des ruminations de Lévy Brühl en mettant en avant le concept de "vitalisme" africain. Certes, considérait-il que la "culture africaine" n’est pas le simple prélude à la logique et à la rationalité. Toujours est-il qu’à ses yeux, l’homme noir était, après tout, un enfant. Comme son contemporain Ludwig Klages (auteur, entre autres, de L’Eros cosmogonique, L’Homme et la terre, L’Esprit comme ennemi de l’âme), il estimait que l’homme occidental avait payé d’une dévitalisation génératrice de comportements impersonnels la démesure dans l’usage de la volonté - le formalisme auquel il doit sa puissance sur la nature.

    De son côté, le missionnaire belge Placide Tempels dissertait sur "la philosophie bantoue" dont l’un des principes était, selon lui, la symbiose entre "l’homme africain" et la nature. De l’avis du bon père, la "force vitale" constitue l’être de l’homme bantu. Celle-ci se déploie du degré proche de zéro (la mort) jusqu’au niveau ultime de celui qui s’avère un "chef".

    Telles sont d’ailleurs, en plus de Pierre Teilhard de Chardin, les sources principales de la pensée de Senghor qu’Henri Guaino se fait fort de mobiliser dans l’espoir de donner aux propos présidentiels une caution autochtone. Ignore-t-il donc l’inestimable dette que, dans sa formulation du concept de la négritude ou dans la formulation de ses notions de culture, de civilisation, voire de métissage, le poète sénégalais doit aux théories les plus racistes, les plus essentialistes et les plus biologisantes de son époque ?

    Mais il n’y a pas que l’ethnologie coloniale, cette pseudoscience des conquérants et autres fabricants d’une Afrique imaginaire dont ils inventent volontiers la différence afin de révéler, dans leur splendide isolement, la présence chez autrui de formes exotiques et inaltérées, témoins d’une humanité d’une autre essence. Ainsi de Maurice Delafosse (L’âme nègre, 1921), de Robert Delavignette (Les paysans noirs, 1931) et des autres démiurges de l’ "âme africaine" - cette notion idiote à laquelle les élites françaises tiennent tant. Il y a aussi le legs des expositions coloniales, la tradition des zoos humains analysée par Pascal Blanchard et ses collègues, et celle des récits de voyage les uns toujours plus fantastiques que les autres - des explorations de Du Chaillu dans les massifs du Gabon jusqu’au Dakar-Djibouti de Marcel Griaule et Michel Leiris (L’Afrique fantôme), sans compter les "découvreurs" d’art nègre, Pablo Picasso en tête.

    C’est tout cela qui nourrit à son tour un habitus raciste, souvent inconscient, qui est ensuite repris par la culture de masse à travers les films, la publicité, les bandes dessinées, la peinture, la photographie, et, conséquence logique, la politique "Y’a bon banania" et "Mon z’ami toi quoi y’en a". Dans ces produits de la culture de masse, on s’efforce de créer des attitudes qui, loin de favoriser un véritable travail de reconnaissance de l’Autre, font plutôt de ce dernier un objet substitutif dont l’attrait réside précisément dans sa capacité à libérer toutes sortes de fantasmes et de pulsions.

    Le conseiller spécial du chef d’état français reprend à son compte cette logorrhée aussi bien que l’essentiel des thèses (qu’il prétend par ailleurs réfuter) des pontifes de l’ontologie africaine. Pour faire de Nicolas Sarkozy le président ethnophilosophe qu’il aspire peut-être à devenir, c’est dans cette bibliothèque coloniale et raciste qu’il va puiser ses motifs-clés. Puis il procède comme si l’idée d’une "essence nègre", d’une "âme africaine" dont "l’homme africain" serait la manifestation vivante - comme si cette idée boueuse et somme toute farfelue n’avait pas fait l’objet d’une critique radicale par les meilleurs des philosophes africains, à commencer par Fabien Éboussi Boulaga dont l’ouvrage, La crise du Muntu, est à cet égard un classique.

    Dès lors, comment s’étonner qu’au bout du compte, sa définition du continent et de ses gens soit une définition purement négative ? En effet, "l’homme africain" de notre président ethnophilosophe est surtout reconnaissable soit par ce qu’il n’a pas, ce qu’il n’est pas ou ce qu’il n’est jamais parvenu à accomplir (la dialectique du manque et de l’inachèvement), soit par son opposition à "l’homme moderne" (sous-entendu "l’homme blanc") - opposition qui résulterait de son attachement irrationnel au royaume de l’enfance, au monde de la nuit, aux bonheurs simples et à un âge d’or qui n’a jamais existé.

    Pour le reste, l’Afrique des nouvelles élites dirigeantes françaises est essentiellement une Afrique rurale, féérique et fantôme, mi-bucolique et mi-cauchemardesque, peuplée de paysans, faite d’une communauté de souffrants qui n’ont rien en commun sauf leur commune position à la lisière de l’histoire, prostrés qu’ils sont dans un hors-monde - celui des sorciers et des griots, des êtres fabuleux qui gardent les fontaines, chantent dans les rivières et se cachent dans les arbres, des morts du village et des ancêtres dont on entend les voix, des masques et des forêts pleines de symboles, des poncifs que sont la prétendue "solidarité africaine", "l’esprit communautaire", "la chaleur" et le respect des aînés et des chefs.

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    Sommet UE-Canada : les sables bitumeux en accusation

     

    par Emmanuel Raoul

    Si les 800 000 litres qui s'échappent chaque jour d'un puits sous-marin dans le Golfe du Mexique focalisent l'attention, d'autres marées noires se déroulent dans une indifférence quasi-générale. Ainsi en Alberta au Canada, les rejets atmosphériques dus à l'extraction des sables bitumineux et à leur transformation en pétrole causent l'équivalent d'une marée noire répétée chaque année ! C'est précisément cette industrie qu'est venu défendre le premier ministre Stephen Harper à l'occasion du sommet Union européenne / Canada ce mercredi 5 mai à Bruxelles. Cancre en matière de lutte contre le changement climatique, le Canada refuse tout engagement contraignant sur la réduction des gaz à effet de serre (GES). Ottawa entend en effet protéger cette industrie pétrolière dont chaque baril produit à partir des sables bitumineux cause trois fois plus de GES qu'un baril conventionnel.

    Après avoir applaudi l'échec de Copenhague, le gouvernement canadien et les lobbies pétroliers font pression sur l'Union européenne afin que sa future directive sur la qualité des carburants ne distingue pas les hydrocarbures en fonction de leur intensité carbonique. Ce qui revient à légitimer l'extraction du pétrole le plus polluant au monde. Une résolution présentée aux eurodéputés affirme que « le recours aux sables bitumineux représente une grave menace pour l'environnement et hypothèque les droits et la santé des peuples autochtones tout en ayant d'autres répercussions négatives sur l'environnement ». L'UE se targue d'être leader dans la lutte contre le changement climatique ; voilà pour elle l'occasion de passer à l'action.

     


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  • Spécial Sénégal

     

    Dakar reprend dimanche les bases militaires françaises sur son sol. 

    Dakar, 4 avr (APS) - Le président Abdoulaye Wade a annoncé samedi dans son discours à la nation à la veille du cinquantième anniversaire de l’indépendance, la reprise par le Sénégal des bases militaires françaises sur son sol, une mesure qui, a-t-il souligné, prend effet à partir de dimanche.

    ’’Je déclare solennellement que le Sénégal reprend, à partir de ce jour, 4 avril 2010, à zéro heure, toutes les bases antérieurement détenues, sur notre sol, par la France, et entend y exercer sa souveraineté qui repose de jure sur la présente déclaration’’, a notamment dit le chef de l’Etat.

    Dans ce sens Dakar va engager avec Paris des négociations avec en vue de prendre possession des bases en question, a-t-il ajouté avant de relvever : ’’S’agissant des délais de libération de ces bases, je demande au Premier Ministre et au Chef d’Etat Major Général de l’Armée d’entamer des pourparlers avec la partie française’’.

    Pour lui, la présence des bases militaires françaises au fil des années est ’’parue de plus en plus incongrue et a été souvent ressentie, par nos populations, singulièrement les jeunes, les cadres et l’armée, comme une indépendance inachevée’’.

    En 1960, lors de son accession à l’indépendance, le Sénégal avait accepté de continuer à accueillir sur son territoire des bases militaires. Les trois bases militaires françaises (aérienne, terrestre et navale) regroupaient à Dakar 1.200 hommes. Selon certaines sources, un quart de ses effectifs soit 300 hommes vont rester dans la capitale sénégalaise.

    ’’La spécificité de nos relations historiques, fondées sur l’histoire, la langue et certaines valeurs communes fondamentales, nous conduit à aménager, avec la France, un nouvel espace de coopération’’, a souligné le président Abdoulaye Wade.

     

    La participation des étrangers au défilé est la ‘’ preuve de l’ouverture’’ du Sénégal, selon Abdoulaye Wade

    Dakar, 4 avr (APS) – La participation de nombreux détachements étrangers au défilé du cinquantenaire de l’Indépendance constitue ‘’la preuve’’ de l’’’ouverture’’ du Sénégal dans la coopération africaine et internationale’’, a souligné dimanche à Dakar, le président de la République Abdoulaye Wade.

    Célébré au boulevard général de Gaulle par une imposante parade civile et militaire, le cinquantenaire de l’indépendance du Sénégal a enregistré la participation de détachements venus du Gabon, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la Guinée-Conakry, du Marli, du Maroc, de la Mauritanie et de la France.

    L’Espagne et l’Italie ont aussi participé aux festivités à travers leurs représentants qui ont défilé avec l’escadron de la gendarmerie.

    Réagissant à la fin de la manifestation, le président Wade a tenu à remercier les délégations extérieures ‘’qui sont venues participer au défilé’’ par l’envoi de troupes.

    Pour le chef de l’Etat, ‘’cette participation multiple est la preuve de l’ouverture du Sénégal dans la coopération africaine mais aussi dans la coopération internationale’’.

    Selon Abdoulaye Wade, ‘’c’est un cinquantenaire commun entre le Sénégal et 15 autres pays francophones anciennement colonies françaises qui ont obtenu l’indépendance la même année en 1960’’.

    A ce propos, il a félicité ses homologues ‘’qui vont fêter’’ cette année les 50 ans marquant l’accession de leur pays à la souveraineté internationale.

    ‘’Il se trouve par le hasard du calendrier que le Sénégal est le premier pays de cette série à célébrer son indépendance. Je vous remercie de votre présence, mais je remercie aussi de tout cœur tous les autres chefs d’Etat qui sont là depuis hier (NDRL : samedi) et qui nous témoignent de leur affection et de leurs intérêts’’, a-t-il souligné.

    Plusieurs chefs d’Etat africains ont assisté à la célébration des 50 ans de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale. Il s’agit notamment d’Amadou Toumani Touré (Mali), Yaya Jammeh (Gambie), du général Abdel Aziz (Mauritanie), de Robert Mugabe (Zimbabwé), de Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire)


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    Veuillez trouver ci-dessous un compte-rendu des cérémonies du 50e anniversaire du Sénégal par un Conseiller FdM-ADFE de Dakar, Hassan Bahsoun.

     

     SENEGAL  AN  50

     Le 50e anniversaire de l’indépendance du Sénégal a été marqué par trois évènements majeurs.

     1 – L’inauguration  du « MONUMENT DE LA RENAISSANCE AFRICAINE ».

    Dakar se situe sur le point le plus occidental du continent africain. A l’extrémité de ce « Finistère » il y a  deux collines très proches l’une de l’autre, d’à peine 100 mètres d’altitude, appelées « les Mamelles des Almadies ». Au sommet de la première se trouve le fameux « Phare des Mamelles » bientôt séculaire. Des entrailles de la seconde vient de surgir la plus haute statue du monde, (53 mètres) : c’est le « Monument de la Renaissance Africaine » inauguré le 3 avril 2010 par le Président Abdoulaye Wade devant 22 chefs d’Etat : un homme athlétique portant son fils à bout de bras, avec sa femme à son côté. Tous trois pointent le doigt vers l’occident. 

    Dans son discours inaugural « urbi et orbi » le président sénégalais a mis l’accent sur la symbolique de l’ouvrage : après six siècles de souffrances, (quatre d’esclavage et deux de colonisation), l’ « l’Homme Noir » est en train de renaître (cette résurrection après un long calvaire, sur un golgotha africain, la veille de Pâques, quel clin d’œil de l’Histoire !). S’il n’a pas oublié, du moins il a pardonné et veut regarder désormais vers l’avenir, le progrès, la paix entre les peuples, en passant par l’étape préalable indispensable de l’unité du continent africain. 

    Il est difficile de rester insensible à la  beauté du Monument, à la prouesse technique, œuvre des Nord-Coréens (des milliers de tonnes de bronze dont 200 rien que pour les trois personnages et dont la durée de vie garantie est de 1 000 ans) et à cette nouvelle manifestation de ce qu’il est convenu d’appeler « l’exception sénégalaise ». Mais ce monument fait l’objet de polémiques et de nombreuses controverses. Ses détracteurs lui reprochent la démesure et surtout son coût : 20 millions d’euros, alors que la moitié de la population du Sénégal vit au dessous du seuil de la pauvreté. « Œuvre pharaonique » édifice « néo stalinien » ou copie tropicalisée de « l’Ouvrier et la Kolkhozienne », construits pour la gloire d’un homme, sont les critiques les plus entendues. A quoi les partisans répondent en invoquant  Versailles, la Tour Eiffel, la Statue de la Liberté, les  Cathédrales et autres chefs d’œuvre décriés par leurs contemporains avant d’être classés «  merveilles du monde ». Le débat reste ouvert. L’Histoire jugera …. 

    2 – Le deuxième temps fort du week-end fut la décision annoncée solennellement dans le discours présidentiel radiotélévisé le 3 avril à 20 heures, de la fermeture des bases militaires françaises du Sénégal, notamment du 23e BIMA, qui passeront désormais sous contrôle sénégalais. Des 1200 soldats français, il n’en resterait que300, à la Base Aérienne de Ouakam. Cela fait l’objet des discussions en cours qui accorderaient ces facilités à la France, dans le cadre d’un pôle de coopération militaire régionale. 

    3 – Ce week-end historique s’est terminé le 4 avril par le défilé des troupes sénégalaises avec, pour la première fois, la participation d’un contingent français, et en présence des chefs d’Etat venus la veille assister à l’inauguration du « Monument de la Renaissance Africaine », et de Brice Hortefeux arrivé lui le matin pour représenter la France. 

    En même temps que les troupes, ce sont les 50 années écoulées qui défilent dans nos pensées et dont on peut dresser un bilan sommaire. Nous évoquions plus haut l’exception sénégalaise : sa plus éclatante démonstration est dans le fait qu’il n’y a jamais eu de coup d’Etat dans ce pays. Au contraire, il y règne une grande stabilité politique, un multipartisme jamais remis en question depuis 30 ans, une liberté d’expression exemplaire. Chacun se souvient de la magnifique alternance de mars 2000. Tous ces facteurs confèrent au Sénégal un rayonnement unique en Afrique et dans les organisations internationales, même si le bilan économique est loin d’être à la hauteur du bilan démocratique.  

    Si le Sénégal parait aujourd’hui dans le monde plus grand que sa taille, sa population, sa richesse, c’est à son peuple et ses célèbres vertus qu’il le doit, et aussi à trois hommes, ses trois présidents : Léopold Sedar Senghor le fondateur, l’intellectuel, Abdou Diouf, le grand commis, le technocrate et Abdoulaye Wade, l’opposant historique, le populiste et le bâtisseur. Aucun d’eux n’a jamais cédé au vertige de la dictature. 

    Une leçon en vérité que ce « remuant »  Sénégal, pour reprendre le mot du Général de Gaulle ! 

    Hassan BAHSOUN,  DAKAR

     

    Critique par un membre de FdM-ADFE Sénégal

     

    1/ Tout en louant l'initiative d'un monument pour célébrer la renaissance Africaine, la comparaison avec "Versailles, la Tour Eiffel, la Statue de la Liberté, les  Cathédrales et autres chefs d’œuvre décriés par leurs contemporains" est inexacte. Même si ces œuvres relèvent parfois/souvent de la mégalomanie, ces monuments ont été bâtis par les artisans locaux. Je ne peux pas croire qu'il n'y ait pas d'architectes, artistes et artisans Sénégalais voire Africains (puisque le monument se veut d'une portée continentale) pour réaliser un tel monument; cela aurait certainement eu un style "Africain". Avec 20 millions d'Euro, on peut faire travailler beaucoup d'artisans locaux et du même coup soutenir l'économie locale qui en a grandement besoin. Il n'y a pas besoin d'attendre les historiens pour savoir quoi en penser.

     

    2/ Les Coréens ont reçu, entre autre compensation?, des hectares de bonne terre cultivable - une sorte d'extra territorialité - qui seront utilises pour produire des produits agricoles entièrement exportes vers la Corée. Alors que le Sénégal a l'instar de beaucoup de pays Africains, n'est pas auto-suffisant sur le plan alimentaire et importe du riz et autre produits alimentaires. Au lieu de donner l'exemple (vous avez dit renaissance?), le Sénégal a rate l'occasion de dénoncer cette dérive génocidaire (pour les paysans Africains) qui a court dans la plupart des pays Africains, y compris l'Ethiopie ou sévit une famine, qui consiste a vendre les meilleures terres a des étrangers pour cultiver des produits entièrement destines aux populations étrangères. Apres le pillage du sous-sol Africain avec la complicité des élites locales, âpres la privatisation de services public de base, après la destruction du commerce local avec la pacotille Chinoise, nous entrons dans une nouvelle phase, le bradage de terres agricoles, pour enrichir quelques chefs d'états et élites corrompus qui d'ailleurs ne savent même pas dépenser leur agent (bien mal acquit ...mais ceci mériterait tout un chapitre). Bientôt les paysans Africains devront louer des parcelles de terre cultivables, dans leur propre pays, auprès des Chinois, Coréens, Pays Arabes, etc. Encore un petit effort et on verra fleurir des réserves pour des populations Africaines désœuvrées, affamées, et décimées par le sida. Vive la renaissance!

     

    3/ C'est la première fois a ma connaissance qu'un chef d'état s'arroge des droits d'auteur et un pourcentage (30%?) des revenus d'exploitation sur une œuvre financée par le trésor public de son pays. Mais 30% c'est mieux que ceux qui prennent 100% des revenus pétroliers de leur pays.

     

    Bien cordialement, Kuassi

     


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